L’album « Paradis noir » est disponible sur toutes les plateformes depuis le 24 juillet. Originaire de Nice, Nsuko présente quinze titres explorant des thèmes universels, de la déception amoureuse aux enjeux sociaux contemporains.
De son vrai nom, Thibaud Despont est un artiste niçois ayant été bercé par la musique depuis son plus jeune âge. D’une mère pianiste, il a appris à jouer du piano mais il n’en a jamais fait une vocation. Pendant des années, la musique ne figurait pas parmi ses priorités. Pourtant, sa vie a pris un tout autre tournant un an plus tôt. Atteint d’un sérieux problème de santé, il a réalisé l’importance de la musique. « C’est comme un héritage, j’ai besoin de laisser une trace », a-t-il confié.
L’année 2020 avait déjà marqué la fin d’un cycle et un changement pour cet artiste niçois, avec la perte de son père. Son nom de scènes « Nsuko » est issu du long-métrage culte « Kickboxer », qui a contribué à faire connaître Jean-Claude Van Damme au grand public. « Nous regardions ce film avec mon père quand j’étais petit. Je me rappelle qu’il y a une scène où il se bat sur le ring pour venger son frère et tout le public scande Nok Su Khao, qui signifie guerrier blanc », a expliqué le trentenaire.
Même au second plan, la musique a toujours accompagné Nsuko, de ses premiers textes en 2006 à ses premiers projets solos en 2012. Il compose quelques productions, sans pour autant y poser sa voix. « Mon truc c’est vraiment d’utiliser ma vie pour écrire et interpréter mes morceaux » a-t-il révélé.
Un album aux multiples facettes
« Paradis noir » s’ouvre sur le titre « Les cœurs chargés ». Pour Nsuko, ce son donne le ton de sa création musicale. La première phrase « les cœurs chargés finissent par vider les barillets » montre « les répercussions des épreuves vécues par une personne », a-t-il confié.
Sur les quinze morceaux, le thème des déboires amoureux est récurrent. « Ils font partie de mon histoire », a expliqué Thibaud. Dans son titre « Alzheimer », l’artiste niçois illustre la peine ressentit lors d’une déception amoureuse, en s’inspirant de son propre vécu. Pour oublier, il demande ardemment au médecin de lui prescrite Alzheimer. « Je pense que nous avons tous vécu cette situation, quand nous sommes habités par une personne dans chacun de nos gestes et de nos pensées », a raconté Nsuko.
L’album mêle des titres insouciants comme « Netflix », mais également des morceaux au sens profond. Pour « Salam », Thibaud s’est inspiré de l’histoire de son meilleur ami sénégalais : « Ce morceau est pour toutes les personnes qui ont dû partir de leur pays pour aller dans un autre dans l’espoir de réussir. » Ce son évoque le conflit intérieur entre le sacrifice des familles, l’éloignement des racines et le désir de continuer à vivre cette nouvelle vie. « Plusieurs personnes ont été profondément touchées par cette histoire, même si ce n’est pas du tout la leur », a expliqué Thibaud. Ce titre montre la force évocatrice de la musique.
Avec « Faire pleurer le diable », Nsuko est parvenu à trouver les mots pour transformer un événement d’une rare violence en œuvre musicale. Ce morceau raconte l’histoire d’un garçon, victime d’un viol durant son enfance, qui, des années plus tard, se retrouve confronté à son agresseur et succombe à la violence. « Je ne m’étais jamais dit de ma vie que j’allais faire un morceau sur ça », a-t-il confié avec émotion.
Pour Thibaud, ce morceau n’est pas technique et les placements sont simples, car l’enjeu était ailleurs : « Certaines choses feront partie de toi que tu les aies choisies ou non. Parfois, tu peux avoir l’impression qu’elles constituent une faiblesse, mais tu te rends souvent compte, à la fin de la course, qu’elles sont devenues une force. C’est cette situation anormale qui te pousse à te battre. »
Dans le studio du centre-ville niçois, Nsuko a confié que l’enregistrement de ce morceau a été particulier : « Je n’étais pas sûr du rendu du son et surtout qu’il soit bien accueilli. Mais avec du recul, je ne regrette pas du tout de l’avoir mis sur l’album parce que j’ai envie que ce son reste. C’est dramatique parce que cela concerne des millions de petits garçons, qui ont déjà du mal à en parler. »
La genèse de « Paradis noir »
L’artiste niçois a expliqué l’importance de trouver une ligne conductrice entre tous les morceaux. « Je ne voulais pas faire une compil, je voulais vraiment faire un album avec une cohérence sonore, vocale et thématique », a-t-il expliqué.
Chaque jour, Thibaud est muni de son dictaphone pour immortaliser une phrase ou un thème qui lui viendrait en tête. « J’écoute énormément de musiques différentes et s’il y en a une qui me fait ressentir une émotion, je creuse », a-t-il souligné. Pour cet album, le trentenaire a confié avoir enregistré trente-huit musiques pour en garder seulement quinze. « J’écris généralement le refrain et le premier couplet instantanément et si je décide d’en garder une, je me penche sur le deuxième couplet », a-t-il décrit.
Ce projet musical a été l’occasion pour Nsuko d’évoquer des thématiques qui lui tiennent à cœur : « Faire du rap cliché ce n’est pas mon créneau, même si cela peut m’arriver parfois d’être avec des copains et de faire des petits freestyles », a-t-il confié d’un air amusé.
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