Le maire de Nice, Éric Ciotti, a annoncé la création d’une Maison des Femmes au sein de la Villa Paradiso. À l’initiative de Zara Boutayeb, ce projet vise à offrir un refuge 24 heures sur 24 aux femmes victimes de violences. Il sera effectif à l’automne 2027.
Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 25 septembre, le maire de Nice, Éric Ciotti, a annoncé la création d’une Maison des Femmes dans la Villa Paradiso. Initié par Zara Boutayeb, déléguée aux droits des femmes, ce projet s’inscrit comme une solution face à l’augmentation drastique des violences conjugales.
Chaque jour à Nice, 11 plaintes sont enregistrées pour violences conjugales. La municipalité apporte alors une réponse globale et novatrice puisque « cet outil répondra de façon très ambitieuse et aucun projet de ce dimensionnement n’existe aujourd’hui en France », souligne le maire.
La Villa Paradiso permettra de réunir sous le même toit des soins médicaux, un accompagnement juridique, un soutien social et 12 hébergements d’urgence, accessibles 24 heures sur 24. La déléguée aux droits des femmes, n’a pas manqué de rappeler l’urgence politique et morale d’un lieu comme celui-ci. Selon elle, « une ville où les femmes ne se sentent pas protégées est une ville malade. »
Un lieu, plusieurs services
La Villa Paradiso, ancien conservatoire de Nice classé monument historique, verra ses 1 300 m² rénovés. Sur trois étages, plusieurs services seront proposés afin de mettre fin au parcours du combattant auquel font face les femmes. Zara Boutayeb l’a résumé clairement : « Hier, les femmes mouraient aux quatre coins de la ville […] Demain, il n’y aura plus qu’une porte : le soin, le droit, la plainte, l’accompagnement, l’hébergement d’urgence, tout au même endroit. »
Au rez-de-chaussée, les usagères trouveront le dispositif « Passer-elle », géré par le Centre communal d’action sociale (CCAS) et labellisé Maison régionale des femmes. L’année passée, 3 423 accueils y ont été réalisés. Ce niveau hébergera également des assistantes sociales pour assurer un accompagnement social, juridique, psychologique et judiciaire.
Le premier étage sera consacré au pôle médical porté par le CHU de Nice. Initialement situé à l’hôpital de l’Archet, où il a pris en charge 480 femmes et réalisé 1 600 consultations depuis sa création, il sera installé à la Villa Paradiso dès l’automne 2027. Les femmes nécessitant une prise en charge y trouveront des médecins, des psychologues, des assistantes sociales et des sage-femmes.
Le dernier étage, d’une superficie de 400 m², proposera entre 12 et 15 chambres d’accueil d’urgence pour les femmes contraintes de quitter leur domicile. Ces hébergements temporaires serviront de protection et constitueront un moyen de transition vers des logements plus pérennes via le dispositif « Un toit pour elle. »
La sécurité au cœur du projet
La municipalité a fait le choix d’une adresse publique, rompant avec la tradition des foyers d’accueil. Pour elle, ces derniers n’assurent pas une protection réelle. La Maison des Femmes disposera d’une présence humaine et de dispositifs techniques en continu pour assurer la sécurité des occupantes.
Le site sera placé 24 heures sur 24 sous vidéosurveillance et sous la surveillance d’un gardien. Ce dernier sera également en lien direct avec la police municipale et la police nationale. « Vous n’êtes plus seules, n’ayez pas peur, et nous sommes là pour vous protéger », rappelle Zara Boutayeb. Les femmes pourront donc venir à n’importe quelle heure de la nuit et être prises en charge directement.
Ce chantier représente 2,2 millions d’euros de travaux, qui débuteront au mois de novembre 2026. L’ouverture complète de cette Maison des Femmes est fixée à l’automne 2027, et si possible avant cette date, rassure Éric Ciotti.
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