Blocage des lycées: « Ce n’est plus possible de travailler comme ça », les lycéens font entendre leur colère

Devant les grilles du lycée Masséna de Nice, ce jeudi matin, la mobilisation a pris une forme concrète. Une centaines d’élèves ont organisé un blocus pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’études, classes surchargées, horaires incohérents, locaux vétustes et concurrence par Parcoursup.

L’ambiance est vive devant l’établissement scolaire ce matin. Après une première tentative timide mardi, ce rassemblement marque le premier jour officiel d’un mouvement national qui traîne depuis le début de la semaine. Au cœur des revendications générales, la sensation que l’Éducation nationale manque cruellement de moyens et ne répond plus aux besoins du terrain que cela soit pour le corps enseignants ou les élèves.

Pour peser face aux institutions, les lycéens de Masséna à Nice ont décidé d’unir leurs revendications avec les autres lycées de la métropole lançant une grande tournée. Le blocus s’associe aux démarches engagées par les élèves des autres lycées de Nice comme le lycée du Parc Impérial ou encore Albert Calmette. « C’est en faisant bloc avec tous les lycées de la ville qu’on se fera entendre », glisse un lycéen au milieu de la foule.

Des classes surchargées, l’enfer des emplois du temps

Dans les rangs de la manifestation, le ras-le-bol s’exprime clairement autour des effectifs et du manque d’encadrement. « On est une quarantaine en spécialité maths. Ce n’est pas possible de travailler dans ces conditions. Le prof n’a tout simplement pas le temps de répondre à toutes les questions », explique un élève de terminale.

À ce manque de suivi s’ajoutent des conditions matérielles jugées éprouvantes. En période de forte chaleur, l’absence de climatisation ou de ventilateur dans les locaux transforme les salles de classe en véritable four. « On n’a pas la climatisation dans les classes, ce qui fait qu’il y en a qui ont failli s’évanouir. On a dû faire cours dehors parce que la chaleur était insoutenable dans les classes. »

Autre point majeur, la gestion du temps scolaire. Les emplois du temps à rallonge, étalés de 8h à 18h mais interrompus par de longues pauses qui pèsent lourdement sur la fatigue quotidienne. « On a des horaires où on commence à 8 heures avec 5 heures de trou pour finir à 18 heures. Il y en a qui habitent à une heure de route et ils arrivent super tôt le matin pour faire une heure de cours et après ne plus avoir cours jusqu’à 11 heures. Franchement c’est l’enfer. »

Parcoursup, une bataille à couteau tirés

Au-delà des problèmes matériels, la contestation touche à la philosophie du système éducatif. La plateforme Parcoursup est particulièrement ciblée par les élèves de terminale. « Pour Parcoursup, on trouve que c’est un système aléatoire et qui nous met en compétition les uns contre les autres, alors qu’on nous enseigne l’inverse dans nos classes. » 

Cette colère s’inscrit également dans un cadre plus large, à l’approche des échéances politiques. « Je pense que la jeunesse en a marre de l’hypocrisie de certains partis. On est l’avenir de la France, donc je pense que c’est normal qu’on investisse en nous. En Europe, on a les emplois du temps les plus chargés, les devoirs les plus lourds et on est ceux qui ont les moins bons résultats scolaires. Je pense que ça prouve bien des choses. Ce n’est plus possible de travailler comme ça », insistent les élèves du lycée Masséna. 

Les journée précédentes se sont achevées dans un climat d’extrême tension, suscitant des réactions diamétralement opposées. D’un côté, Éric Ciotti, maire de Nice condamne fermement les débordements survenus au Parc Impérial (tirs de mortiers, feu de végétation et agression d’une passante, N.D.L.R.), affirmant que « ce ne sont pas des revendications, ce sont des violences » et que les lycées ne doivent pas devenir des terrains d’affrontement. De l’autre, le rassemblement citoyen ViVA ! dénonce une répression policière « disproportionnée » face à des jeunes en colère contre leurs conditions d’études, estimant que « la force ne peut être une réponse adaptée » et qu’une telle violence institutionnelle ne fera que nourrir un sentiment d’injustice et une défiance durable.

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