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4 mai 2024

Gerard Drouot fait son bilan du Nice Jazz Festival

jpg_jpg_P7251389-2.jpgNice Premium : Heureux d’avoir repris la direction de cette nouvelle édition du Nice Jazz Festival pour 60 ans de Jazz ?

Gérard Drouot : Je suis très content d’avoir pris la direction de ce festival, c’était un peu un challenge. Je programme beaucoup d’artistes de jazz en tournée dans toute la France et ayant à mon catalogue de tourneur (Diana Krall, Leonard Cohen, Return To Forever…), j’avais envie de les mettre à Nice dés lors que je reprenais ce festival et d’essayer de faire une alchimie. Je ne suis rien moi ce sont les artistes, le public qui font tout ici.

NP : Vous vouliez rendre le festival de jazz au jazz, pour vous la mission est accomplie?

GD : Je ne sais pas si je voulais la rendre au jazz, je voulais que la programmation soit déséquilibrée, c’est à dire que je pensais qu’elle était probablement intéressante, il y a de très bons artistes qui sont passés ici, mais je pensais qu’il n’y avait plus assez d’âme et surtout que le jazz avait été trop mit de côté. Je me suis donc appliqué à ce qu’il y ait à peu prés les deux tiers de jazz, 65% d’artistes de jazz et 35% d’autres artistes, de chanson française, internationale ou autres…

NP : Les retours du public comme des artistes sont majoritairement très positifs, mais il y a quand même quelques critiques, notamment Viviane Sicnasi, l’ancienne directrice qui critique le prix des billets. C’est un reproche qu’on a un peu entendu par la suite. Qu’est ce que vous avez à répondre à cela ?

GD : Le prix des billets vous savez est de deux euros plus cher que la saison dernière. Je n’ai rien à répondre, on a trois gammes de prix, la première est de 9 à 31€ et la plus chère est de 11 à 51€ pour les soirées prestiges comme Leonard Cohen. Je produis Leonard Cohen en France et les prix des places seront de 95 à 161€ et d’ailleurs je ne fais pas de publicité puisque ses trois concerts de l’Olympia sont déjà complets. Je pense que si on fait de vrai comparaison, il est venu chanter à Nice pour un tiers du prix de ce qu’il est ailleurs dans des villes comme Paris ou comme Londres. C’est toujours trop cher, si vous voulez, quand on demande à quelqu’un, est-ce que c’est cher. Est-ce qu’un litre d’essence n’est pas trop cher aujourd’hui? Quand on compare, je crois qu’on est dans une gamme de prix et ceci ont été décidé par la Ville de Nice qui reste tout à fait raisonnable. Il y a 233 personnes qui m’ont fait confiance, qui ont suivi ma programmation pour acheter le pass 8 jours. 233, c’est trois fois et demi plus que ce que la précédente délégatrice avait avec ce pass. Avec ce pass vendu à 185€, chaque concert n’est même pas à 25€. Je ne pense pas que le tarifs soit si exorbitant, même si c’est vrai je le reconnais c’est toujours trop cher.

jpg_P7241146.jpgNP : Quel est votre bilan aujourd’hui ?

<img26859|right>GD : Le bilan financier n’est pas encore sorti, mais je crois voir que le festival ne sera pas déficitaire, nous devrions atteindre l’équilibre voir être légèrement bénéficiaire ce qui n’est pas arrivé depuis bien longtemps, puisque la société qui avait la précédente délégation a du déposer le bilan et est en liquidation judiciaire. Même Michel Leeb auparavant n’avait pas réussi à sortir son épingle du jeu, bien qu’il ait fait un excellent travail comme Mme Sicnasi qui avait vraiment aussi fait du bon travail. Après c’est une alchimie qui doit prendre entre les artistes. Nous programmateurs nous sommes peu de choses, la réalité c’est la volonté du public de rencontrer tels ou tels artistes et celle des artistes de se produire ici. C’est vrai qu’étant le tourneur de Mme Diana Krall en France ou de Leonard Cohen, Georges Benson, j’ai plus de facilité que quiconque à les convaincre de venir à Nice, mais ce n’est pas forcément sur un choix économique, parce que j’ai eu la plupart à des conditions financières tout à fait correcte voir inférieures à ce qu’ils peuvent prétendre ailleurs, ce qui aurait rendu impossible leur venu, parce qu’on est pas dans le cadre de U2 au Stade Charles Erhman, si vous voulez.

NP : On parle de 35 000 entrées payantes, vous confirmez cela ?

GD : Oui, c’est à peu près cela. Je crois savoir que d’après les chiffres que m’a communiqué la ville de Nice, le festival dans ses dernières éditions était légèrement en dessous de 30 000 entrées payantes, donc on va dépasser de 20% les chiffres qui étaient réalisés jusqu’à présent dans les plus récentes années et bien sûr je ne compte pas les invitations, car il y a quand même des invités, donc on va dépasser très largement les 40 000 entrées.

NP : Un bilan un peu plus personnel, est-ce que vous avez un coup de coeur, un artiste à garder de cette semaine ?

GD : Vous allez me faire me dédire, mon coup de coeur ce serait évidemment pour un artiste comme Leonard Cohen qui n’était pas le plus jazz des artistes que je présentais, même si beaucoup de ses morceaux sont jazzy. Mais que dire de cette immense talent qui a fait deux concerts en France cet été, dont celui de Nice. Je suis fier de l’avoir amené à Nice et ravi pour les niçois et les habitants de la Côte d’Azur qu’ils aient pu venir l’entendre mardi soir, il y avait plus de 8000 personnes devant la scène jardin. Et ce malgré les problèmes de visibilité sur cette même scène, mais tant qu’on aura pas coupé les oliviers et je ne le souhaite pas, on aura toujours des problèmes de visibilité.

NP : Un dernier exercice difficile, je vais vous demander de vous projeter au vue de ce bilan, de cette première semaine. Qu’est ce que vous pourriez changer, améliorer ou même garder pour le prochain festival, l’année prochaine ?

GD : On va faire un débriffing, la semaine prochaine avec tous les intervenants, avec la ville et mes associés courant septembre. J’ai déjà moi beaucoup d’idées, j’ai beaucoup tourné sur ce festival, je lis qu’on m’a vu à peu prés à tous les concerts, je vais sur les scènes, en backstage, écouter les artistes dans les loges, leur demander leurs ressentis, leurs impressions et j’ai effectivement des idées pour faire des améliorations dés l’an prochain, mais ça je vous réserve la surprise.

Interview
réalisée par Flore Brongniart

Auteur/autrice

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