Lyhanna : un rassemblement à Nice pour exiger une justice qui protège les enfants

Ce lundi 8 juin, 200 à 300 Niçois se sont réunis devant le Palais de Justice en hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé début juin dans le Gers. Derrière le recueillement et la minute de silence, c’est une colère profonde qui émerge contre les défaillances d’un système judiciaire jugé trop clément face aux violences sexuelles.

Un crime qui choque la France 

Le 4 juin 2026, un corps est retrouvé dans un silo agricole près de Fleurance (Gers), ou Jérôme Barella avait travaillé autrefois. L’analyse génétique qui a suivi a rapidement confirmé l’identité du corps, celui de Lyhanna, 11 ans, qui avait été portée disparue depuis le 29 mai.

Jérôme Barella, père de famille de 41 ans, avait été mis en examen dès le 1er juin et placé en détention provisoire, après avoir été aperçu pour la dernière fois avec elle dans sa voiture. Il a déjà a été visé par plus de quatre procédures, dont une pour viol en cours depuis août 2025.

La confirmation de la mort de Lyhanna le 5 juin a engendré une myriade de rassemblements en sa mémoire, devant des tribunaux partout en France. 

Un rassemblement qui rend hommage et pointe du doigt une justice défaillante

A Nice, c’est entre 200 et 300 personnes qui se sont réunies à 19 heures devant le Palais de Justice, portant avec eux une colère mêlée de multiples revendications.

Une petite foule était déjà présente dès 18h30, avec en fond la musique “Je t’accuse” de Suzane. Des très jeunes aux plus âgés, ils étaient tous là. Les pancartes jaunes “la honte doit changer de camp”, “je suis contre j’agis” ou “on te croit” couvraient déjà toute la grille du Palais. A terre, une banderole vierge invitait à inscrire librement ses pensées pour Lyhanna, entourée de coeurs dessinés à la craie. 

peinture sur laquelle est écrit en noir, suivi d'un coeur, "viens on sauve nos enfants."

Les participants portaient aussi leur propre pancarte, entre “le problème c’est le système”, “Enfance en danger”, ”Darmanin dégage” et les dessins en hommage a Lyhanna, autant de messages qui indiquent un sentiment profond d’exaspération.

La réalité exposée durement en chiffres 

Les organisatrices de l’association d’écoute pour les enfants, les Petits Invincibles, ont enchaîné les discours, posant des chiffres frappants.

Elles ont rappelé qu’en novembre 2023, la CIIVISE avait formulé 82 préconisations contre la pédocriminalité, ignorées depuis. Elles ont également souligné la hausse continue des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, passant de 52 000 en 2021 à 76 200 plaintes enregistrées en 2025 selon Anne-Cécile Collet, présidente de l’association. Pointant du doigt la responsabilité du Président de la République, elles ont interpellé l’État sur cette inaction persistante. 

En suivant, une minute de silence lourde de sens a été observée en hommage à Lyhanna.

La parole révoltée des participants 

Sandra Caissotti, représentante de l’association, a contribué à mobiliser la foule. « C’était un appel national […] on a appelé la population à venir, à se déplacer », explique-t-elle. Pour elle, le but est clair : « être vu […] être entendu […] et qu’il y ait une vraie justice avec des peines solides, pas avec des bracelets électroniques… » Elle ajoute « quand on voit les chiffres des plaintes classées sans suite, il y a de quoi se poser des questions. »

Lyhanna : un rassemblement à Nice pour exiger une justice qui protège les enfants

Dans la foule, Mélissa est venue pour la première fois à ce type de rassemblement. « Ça ne peut pas continuer comme ça », lâche-t-elle. Elle dénonce une justice qu’elle juge trop clémente : « la prison c’est le Club Med […] même s’ils ont été déclarés coupables, il n’y a pas de justice en fait. » 

Murielle, elle, est venue « soutenir la famille de cette pauvre petite, mais aussi demander plus de moyens, que la justice soit vraiment de la justice. » Même son de cloche pour une autre Murielle, venue envoyer un message : « on est là, et on en a marre. »

Le rassemblement s’est terminé sur une Marseillaise chantée collectivement, un message de paix porté par l’artiste L’Oiseau Noir, et un appel lancé par les associations à poursuivre la mobilisation à Nice.

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