Vétusté des locaux, suppressions de postes et rejet de Parcoursup : ce mardi, lycéens, étudiants, parents et professeurs ont défilé de la place Garibaldi à la gare Thiers pour faire entendre leur voix face à une Éducation nationale sans réponse.
Alors que la mobilisation lycéenne et étudiante s’étend à travers toute la France depuis une semaine maintenant, cet après-midi, dès 14 heures, plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés sur la place Garibaldi. Tous n’avaient qu’un seul but : porter d’une même voix des revendications devenues urgentes pour les jeunes.
Lycéens, étudiants, syndicats d’enseignants et associations de parents d’élèves ont défilé côte à côte dans une ambiance déterminée. Le cortège a arpenté l’avenue Jean-Médecin en direction de la gare de Nice-Ville, encadré par un dispositif de sécurité associant forces de l’ordre et service d’ordre de la CGT afin de garantir le bon déroulement de la marche et d’éviter tout débordement.

Des conditions d’étude indignes
Dans les rangs du cortège, la colère face à la dégradation des conditions d’étude était vive. Entre écroulement de plafonds, amphithéâtres vétustes, présence d’amiante, de rats ou de cafards dans les établissements, la communauté éducative dénonce une situation devenue insupportable au quotidien.
« Nous manquons de plus en plus de moyens. C’est infernal d’étudier dans de telles conditions », alerte Sacha Drogoul, co-présidente du Front Populaire Étudiant. Elle pointe également les attaques directes contre la vie étudiante, le gel ou la suppression des APL pour les étudiants extra-communautaires, ainsi que le projet de refonte du système de calcul sur les revenus des parents qui priverait 200 000 jeunes de ces aides fondamentales.
Dans la foule, les parents d’élèves sont venus en nombre épauler la jeunesse. Pour ce père de lycéen, la solidarité intergénérationnelle est une évidence face aux angoisses actuelles. « Cette génération doit affronter des défis immenses. Plutôt que de leur taper dessus, on devrait leur donner les moyens d’analyser, d’argumenter et de créer du neuf ». Il pointe également un décalage entre les programmes scolaires traditionnels et les besoins réels des jeunes, « apprendre à toujours répéter les mêmes solutions aux mêmes problèmes ne sert à rien face aux crises qui arrivent. »

Mais ce ne sont pas les seules craintes. Le manque de moyens alloués à l’éducation, la pénurie d’enseignants et de personnels encadrants, les revendications s’accumulent depuis plusieurs mois et convergent vers un ras-le-bol généralisé.
« On a besoin de plus de professeurs et de bâtiments rénovés. On ne peut plus étudier dans des conditions pareilles », dénonce Allan Clerc, co-animateur des Jeunes Insoumis de Nice, rappelant les récents incidents matériels survenus dans certains établissements de la ville. Un constat partagé par la présidente de la FCPE des Alpes-Maritimes, Khadija El Ouahabi, pour qui la situation atteint un point de rupture. « Ce sont les mêmes revendications depuis des années. Maintenant, ça suffit. Il est temps que le gouvernement entende la communauté éducative. »

Un dialogue de sourds avec le pouvoir politique
Au-delà des revendications matérielles, c’est le sentiment d’un fossé qui se creuse entre la jeunesse et les décideurs politiques qui domine. Les annonces gouvernementales entre suppressions de postes d’enseignants et réponses sécuritaires face aux blocus continuent de nourrir le mécontentement.
Pour Tom Voynnet, responsable fédéral de l’Union Syndicale Lycéenne (USL), la mobilisation est une question de dignité. « On montre que la jeunesse peut se révolter pour regagner ses droits. » Les parents d’élèves et enseignants présents soulignent quant à eux la légitimité d’un mouvement spontané face à une anxiété grandissante liée aux crises sociales et environnementales.
Face à un État jugé sourd et méprisant, le mot d’ordre des organisateurs niçois reste la détermination. Pour l’ensemble des manifestants présents, pas question de faire machine arrière. « Nous serons dans les rues d’une manière ou d’une autre jusqu’à ce que nos revendications soient entendues […] C’est notre devoir de nous battre pour nous, mais aussi pour les futurs lycéens et étudiants », conclut Sacha Drogoul.
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