Près de 3 800 personnes se sont mobilisées dans le centre-ville de Nice dans le cadre de l’appel à manifester contre la vie chère ce samedi 17 octobre. Largement dominé par la jeunesse niçoise, ce mouvement reflète un ras-le-bol général face à la politique menée. Avec l’arrivée d’un groupe d’émeutiers, le rassemblement vire au cauchemar.
Munis de pancartes et de drapeaux, de nombreux manifestants ont déambulé sur l’avenue Jean-Médecin, en passant par le Boulevard Grosso, jusqu’à la place Garibaldi. Lancé par les Gilets Jaunes, cet appel à la mobilisation a davantage réuni une jeunesse en colère. Ce rassemblement n’a pas été déclaré en préfecture. Les forces de l’ordre ont été pleinement mobilisées face à cette manifestation spontanée.
Préfet des Alpes Maritimes : « des violences urbaines inacceptables«
Les forces de l’ordre ont tenté dans la mesure du possible d’anticiper le déplacement du cortège. Les commerces ont fermé les uns après les autres. Une commerçante de la rue Chateauneuf a confié avoir « fermé la grille à la demande des policiers. » Ces derniers sont passés avant que les manifestants arrivent. Un dispositif de sécurité renforcé a rapidement été instauré. Une compagnie républicaine de sécurité (CRS) et trois colonnes de gendarmes départementales se sont ajoutées aux effectifs de la Police nationale.
À chaque passage, les routes ont été en partie fermées à la circulation et sécurisées. Sur la Promenade des Anglais, des jets de lacrymogènes ont été lancés afin de tenter une dispersion des manifestants.

De nombreux débordements et violences urbaines ont été recensés dans le centre-ville. Des personnes cagoulées et habillées en noir ont rejoint la mobilisation. Sur l’avenue Jean-Médecin, à la suite d’un mouvement de foule, la vitrine de JDSport a reçu de nombreux impacts. Les forces de l’ordre se sont positionnées afin de protéger la zone. « Au cours de l’après-midi, une douzaine de commerces ont été dégradés et pillés par les émeutiers. (…) ils ont également commis des dégradations sur le mobilier urbain (…) mais ont aussi endommagé trois véhicules de la police municipale« , a dénoncé dans un communiqué le préfet des Alpes-Maritimes.
Sur les réseaux sociaux, la préfecture a appelé les manifestants à se désolidariser des casseurs. La fin d’après-midi a été dominée par une succession d’affrontements entre les forces de police et des émeutiers. « Une quarantaine d’interpellations« ont été annoncées.
Dans un communiqué de presse de l’UDR, Éric Ciotti a dénoncé « une offensive insurrectionnelle contre la République« , en incriminant l’extrême gauche d’en être l’origine. Tout en soulignant « la lâcheté » du Président de la République, le président de l’UDR a demandé la mise en place de mesures immédiates. Parmi elles, le maire de Nice requiert « d’assumer pleinement un usage légitime de la force de la police et de la gendarmerie » et l’inscription des groupes antifascistes violents sur les listes terroristes.
Une convergence des luttes
Les violences perpétrées par les émeutiers semblent dissimuler les réclamations des manifestants. Les Gilets Jaunes se sont joints au mouvement étudiant cet après-midi, après plusieurs semaines de mobilisation devant les établissements scolaires. La dégradation des conditions d’études, le manque de moyens alloués à l’éducation, l’augmentation du coût de la vie et de l’essence constituent les principales revendications des manifestants. Des pancartes dévoilent une réalité sociale et économique, avec des slogans tels que « Études supérieures, niveau de vie inférieur » ou encore « Réservoir vide, colère pleine. »
Par ailleurs, des slogans contre l’extrême droite ont été scandés par cette jeunesse révoltée. Au niveau de l’Hôtel de Ville, les manifestants ont chanté la Marseillaise ainsi que des formules hostiles au Rassemblement national et à Éric Ciotti, le maire de la ville de Nice.

À l’aube de l’élection présidentielle, les jeunes générations sont déterminées à se faire entendre.
Julien Picot, membre de l’Opposition municipale a salué l’initiative des manifestants sur son compte X : « bravo aux Niçoises et aux Niçois qui se sont mobilisés pour faire entendre la voix de la jeunesse et défendre ses aspirations. La jeunesse doit être entendue, respectée et soutenue. »

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