Face à une dégradation de la ressource en eau, la préfecture des Alpes-Maritimes renforce les mesures de restriction. Trente-neuf nouvelles communes rejoignent le dispositif, portant à 83 le nombre de villes concernées par des limitations des usages de l’eau.
La sécheresse continue de gagner du terrain dans les Alpes-Maritimes. Une semaine après un premier renforcement des mesures, la préfecture a décidé d’étendre les restrictions des usages de l’eau à de nouvelles communes afin de préserver la ressource et de garantir un partage entre les différents usagers.
Au total, 83 communes sont désormais concernées par des mesures de limitation. Trente-neuf communes sont placées en état d’alerte, trente-huit en alerte renforcée et cinq en situation de crise.
Les communes du bassin versant de l’Esteron ainsi que celles de la Roya amont rejoignent le niveau d’alerte. Dans ces secteurs, le lavage des voitures à domicile et le remplissage des piscines individuelles sont interdits. L’arrosage des espaces verts, des massifs fleuris, des jardins potagers et des golfs reste interdit entre 8 heures et 20 heures.
L’alerte renforcée concerne notamment les bassins versants de la Brague, des Paillons, de la Siagne amont et aval, ainsi que plusieurs communes du bassin du Loup. Les restrictions deviennent plus importantes avec l’interdiction permanente d’arrosage des espaces verts et des massifs fleuris, la fermeture des douches de plage et une réduction de 60 % des volumes d’arrosage des golfs, autorisé uniquement durant la nuit.
Cinq communes du bassin versant de la Cagne demeurent en situation de crise : Cagnes-sur-Mer pour les usages non raccordés au réseau d’eau potable, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence. Dans ces secteurs, la remise à niveau des piscines individuelles est interdite, tout comme le lavage des voitures à domicile. Les centres de lavage ne disposant pas d’un système de recyclage doivent également fermer, tandis que l’arrosage des potagers, des espaces verts et des golfs est très fortement limité.
Une dégradation qui pourrait entraîner de nouvelles mesures
Le renforcement des restrictions intervient dans un contexte météorologique et hydrologique qui continue de se détériorer. Le département enregistre un déficit pluviométrique de près de 15,5 % depuis septembre 2025. Par ailleurs, 81 % des nappes surveillées présentent un niveau inférieur aux normales saisonnières.
Les fortes chaleurs accentuent également les tensions sur la ressource en eau. Les anomalies de température atteignent +2,9 °C au mois de juin et +3,8 °C en juillet. Dans le même temps, la consommation d’eau augmente depuis le mois d’avril 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Certains secteurs de l’ouest des Alpes-Maritimes enregistrent une hausse pouvant atteindre 30 %, une évolution qui exerce une pression supplémentaire sur les réserves disponibles.
Les prévisions météorologiques ne laissent pas entrevoir d’amélioration à court terme. La succession des épisodes de chaleur favorise l’évaporation, réduit les débits des cours d’eau et fragilise les milieux aquatiques. Dans ce contexte, la préfecture des Alpes-Maritimes invite l’ensemble des habitants à adopter des gestes de sobriété afin de limiter les consommations d’eau. Si la situation continue de se dégrader, de nouvelles restrictions sur les prélèvements et les usages de l’eau pourraient être mises en place dans les prochaines semaines.
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