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19 avril 2024

Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris

Petite fille binoclarde et un peu boulotte, Olive n’a qu’un seul rêve : Remporter le concours de beauté Little Miss Sunshine. Chaque jour, elle visionne en boucle le couronnement de Miss Californie et imite la gestuelle de son idole. Poussé par une détermination sans faille, la petite fille entraîne sa famille sur les routes de Californie pour participer à la compétition. Un voyage qui prend l’allure d’un road movie tendre et loufoque.


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Little Miss Sunshine où l’Amérique des sentiments

Little Miss Sunshine nous offre un véritable voyage au coeur d’une société américaine toujours aussi exigeante mais consciente de son imperfection. Les héros du film, peut-être un peu trop grossièrement imperfectibles sont enfin le reflet de ce qu’est l’être humain : Des gens simples, soucieux de leur épanouissement sentimental, plutôt que d’une fragile reconnaissance sociétale.

Au delà d’un scénario loin de la propagande américaine habituelle, Valerie Faris et Jonathan Dayton proposent un premier opus où même la caméra apporte son originalité. En suivant le rythme du scénario, les plans accompagnent le film et accentuent l’identification aux personnages (Le leitmotiv du démarrage du combi reprise dans l’affiche du film) . Les acteurs font preuve d’une véritable sincérité de jeu, laissant le spectateur pris entre des émotions parfois contradictoires.

Au final, même si Little Miss Sunshine s’attache à vouloir trop définir ses personnages, il reste un véritable rayon de soleil cinématographique.

Willy Alliot

Little ambitious

L’histoire de Little Miss Sunshine, bien que rondement menée, bute parfois sur une interprétation trop insistante. Dans cette famille des plus atypiques (le père, obsédé par la réussite ; la mère qui tente désespérément de ressouder les liens familiaux ; le grand-père érotomane et héroïnomane ; l’oncle suicidaire ; le fils anarchiste et volontairement muet ; la petite dernière, pierre précieuse du clan), les personnalités caricaturales et exagérées perdent en profondeur tout en se dévoilant.

Les rebondissements, tel que le démarrage du combi, subissent une lourdeur lassante. La redondance comique occulte le véritable message de ce road-movie dénonciateur d’une société en souffrance. Malgré la recherche manifeste d’émotions, l’atmosphère paraît glaciale. Le père, interprété par Greg Kinnear, qui rappelle Jerry Lundegaard dans Fargo (en moins bien !), semble traverser le film dans l’indifférence et manque de crédibilité. A l’inverse, Toni Collette, dans son rôle de mère courage, démontre l’étendue de son talent. Seule son interprétation est en parfaite adéquation avec les prétentions émotionnelles du scénario. Au final, à trop vouloir montrer, l’intrigue ne parvient pas à trouver le ton juste.

Marie Périssé

Auteur/autrice

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