Après les déclarations de Lionnel Luca lors du conseil municipal de Villeneuve-Loubet sur le logement social et le littoral, le préfet des Alpes-Maritimes prend la parole. Laurent Hottiaux conteste les accusations visant les services de l’État et apporte des précisions sur l’application de la loi SRU et la gestion du domaine public maritime.
Le débat entre la commune de Villeneuve-Loubet et les services de l’État se poursuit. Lors du conseil municipal du 30 juin, le maire Lionnel Luca avait vivement critiqué l’application de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU). L’édile dénonçait notamment les objectifs de construction de logements sociaux fixés à la commune, qualifiant les prélèvements financiers de « racket de l’État. » À propos des services préfectoraux, Lionnel Luca avait également évoqué un « vichysme des services de l’État. »
Quelques jours plus tard, Laurent Hottiaux a répondu à ces déclarations. Le préfet des Alpes-Maritimes condamne les propos tenus contre les agents de l’État et apporte son soutien aux services mobilisés sur ces dossiers. Les termes employés concernant un « vichysme des services de l’État » sont jugés « inadmissibles. »
Le représentant de l’État rappelle que Villeneuve-Loubet reste soumise aux obligations de la loi SRU, qui impose à certaines communes de disposer de 25 % de logements sociaux. Selon les services de l’État, la commune ne respecte pas cet objectif depuis plusieurs années. Au 1er janvier 2022, 1 474 logements locatifs sociaux manquaient pour atteindre le seuil fixé par la loi.
Pour la période 2023-2025, un objectif de rattrapage de 487 logements sociaux avait été fixé. Durant ces trois années, 679 autorisations d’urbanisme ont été délivrées, dont 653 pour des logements collectifs. Dans le même temps, 34 logements sociaux ont été agréés.
Laurent Hottiaux rejette également les accusations de « racket. » Les prélèvements prévus par la loi SRU ne sont pas versés au budget général de l’État. Les sommes financent les aides destinées à la construction de logements sociaux. Le préfet affirme : « Il n’y a donc aucun « racket » de l’État. Parler de « racket » de l’État est une INFOX puisque les sommes prélevées servent à soutenir les communes qui s’engagent dans la construction de logements sociaux. »
Un désaccord qui porte aussi sur le littoral de Villeneuve-Loubet
Le second point de désaccord concerne Marina Baie des Anges et la délimitation du domaine public maritime. Lors du conseil municipal, Lionnel Luca avait dénoncé la décision de l’État d’intégrer dans le domaine public maritime les terrains occupés par plusieurs établissements de plage, estimant que cette mesure pénalisait les exploitants.
Le préfet répond que cette procédure résulte de l’évolution naturelle du trait de côte. Selon les services de l’État, le recul du littoral atteint environ 30 mètres en quarante ans sur certains secteurs de Villeneuve-Loubet. Laurent Hottiaux rappelle également que la commune a refusé certains dispositifs d’accompagnement permettant de bénéficier de mesures d’adaptation et de financements destinés aux collectivités confrontées à l’érosion côtière.
Le représentant de l’État souligne enfin que la crise du logement constitue une priorité dans les Alpes-Maritimes. Un plan départemental de relance du logement a été présenté le 1er juillet. Des Assises du logement doivent également être organisées à l’automne 2026 afin de poursuivre les échanges avec les collectivités et les acteurs du secteur.
Laurent Hottiaux conclut : « Nous ne construisons pas assez de logements d’une manière générale mais il est faux de dire que nous ne pouvons pas construire plus de logements dans les Alpes-Maritimes. Le logement est un enjeu majeur pour les habitants du département mais également les générations à venir. Il faut arrêter de se réfugier derrière les contraintes liées aux risques. Les règles établies par la loi ne sont pas un frein. Elles nous obligent simplement à faire preuve de volonté pour construire mieux. »
Cette prise de position du préfet intervient à quelques jours de son départ de la préfecture des Alpes-Maritimes, où Laurent Hottiaux doit être remplacé la semaine prochaine par Jean-Marie Girier, actuel préfet des Pyrénées-Atlantiques.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
