Blocages des lycées : de nombreux affrontements, 40 interpellations dans les Alpes-Maritimes

Les tensions se sont poursuivies mercredi 30 septembre autour de plusieurs lycées niçois. Des jets de pierres, des tirs de mortiers et des gaz lacrymogènes ont notamment été signalés à Magnan et au Parc Impérial. La préfecture fait état de 40 interpellations dans les Alpes-Maritimes depuis le début des incidents.

Une nouvelle journée sous tension autour des lycées niçois. Mercredi 30 septembre, si le nombre de manifestations était moins important que la veille, plusieurs établissements ont été concernés par des rassemblements et des affrontements avec les forces de l’ordre. À Magnan, sur la rue de France, des lycéens ont fait face aux CRS entre les arrêts de tramway Magnan et CUM.

La situation s’est également tendue sur la Promenade des Anglais. Des lycéens de Magnan se sont dirigés vers le centre-ville par la zone piétonne. Sur leur parcours, plusieurs véhicules de police stationnés devant la station-service Avia ont été caillassés avec des galets ramassés sur la plage.

Les CRS sont intervenus depuis l’ouest de la Promenade des Anglais. Des tirs de gaz lacrymogène ont permis de repousser les manifestants. Vers 9 h 40, un groupe de lycéens se trouvait encore devant le restaurant La Vela.

Des tensions également aux Palmiers et au Parc Impérial

Dans le même temps, des incidents ont éclaté autour du lycée professionnel Les Palmiers, avenue Banco, sur les hauteurs de Nice. Des riverains avaient déplacé les poubelles de résidences voisines afin d’éviter des incendies. Une confrontation a failli éclater lorsque des jeunes ont tenté de récupérer ces conteneurs.

Ces nouveaux incidents interviennent après plusieurs jours de mobilisation autour de lycées des Alpes-Maritimes. La préfecture fait état de 40 interpellations, dont 20 mineurs, et de 32 placements en garde à vue. Quatre policiers ont été blessés, notamment lors de tirs de mortiers.

Dans la cité azuréenne, Éric Ciotti avance pour sa part 24 interpellations. À l’échelle des Alpes-Maritimes, le maire fait état de 39 interpellations et de 31 placements en garde à vue. Les deux bilans ne correspondent donc pas exactement, les communications ayant été établies dans un contexte de suivi des événements.

Face à ces tensions, le préfet des Alpes-Maritimes Jean-Marie Girier a annoncé un renforcement du dispositif pour jeudi 1er octobre. Ce dernier précise que « Quelles que soient les revendications, rien ne justifie la violence. Les manifestations aux abords des lycées ont changé de visage : les casseurs ont prix la place des lycéens. Face à ces violences inacceptables, le dispositif de maintien de l’ordre sera renforcé avec des CRS. » Des mesures d’interdiction concernent notamment la détention, le transport et l’usage de produits explosifs, de matières combustibles ou corrosives, de pétards et de mortiers. Des renforts policiers doivent également être déployés aux abords des établissements concernés. Le préfet poursuit son propos en appelant les parents à « rappeler à leurs enfants de ne pas se mêle aux casseurs, afin de leur éviter les lourdes conséquences judiciaires et disciplinaires auxquelles ils s’exposent. »

À Nice, Éric Ciotti demande de son côté que le dispositif soit encore renforcé autour du Parc Impérial. Le maire appelle également les lycéens à ne pas participer aux blocages et aux violences.

L’édile met par ailleurs en cause La France insoumise, à laquelle il attribue une responsabilité politique dans l’escalade des tensions. « Les lycéens ne doivent pas devenir les marionnettes de responsables insoumis qui cherchent à installer le désordre et le chaos dans le pays, a déclaré Éric Ciotti. La liberté de manifester ne sera jamais confondue avec le droit de bloquer un établissement, de dégrader ou de s’en prendre aux forces de l’ordre. »

Demain, le mouvement devrait se poursuivre en espérant une accalmie d’ici la fin de la semaine.

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