Crash de la Caravelle Ajaccio-Nice : une commémoration sous le signe de la vérité 

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Cinquante-huit ans après le crash du vol d’Air France au large du Cap d’Antibes reliant Ajaccio à Nice, la commémoration du 11 septembre 1968 s’est tenue ce mercredi à Nice. Entre prière et émotions, les familles ont salué une avancée judiciaire décisive, avec  l’organisation imminente du renflouement des pièces maîtresses de l’épave.

C’est par le recueillement et la tradition que s’est ouverte cette journée de mémoire annuelle. Les familles de victimes, les proches et les officiels se sont d’abord rassemblés en l’église Sainte-Hélène de Nice pour une messe religieuse mêlant prières et chants corses traditionnels.

La cérémonie s’est ensuite poursuivie sur la promenade des Anglais, au niveau de la stèle du souvenir érigée en face de l’arrêt de tramway Ferber. Une séquence protocolaire marquante, orchestrée en présence d’une importante délégation venue de l’île de Beauté, représentée par Charles Voglimacci, adjoint au maire d’Ajaccio. Éric Ciotti, maire de Nice, menait la cérémonie aux côtés des représentants des autorités civiles, militaires et religieuses. L’absence du président de la République, Emmanuel Macron était quant à elle vivement déplorée par les proches des disparus.

Charles Voglimacci, adjoint au maire d’Ajaccio devant la stèle après avoir déposé la gerbe de fleur
Photo: Matteo Jeune
Eric Ciotti debout devant la stèle du souvenir pour la commémoration du crash de la caravelle Ajaccio-Nice
Photo: Matteo Jeune

Un anniversaire sous le signe de la vérité

Cette 58ème commémoration s’est déroulée dans une atmosphère toute particulière, empreinte d’un sentiment de justice imminente. Prenant la parole, Éric Ciotti a dénoncé « une omerta qui masque vraisemblablement une vérité d’État », tout en rendant hommage à l’obstination exemplaire des familles des victimes et de leurs avocats. « Cette année, il y avait peut-être encore plus d’émotion parce qu’on pense, grâce au travail de l’association, être très proches de découvrir la vérité. Cette vérité participe au travail de deuil qui n’a jamais été abouti pour les familles. Je souhaite que ça aille le plus vite possible. »

Éric Ciotti debout derrière le pupitre faisant un discours lors du 58ème commémoration du crash de la caravelle Ajaccio-Nice
Photo: Matteo Jeune

Un soutien partagé par Charles Voglimacci, adjoint au maire d’Ajaccio, pour qui cette attente est devenue insupportable, « le temps est très, très long pour essayer d’aboutir. On ne peut pas revenir en arrière, mais au nom de ceux qui sont partis et pour les familles, il faut que la justice aille au bout. »

Pour le président de l’association des victimes, Mathieu Paoli, qui réclame la reconnaissance d’un tir de missile accidentel de la Marine nationale lors d’un exercice de la frégate, l’enjeu est clair, permettre aux 49 adhérents restants de l’association de faire enfin leur deuil.

Six jours de repêchage sous-marin actés par la justice à 2 300 mètres de fond

Au-delà de l’hommage, ce rassemblement a été l’occasion de faire un point très concret sur les avancées de l’enquête judiciaire. Après une réunion à l’Élysée fin 2024 et un cadrage fixe avec le parquet de Nice en juin 2025, une campagne de recherche ciblée menée fin 2025 à 2 300 mètres de profondeur au large du Cap d’Antibes a apporté des preuves visuelles inédites. Reçus au tribunal le 17 décembre dernier, les avocats et Mathieu Paoli accompagné de son frère Louis Paoli ont pu consulter des clichés photographiques sous-marins révélant des éléments majeurs de la carlingue, notamment un réacteur et une partie de la queue de l’appareil.

L’étape décisive intervenue ces derniers jours fixe le cadre de la suite de la procédure, lors d’une réunion tenue le 7 septembre dernier entre la juge d’instruction, le procureur de Nice et les avocats des parties civiles, une opération de renflouement de six jours a été officiellement arrêtée. Réalisée par une compagnie civile en présence de la juge à bord du navire, cette mission sous-marine aura pour but d’extraire ces pièces maîtresses aux fins d’expertise pour déterminer les causes réelles du crash. Si la date exacte du début de cette opération reste à fixer, l’espoir d’une vérité proche et absolue n’a jamais été aussi fort.

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