Depuis le jeudi 17 septembre au matin, des pêcheurs de Saint-Jean-Cap-Ferrat, Beaulieu-sur-Mer, Villefranche-sur-Mer et Nice bloquent l’entrée du port de Nice. La mobilisation vise notamment la hausse du prix du gazole et les difficultés rencontrées par la profession. Un ferry de Corsica Ferries a été dérouté vers Savone, tandis qu’une traversée vers L’Île-Rousse a été annulée.
Depuis l’aube ce jeudi 17 septembre, l’accès au port de Nice est bloqué par des pêcheurs mobilisés contre la hausse du prix des carburants. Une quinzaine de professionnels participent à l’action, à terre comme en mer. Six bateaux de pêche se sont positionnés à l’entrée du bassin Lympia, empêchant les navires d’entrer ou de sortir.
La mobilisation concerne principalement des pêcheurs de Saint-Jean-Cap-Ferrat, Beaulieu-sur-Mer, Villefranche-sur-Mer et Nice. L’objectif affiché consiste à alerter les autorités sur les difficultés rencontrées par la profession et à obtenir des réponses face à l’augmentation du coût du gazole.
« J’espère qu’il va y avoir un petit éveil, explique un pêcheur depuis son embarcation qui participe au blocage du port de Nice depuis 7 heures ce matin. Il serait temps que la France se réveille […] on va voir l’évolution des choses. Basta, basta, tout ce qui se passe là, basta, stop. »
La situation entraîne déjà des conséquences sur le trafic maritime. Le Pascal Lota, ferry de la compagnie Corsica Ferries, devait accoster à Nice ce jeudi matin. Empêché d’entrer dans le port par les bateaux positionnés à l’entrée, le navire a finalement été dérouté vers Savone, en Italie, avec ses passagers à bord.
La traversée de 17 heures entre Nice et L’Île-Rousse, également assurée par Corsica Ferries, a par ailleurs été annulée. Quelques yachts qui devaient quitter le port sont également en attente.
Une mobilisation qui s’étend sur le littoral méditerranéen
Le blocage du port de Nice intervient dans le cadre d’un mouvement qui touche plusieurs ports méditerranéens depuis le début de la semaine. Des actions ont notamment été menées à Sète, Frontignan, Fos-sur-Mer et Port-la-Nouvelle. À Sète, une trentaine de bateaux bloquaient encore le port jeudi matin, tandis que l’accès au dépôt pétrolier de Frontignan était de nouveau perturbé.
Le mouvement a été lancé lundi par les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Paca et de Corse, avec les organisations de producteurs de Méditerranée et des syndicats de marins. La hausse du prix des carburants constitue la principale revendication alors que le gazole représente une part importante des coûts d’exploitation des navires.
Face à cette mobilisation, le gouvernement a annoncé mercredi 16 septembre une hausse de l’aide destinée aux pêcheurs. Le soutien au carburant passe de 25 à 35 centimes par litre et doit être prolongé jusqu’au 31 décembre. Cette aide correspond au niveau maximal autorisé par la Commission européenne.
Les représentants de la pêche méditerranéenne doivent rencontrer ce jeudi à 11 heures Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche. La réunion doit notamment porter sur la situation économique de la filière et les mesures de soutien face au coût du carburant.
À Nice, Éric Ciotti s’est rendu au port dans la matinée pour rencontrer les pêcheurs. « Les pêcheurs font un métier extraordinairement difficile », a déclaré le maire de Nice. Éric Ciotti demande au gouvernement de « prendre ses responsabilités » et réclame « d’urgence, des mesures pour la pêche. »
Le maire de Nice demande notamment une augmentation de l’aide jusqu’à « 40 ou 50 centimes » par litre, mais aussi « son versement », qui n’aurait pas encore été réalisé.
Le secrétaire départemental du PCF06, Julien Picot, a également réagi au blocage du port de Nice. « Le PCF06 apporte son plein et entier soutien aux pêcheurs du port de Nice, mobilisés ce jeudi pour dénoncer l’explosion du prix des carburants qui menace directement leur activité et l’avenir de la pêche méditerranéenne. »
Julien Picot estime que la hausse du coût du carburant menace également « toute une filière, notre économie maritime, notre souveraineté alimentaire et l’avenir de la pêche artisanale locale ». Le responsable du PCF06 demande au gouvernement d’apporter « des réponses durables » et estime que les aides ponctuelles ne peuvent pas constituer « l’unique réponse à une situation qui se répète. »
La mobilisation se poursuit donc ce jeudi matin au port de Nice sans date de fin prévue pour l’heure. Les pêcheurs attendent désormais les échanges prévus avec la ministre de la Mer et de la Pêche pour connaître les réponses apportées à leurs revendications.
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