Une journaliste de Nice-Matin agressée par un élu de la majorité municipale de Cagnes-Sur-Mer

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Au lendemain de l’incendie dans les hauteurs de Cagnes-sur-Mer, une journaliste de Nice-Matin a été insultée puis projetée au sol lors d’un reportage de terrain. L’auteur de l’agression serait le fils du propriétaire de l’exploitation, un conseiller municipal du Rassemblement National de la commune. 

Le mercredi 5 août, une journaliste de Nice-Matin s’est déplacée sur les lieux de l’incendie, accompagnée de la vice-présidente de France nature environnement 06, Jeannine Blondel, alors âgée de 84 ans. Le propriétaire des serres carbonisées a accepté avec plaisir leur venue, mais a formellement interdit celle du photojournaliste.

Pour rappel, sur le lieu endommagé, il a été retrouvé des carcasses de voitures de luxe carbonisées. Une découverte qui interroge sur la nature des activités menées sur le site.

Le reportage tourne à l’affrontement

L’interview a porté sur le site qui a pris feu pour évaluer la situation et de questions au sujet du droit de l’urbanisme s’appliquant dans ce secteur, selon Frédéric Maurice, chef de l’édition de Nice de « Nice-Matin ». 

Au fil de l’interview, le ton a brusquement changé lorsqu’une question posée n’a pas plu au propriétaire. Celui-ci s’est approché avant de hausser le ton contre Jeannine Blondel « en hurlant sur elle à quelques centimètres d’elle », a confirmé Frédéric Maurice. N’ayant pas apprécié ce comportement, la journaliste a naturellement pris la défense de l’octogénaire.

Le ton est monté, des insultes ont été lancées à l’encontre de la reporteur. Le fils de l’agriculteur a décidé d’envenimer la situation en s’en prenant verbalement à elle. L’élu ne s’est pas arrêté là, il a « directement bondi sur ma collègue, l’a insultée et l’a renversée au sol. C’était assez violent », a confié le chef d’édition de Nice. La journaliste a alors décidé de filmer la scène en repartant et « le fils a arraché le téléphone des mains de ma collègue pour s’en emparer, puis l’a finalement rendu », a-t-il affirmé.

La liberté de la presse appartient à tous

« Qu’on ne soit pas content, je le comprends totalement. Mais la violence n’est jamais acceptable. On n’a pas à insulter, à menacer, à frapper ou à bousculer, alerte le journaliste avant d’ajouter : qu’il soit au conseil municipal à Cagnes-Sur-Mer, il se doit d’être encore plus exemplaire. Ses gestes et paroles sont particulièrement déplacés et scandaleux. »  

Frédéric M. a signalé qu’il est possible de ne pas répondre à la question d’un journaliste, c’est évidemment légitime. Les insultes, les menaces ou la violence par contre ne le sont pas et ne le sont jamais.

C’est une atteinte à la liberté de la presse qui est rappelé dans l’édito publié par Guilhem Ricavy intitulé « L’inacceptable ». Il réaffirme qu’elle “n’est pas un privilège accordé aux journalistes. C’est un droit garanti à tous les citoyens […] Attenter à cette liberté, c’est fragiliser un pilier de notre démocratie. »

Il est donc important de réitérer qu’exercer une partie de la liberté d’expression ne doit pas se faire dans la peur. Cette exigence de respect aux principes, d’autant plus provenant d’une personne de la vie publique, est de mise ; même si un désaccord à lieu. C’est un rappel pour chacun : il est possible de refuser la question d’un(e) journaliste, mais il demeure essentiel de respecter celui qui fait vivre la liberté d’informer.

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