À compter de ce vendredi 14 août, 100 communes sont touchées par les restrictions d’eau. Les déficits de pluie cumulés à des températures très chaudes poussent le nouveau préfet des Alpes-Maritimes à préserver la ressource disponible dans le département.
Dix-huit nouvelles communes sont concernées par les mesures de restriction d’eau dès ce vendredi 14 août. L’arrivée de 650 000 touristes en ce week-end du 15 août inquiète fortement le comité de ressource en eau. Ce dernier a été réuni hier, jeudi 13 août, par le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier.
Il a été décidé que les communes du bassin du Loup sont placées en alerte renforcée, et celles de la Roya aval et de l’Artuby en alerte. Concernant le bassin de la Cagne, cinq communes sont toujours placées en alerte maximale de crise. Le seuil symbolique des 100 communes est atteint.
Selon les zones, les restrictions s’intensifient :
- Les 49 communes en alerte : le lavage des voitures et engins nautiques, le remplissage des piscines privées, et l’arrosage en journée (de 8 heures à 20 heures) et le lavage de l’extérieur de son domicile à l’eau sont interdits.
- Les 46 communes en alerte renforcée : s’ajoute l’interdiction d’arrosage de jour comme de nuit.
- Les cinq communes en crise : tout type d’arrosage et la remise à niveau des piscines sont prohibés.
« Le meilleur levier, c’est le comportement individuel »
La situation climatique dans le département est entrée dans une phase critique selon Hélène Correa, responsable prévision et climatologie de Météo-France. Soulignant que ce mois de juillet 2026 a été le plus chaud, « non seulement de tous les mois de juillet, mais aussi le mois le plus chaud depuis le début 1947. » Elle ajoute que ce dernier mois a été + 3,4 °C au-dessus des normales.
Audrey Masso, cheffe du pôle eau à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM : ndlr), a souligné un bond de 18 % de consommation d’eau potable dans le département par rapport à l’année précédente. Ajoutant qu’il est d’autant plus inquiétant puisque « nous sommes au-delà de la moyenne du pays. » L’eau manque dans les communes, comme dans l’Escragnolles, qui doit être ravitaillée par camion-citerne.
Le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier appelle les citoyens à leur responsabilité collective sur l’utilisation de l’eau manquante. « Le meilleur levier, c’est le comportement individuel […] Si tout le monde fait un minimum d’effort, c’est là que nous arriverons à assurer la meilleure préservation de la ressource », affirme-t-il.
Des contrôles renforcés
L’Office Française de la Biodiversité (OFB : ndlr) et la DDTM n’hésitent pas à contrôler le respect des mesures mises en place par les gros usagers. Les hôtels, les golfs, les stations de lavage doivent également se plier aux restrictions. Ils soulignent toutefois un non-respect des mesures à 68 % sur une centaine de contrôles, qui vont par ailleurs s’intensifier au cours du mois.
« Tous les contrôles qui sont non conformes sont suivis de procédures judiciaires transmises au procureur de la République […] systématiquement », ajoute Audrey Masso. Ceux qui ne respectent pas les mesures se voient appliquer une amende de catégorie 5, soit 1 500 euro pour un particulier et 7 500 euro pour une personne morale.
Les décisions prises par Jean-Marie Girier s’inscrivent dans « une gestion guidée par le temps long », bien qu’en septembre il puisse y avoir des pluies salvatrices. Ce ne sont pas seulement les ressources pour les citoyens qui sont touchées, mais aussi la biodiversité. Le représentant de l’État dans les Alpes-Maritimes souhaite donc mettre un frein pour sécuriser les réserves d’eau pour la saison d’automne.
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