Révélée au plus haut niveau à une vitesse folle, la Niçoise Marjolaine Pierré s’impose désormais comme l’une des figures majeures du triathlon longue distance. Elle prendra le départ des Championnats du Monde d’Ironman 70.3 à Nice ce samedi avec la volonté de monter sur la plus haute marche du podium.
Sourire aux lèvres et ton posé en conférence de presse, Marjolaine Pierré, 26 ans dégage une sérénité inébranlable. En seulement quelques saisons chez les professionnelles, la Française s’est bâti un palmarès d’exception sur les circuits World Triathlon et Ironman. Double championne du monde Longue Distance World Triathlon sacrée en 2023, puis en 2025, elle s’est également illustrée au plus haut niveau mondial avec une remarquable 4ème place aux Championnats du monde Ironman à Nice en 2024 et une 5ᵉ place aux Championnats du monde Ironman 70.3 à Marbella en 2025. Redoutable sur toutes les distances, la tricolore s’est imposée sur format XXL lors de l’Ironman Portugal en 2023 et de l’Ironman Vitoria-Gasteiz en 2025, tout en enchaînant les victoires majeures sur le circuit 70.3.
À quelques heures de prendre le départ des Championnats du monde Ironman 70.3 à Nice, la triathlète azuréenne s’est livrée sur ses sensations, sa préparation et ses ambitions.
Vous avez été exposée très vite au plus haut niveau et vous êtes encore très jeune. Comment gère-t-on cette pression ?
« Je ne sais pas si c’est vraiment de la pression. C’est surtout quelque chose que j’aborde positivement. Je suis très contente d’avoir la chance de vivre cette vie et de pouvoir véhiculer des émotions à travers ma passion. C’est une chance. Ce n’est pas tant la pression que l’envie de bien faire. C’est une exigence personnelle que j’ai depuis toute petite, j’adore quand tout est parfait. Mais en triathlon, on ne peut pas tout maîtriser tant il y a de facteurs. Ce sport m’apprend aussi à canaliser ce côté perfectionniste.
À l’approche de cette course à domicile, dans quel état d’esprit mental vous trouvez-vous ? Etes-vous relâchée ou ressentez-vous une tension particulière devant votre public ?
Pas du tout crispée ! Je suis plutôt détendue, même si c’est la course la plus importante de la saison avec Hawaii. Le public me retire de la pression plus qu’il ne m’en ajoute. J’ai le sentiment qu’on partage quelque chose, je me sens moins seule. La pression arrive souvent quand on s’isole, alors qu’ici, j’ai l’impression de courir avec tous les Niçois et les Français présents. Je vais concourir contre les autres, mais portée par tout ce monde.
En 2025, vous avez terminé 5e des Mondiaux 70.3 à Marbella. Quelle est la marche qu’il vous reste à franchir ce week-end pour monter sur le podium ?
À Marbella, j’étais malade, donc faire 5e était déjà une surprise. Je me suis dit que sans ce virus, le podium était peut-être à portée de main. Est-ce que Nice sera le lieu de ce podium ? Sur le papier, c’est le parcours qui me correspond le mieux, même si le plat me convient très bien aussi. Ce qui me manquait peut-être à Marbella, c’était tout simplement l’énergie de Nice et ce bonus de courir à la maison.
Le parcours vélo intègre le col de Vence. Comment imaginez-vous la course et votre stratégie face à la concurrence ?
Il y aura des stratégies, mais au final, ce sera la plus forte dans les jambes et dans la tête qui l’emportera. Il va falloir être très précise, savoir quand attaquer, quand temporiser, quand s’alimenter. La descente ne sera pas qu’une phase de repos, elle demandera une énorme concentration nerveuse. Je l’aborde un peu comme un examen, il faut rester focalisée du début à la fin. J’ai toujours eu cette faculté à ne pas lâcher, aller jusqu’au bout, et je vais m’en servir.
Vous sortez de cinq semaines de préparation intensive à Font-Romeu. Que vous a apporté ce stage sur les plans physique et mental ?
C’était idéal. Il y a tout sur place : la piscine couverte disponible, le plat, la montagne, les chemins plus doux pour la course à pied. Cela m’a apporté une vraie sérénité. J’ai pu m’entraîner au frais, en altitude, loin de la foule et de la chaleur estivale de la Côte d’Azur. J’adore Nice, mais l’été, c’est très chargé ! Cette coupure m’a permis de travailler dans le calme, sans stress, et d’emmagasiner de la fraîcheur et du globule.
Issue de la course à pied, allez-vous adopter une tactique prudente en natation et à vélo pour en garder sous le pied, où allez-vous tenter d’attaquer plus tôt ?
Plus vite on est devant, le mieux c’est. Si j’en ai l’opportunité, j’essaierai d’être aux avant-postes dès le pied du col de Vence, tout en économisant un maximum d’énergie. Dans le col, l’idée sera d’être tactique, d’observer les adversaires plutôt que de monter à bloc. Ensuite, j’aimerais prendre un peu d’avance pour aborder la descente seule, car je n’aime pas descendre en groupe, c’est parfois dangereux. L’objectif final reste de poser le vélo la plus fraîche possible pour faire parler mes qualités de coureuse sur la dernière partie. »
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