Deux des œuvres volées au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer ce mardi 8 septembre ont été retrouvées intactes par la police. Le butin initial portait sur quatre toiles estimées à neuf millions d’euros. Le point sur une enquête qui progresse d’heure en heure.
Le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer a fait l’objet d’un vol de quatre œuvres originales de Renoir ce mardi 8 septembre. Deux d’entre elles ont été retrouvées dans le jardin du musée, dans le domaine des Collettes. Le butin était initialement estimé à neuf millions d’euros.
À 5h48, le dispositif d’alarme Ramsès détectait l’intrusion au musée Renoir. Cinq minutes plus tard, la police municipale était sur place, mais les deux malfaiteurs s’étaient déjà volatilisés. Profitant du changement de ronde des gardiens, les cambrioleurs ont découpé le grillage du domaine des Collettes avant de fracturer une baie vitrée au rez-de-chaussée. À l’aide d’une scie ou d’un couteau électrique, ils ont ensuite sectionné les pistons de sécurité des cadres, puis découpé les toiles directement le long de leur bordure.
Deux œuvres sauvées, deux autres dans la nature
Précipités par le déclenchement des sirènes, les deux suspects recherchés ont abandonné la moitié de leur butin dans leur fuite. Les policiers ont retrouvé intacts le Portrait de madame Stephen Pichon (1895) et Coco lisant (1905). La Brigade de répression du banditisme (BRB) traque toujours les deux autres chefs-d’œuvre.
Le premier, Madame Colonna Romano (1910), représente la compagne de Pierre Renoir. Le second, la Jeune femme au puits (vers 1886), est une œuvre inachevée au passé trouble, ayant probablement été spoliée par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
Selon les experts, ces toiles célèbres et mondialement référencées sont totalement « impossibles à écouler sur un marché officiel », ce qui oriente l’enquête vers un vol sur commande. Le parquet de Marseille a annoncé l’ouverture d’une enquête pour vol et association de malfaiteurs en bande organisée, confiée à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée).
Une série noire en France
Alors que le préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, et une délégation du ministère de la Culture se sont rendus sur place cet après-midi, l’onde de choc dépasse la Côte d’Azur. Ce braquage s’inscrit dans une série noire nationale.
Depuis moins d’un an, la France a connu le vol des joyaux de la Couronne au Louvre en octobre 2025, celui du trésor de Vix et du musée Lalique en juillet dernier. Concernant la métropole de Nice, ce ne sont que des cambriolages habituellement. Le dernier braquage a eu lieu en septembre 1998 au musée des Beaux-Arts Jules Chéret.
Le maire de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, a interpellé l’État pour obtenir un soutien financier de toute urgence, rappelant que les communes ne peuvent plus assumer seules le coût de la sécurité de leurs collections d’art.
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