Sécheresse dans les Alpes-Maritimes : la biodiversité agonise

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Cent communes sont désormais soumises aux restrictions d’eau. La sécheresse frappe les cours d’eau et les forêts du département des Alpes-Maritimes, mettant à mal la biodiversité : de quoi alerter les citoyens.

Rivières à sec, eaux en surchauffe, faune menacée, les cours d’eau et les forêts du département agonisent. La sécheresse inquiète particulièrement le préfet, Jean-Marie Girier, qui a réuni ce jeudi 13 août le comité de ressource en eau.

Le constat est sans appel : la biodiversité maralpine est extrêmement fragilisée. Au-delà des restrictions qui impactent les habitants et les 650 000 touristes du week-end du 15 août, la sécheresse affecte l’écosystème des Alpes-Maritimes.

La chaleur menace les rivières

L’impact le plus significatif est celui sur les cours d’eau et l’augmentation de leurs températures. 53 % des cours d’eau du département sont en assec (assèchement total ou partiel d’un cours d’eau, N.D.L.R.) ou en rupture d’écoulement, contre 43 % à l’échelle nationale. Le débit moyen journalier du cours d’eau du Loup est passé de 741 l/s à la mi-juin, à 258 l/s le 5 août, le plaçant à quelques décimales du statut de crise.

René Bonvallat, agent de l’Office français de la biodiversité (OFB : N.D.L.R.), souligne que l’augmentation de la température estivale est le premier impact de la faiblesse des cours d’eau.

L’été 2026 connaît une vague de chaleur plus longue que celle connue en 2003. Ce qui compromet grandement les eaux dans les Alpes-Maritimes. C’est le cas pour la Siagne, dans le secteur du Riou de l’Argentière, qui n’a plus aucun cours d’eau qui le traverse en l’espace de trois mois.

Puis, s’il reste un cours d’eau, les températures des rivières doivent se situer entre 4 °C et 19 °C. En deçà ou au-delà, l’espèce cesse de se nourrir. La police de l’environnement précise :  « Si la température atteint 25 °C, c’est une température considérée comme létale pour les truites. » La Lavenza à la Brigue, l’eau a atteint un pic de 30,6 °C. La fédération de pêche a organisé une sauvegarde d’urgence de 1 500 truites vers des zones plus fraîches dans la Roya.

René Bonvallat insiste sur l’asphyxie que subit la biodiversité dans le département. Pour lui, cela ne fait pas que réduire leurs cycles de vie, « c’est passer d’un 120 m2 à une chambre de 9m2 avec 5 personnes dedans. »

Forêts assoiffées, animaux en difficulté

Le débit d’eau affaibli ne permet pas non plus la dilution de la pollution organique des stations d’épuration. La qualité de l’eau est détériorée, et se produit un développement algal qui consomme l’oxygène au détriment de la biodiversité.

L’ensemble de l’écosystème terrestre est donc touché. « La baisse de la ressource en eau a un impact sur beaucoup de groupe d’espèce », rappelle l’OFB. Ce sont des ressources d’abreuvement des mammifères qui habitent les forêts, et des territoires de chasse essentiels à leur survie.

La disparition des points d’eau force les animaux à se déplacer anormalement. Leurs cycles naturels ainsi que leur reproduction sont perturbés. Les étés 2022 et 2023 ont connu une très faible reproduction de sangliers due à la grande sécheresse, rappelle René B.

Le nouveau préfet des Alpes-Maritimes insiste donc sur le respect des restrictions imposées aux 100 communes. Ces actions visent à freiner les assecs. Il précise qu’il y a « un assec sur deux dans le département […] plus ça dure, plus l’impact sur la biodiversité va être significatif ». Le but est clair : préserver ce qui peut l’être dans le département pour sauver sa nature. Tant dans ses ressources que dans sa biodiversité.

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