Nawal Nourid : parcours d’une Niçoise jusqu’aux Nations Unies

Elle a grandi entre le quartier Bon voyage de Nice et Tourrette Levens, à corder les raquettes des plus grands champions de tennis au Monte Carlo Country Club pour finir par faire un stage aux Nations Unies à New York. A 26 ans, la Niçoise veut incarner un message d’espoir pour tous les jeunes, notamment défavorisés.

Une scolarité semée d’embûches

Née et scolarisée dans le quartier Bon Voyage de Nice, elle rejoint ensuite ses grands-parents à Tourrette Levens lorsque sa mère tombe malade, avant de revenir terminer ses études au lycée Guillaume Apollinaire, établissement classé en zone d’éducation prioritaire (ZEP) du quartier.

“Vous avez des professeurs qui peuvent vous limiter dans vos ambitions”, se souvient-elle. Or la jeune femme choisit d’en faire un moteur : “Quand on essaie de me limiter, je voulais prouver le contraire. Deux fois plus.”

Cette détermination, elle la trouve dans une conviction qu’elle pose en règle fondamentale, qui est que lorsque l’on vient d’un quartier populaire, l’éducation est la clé. “On sait pertinemment que ce qui peut vous sauver, c’est l’éducation”, résume-t-elle.

Du Monte Carlo Country Club aux Nations Unies

Pour financer ses études, Nawal Nourid enchaîne les jobs étudiants, dont celui de cordeuse de raquettes au Monte Carlo Country Club. Elle y côtoie certains des meilleurs joueurs mondiaux (Novak Djokovic, Matteo Berrettini, Jannik Sinner).

Seule femme dans cet univers très masculin, elle y apprend, dit-elle, “beaucoup de persévérance”, des valeurs qu’elle rapproche directement de celles exigées par le droit que sont la rigueur et discipline.

C’est sur un court de tennis qu’elle rencontre l’ambassadrice de Monaco auprès de l’ONU, qui lui ouvre une opportunité à New York.

Diplômée en droit à l’Université Côte d’Azur, spécialisée en droit maritime, elle saisit la balle au bond et rejoint les Nations Unies, où elle évolue ensuite dans un environnement juridique et diplomatique international.

“C’est très compliqué, c’est extrêmement dur de rentrer, de rester, d’évoluer”, reconnaît-elle, insistant sur l’importance de bien s’entourer.

Discours de Nawal Nourid pour Monaco au cours d'une commission juridique
Crédit photo : Nawal Nourid

Un attachement à l’identité niçoise

Plus que tout, Nawal Nourid n’a jamais voulu couper avec ses racines. En effet, elle a notamment été commentatrice en niçois pour Radio Nissa Pantai.

Une expérience qu’elle a vécue comme une fierté culturelle et sportive. “Même si on vient des quartiers, on peut être attaché à notre culture niçoise, affirme-t-elle, revendiquant à la fois ses origines marocaines et son ancrage niçois par sa mère.

Aujourd’hui admise à la Fordham Law School de New York, Nawal Nourid se heurte à l’obstacle du coût des études.

En effet, une année de droit aux États-Unis représente environ 58 000 dollars, une somme difficilement finançable même avec une aide.

Ainsi, après avoir bénéficié de la bourse du Crous durant ses études à Nice, tout en travaillant en parallèle, elle a lancé une cagnotte en ligne pour poursuivre son cursus, faute d’accès aux prêts bancaires.

Faire de l’exception une possibilité pour tous

Nawal Nourid se veut alors porteuse d’un message d’égalité des chances qu’elle espère voir un jour atteint.

Elle plaide en ce sens pour davantage de communication auprès des jeunes de quartiers populaires et de l’arrière pays niçois, pour qu’ils “s’autorisent à rêver” et cessent de penser que certaines trajectoires “ne sont pas faites pour eux.”

Qu’il s’agisse des stages, du réseau ou de l’accompagnement, créer de vraies opportunités compte autant que l’aide financière selon elle. “Mon parcours n’est pas une exception, il doit devenir une possibilité”, résume Nawal.

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