Le projet de la nouvelle prison suscite l’inquiétude des habitants de Nicéa

Le maire de Nice, Éric Ciotti, souhaite construire la future prison à la place du foyer. Une annonce qui inquiète de nombreux habitants, installés ici depuis parfois plusieurs décennies.

Le soleil tape déjà sur les bâtiments de la résidence Nicéa. Mais l’annonce de la construction de la nouvelle prison préoccupe les résidents chibanis : « tout est flou », résume le retraité marqué par le travail. Opposé au projet, il ne cache pas son inquiétude. « La prison, ailleurs, pas ici », répète-t-il. Comme d’autres résidents, il dit n’avoir reçu aucune information précise sur un éventuel départ.

Devant l’une des entrées, à côté des boîtes aux lettres, Mohamed Ben Hassen se montre plus partagé. Pour lui, le plus important reste le relogement : « l’essentiel, c’est que les gens ne se retrouvent pas à la rue. » Il assure qu’il acceptera de partir si une solution lui est proposée.

L’homme critique les conditions de vie dans la résidence. Il évoque des problèmes d’entretien et un bâtiment vieillissant. « Ici, c’est déjà un peu une prison, dit-il avec un sourire de désespoir. Moi, si je trouve un logement ailleurs, je pars tout de suite », affirme le retraité chibani.

Dans la cour du bâtiment, certains s’arrêtent pour écouter et refusent l’idée de quitter les lieux. C’est le cas de Touraki, qui vit ici depuis de nombreuses années : « je refuse de partir parce que je suis habitué ici. » Son inquiétude porte surtout sur l’après. « On ne sait pas où on va nous mettre. »

Un fort attachement au foyer

Pour beaucoup, Nicéa représente un lieu de vie où ils se retrouvent et discutent dans la cour intérieure du foyer.

Des ateliers, organisés tous les quinze jours, sont mis en place, nous confie une infirmière de la direction départementale de la santé. Autour d’elle, quatre résidents écoutent les conseils pour mieux manger et adopter une alimentation plus équilibrée.

Touraki évoque aussi le ressenti des habitants. Il estime également que « la majorité des gens refusent de partir. » Il évoque aussi la disparition progressive des commerces du secteur. « Avant, il y avait des épiceries, des bouchers, des cafés. Maintenant, il n’y a plus rien. »                   

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