Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour détournement de fonds publics visant Christian Estrosi après un signalement d’Éric Ciotti concernant des frais de représentation sans justificatif. Julien Picot demande un contrôle des dépenses, tandis que l’avocat de l’ancien maire dénonce « un contexte d’acharnement et de mises en cause répétées. »
Une enquête pour détournement de fonds publics a été ouverte contre Christian Estrosi. Le parquet de Nice a ouvert la procédure après un signalement transmis par Éric Ciotti au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Le signalement, effectué fin juillet, concerne l’absence de justificatifs pour une partie des frais de représentation de l’ancien maire de Nice. L’enquête a été ouverte fin août, selon le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.
Le dossier concerne des frais de représentation engagés entre 2016 et 2025, durant les trois mandats de Christian Estrosi à la mairie de Nice. L’association Transparence citoyenne avait déjà déposé une plainte après avoir relevé plus de 312 000 euros de frais de représentation remboursés sans justificatif sur cette période.
Arrivé à la mairie de Nice en mars 2026, Éric Ciotti avait demandé à son prédécesseur de fournir les justificatifs concernés avant de transmettre un signalement au parquet.
Julien Picot demande un contrôle des dépenses
Président de la commission des finances de la ville de Nice et de la Métropole et conseiller municipal d’opposition, Julien Picot a réagi à l’ouverture de l’enquête. Le montant des frais concernés constitue, selon sa déclaration, un sujet qui doit être examiné dans le cadre des compétences des élus. « L’ouverture par le parquet de Nice d’une enquête pour détournement de fonds publics concernant plus de 312 000 euros de frais de représentation de Christian Estrosi est un fait suffisamment grave pour que toute la lumière soit faite. »
Julien Picot annonce vouloir examiner les dépenses concernées, leur origine et les conditions dans lesquelles les remboursements ont été effectués. Une démarche présentée comme distincte de la procédure judiciaire. « Nous allons donc enquêter, dans le cadre de nos compétences, avec sérieux et sans préjuger des conclusions de la justice. »
Le président de la commission des finances estime également que le montant des dépenses concernées pose une question de transparence dans la gestion des fonds publics. « 312 000 euros d’argent public sans justificatif retrouvé, ce n’est pas une anecdote comptable. C’est une question de transparence, de contrôle démocratique et de respect des contribuables niçois. »
L’élu Niçois insiste par ailleurs sur la nécessité de ne pas confondre le contrôle des dépenses publiques avec le conflit politique opposant Éric Ciotti et Christian Estrosi. « Je ne rentrerai pas dans le jeu des règlements de comptes politiques entre Éric Ciotti et Christian Estrosi. Les deniers publics appartiennent aux Niçoises et aux Niçois, pas aux responsables politiques qui se succèdent à la tête de la collectivité. »
La réaction de l’élu d’opposition se poursuit sur le rôle des élus dans le contrôle des finances locales. « La justice doit faire son travail. Les élus doivent faire le leur », affirme Julien Picot.
De son côté, l’avocat de Christian Estrosi conteste le contexte dans lequel intervient cette nouvelle procédure. Me Matthieu Avril dénonce « un contexte d’acharnement et de mises en cause répétées » de la part d’Éric Ciotti.
L’avocat refuse toutefois de commenter la procédure en cours, expliquant que Christian Estrosi n’en avait pas été informé. La défense assure également que l’ancien maire de Nice a toujours veillé « à la bonne utilisation des deniers publics. »
L’avocat de Christian Estrosi défend les frais concernés
Me Matthieu Avril rappelle par ailleurs que « L’attribution des frais de représentation des élus locaux est encadrée par les dispositions du Code général des collectivités territoriales. »
La défense affirme également que Christian Estrosi avait « régulièrement reversé à la métropole la part non utilisée de l’enveloppe qui lui était allouée », alors même qu’aucune obligation ne l’y contraignait.
Interrogé l’an dernier sur ses frais de représentation, Christian Estrosi avait expliqué qu’il s’agissait exclusivement de repas avec des investisseurs ainsi qu’avec des personnalités du monde de l’économie ou de la culture. Ces rencontres avaient, selon cette explication, pour objectif de faire avancer les dossiers de la ville de Nice et de la Métropole.
L’ouverture de l’enquête ne signifie pas qu’une infraction a été établie. Christian Estrosi n’est pas mis en examen dans cette procédure.
L’ancien maire de Nice fait par ailleurs l’objet de plusieurs autres procédures judiciaires. La gestion de la reconstruction après la tempête Alex en 2020 est notamment examinée par la justice. Christian Estrosi possède également le statut de témoin assisté dans l’enquête sur la sécurisation de la Promenade des Anglais lors de l’attentat du 14 juillet 2016.
Une autre enquête concerne l’organisation de plusieurs événements à Nice et la gestion des Grands Prix de Formule 1 du Castellet entre 2018 et 2022. Christian Estrosi avait été placé en garde à vue au début de l’été 2025 dans ce dossier, qui porte notamment sur des soupçons de favoritisme et de détournement de fonds.
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