Laurent Hottiaux : bilan d’un préfet engagé

Une cérémonie à l’occasion du départ de Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, a été organisée ce jeudi au Palais des Rois Sardes. Nommé préfet de Région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, il quitte ses fonctions vendredi. Cette solennité a été le moment pour lui de faire un bilan. 

Le Palais des Rois Sardes a accueilli ce jeudi 16 juillet une cérémonie pour Monsieur Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes. Après quatorze mois de fonction, il quitte la préfecture niçoise. Le 24 juin dernier, il a été nommé préfet de Région du Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique en Conseil des ministres

Avec l’accord du ministre de l’Intérieur, sa prise de fonction a été différée afin qu’il puisse organiser et assister aux cérémonies du 14 juillet, dans le cadre de la commémoration des dix ans de l’attentat de 2016

Son successeur et anciennement préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, prendra ses fonctions à la tête du département le lundi 27 juillet. 

La salle des fêtes a accueilli une cérémonie réunissant de nombreuses personnalités politiques et corps de métiers œuvrant notamment pour la sécurité et la santé. Après avoir longuement remercié l’équipe préfectorale et sa famille, le représentant de l’État a obtenu la médaille de la préfecture, un signe traditionnel de distinction et d’honneur. 

Ce rendez-vous a été l’occasion pour lui d’entreprendre une rétrospective sur ses quatorze mois de fonction, non sans émotion. 

Un bilan plutôt favorable 

« J’ai été très heureux dans les Alpes-Maritimes, mais je suis extrêmement honoré par cette nomination dans une grosse préfecture de la Région avec cinq départements et près de quatre millions d’habitants« , a assuré le haut fonctionnaire.

De nombreuses actions ont été entreprise par l’autorité préfectorale, notamment au sujet des problématiques de sécurité, de logement et d’environnement. Laurent Hottiaux a mentionné un engagement fort de l’État à propos de ces « sujets d’avenir ». Au début du mois de juillet, il a présenté le plan départemental de relance du logement. « Cette problématique est un frein réel à l’attractivité de notre beau département », a rappelé le préfet avec conviction. 

Il a également évoqué l’importance de la question des transports, en avouant que « ce sujet a été finalement assez peu abordé. » Il apparaît effectivement que cette problématique est rarement passée au premier plan dans l’actualité. « J’ai veillé pendant des mois à ce que nous arrivions à avoir un plan de transport cohérent dans les Alpes-Maritimes et nous y sommes arrivés », a déclaré le représentant de l’État.

Son successeur devrait reprendre le dossier au sujet des autoroutes. Il a confié que tout un travail avait été mené pour notamment préparer l’amélioration et la fluidification de la circulation. À l’automne, une réunion sera organisée à propos des questions routières. 

La question du changement climatique a marqué l’action de la préfecture. Laurent Hottiaux a affirmé avoir « pris ce sujet à bras-le-corps », notamment en présidant la première COP climat au niveau départemental en 2025. 

Par ailleurs, il a assuré avoir poursuivi le travail de son prédécesseur, notamment sur le sujet sensible de l’eau. « J’ai pris une nouvelle mesure de restriction le 10 juillet dernier sur la question de l’eau, mais au-delà des restrictions, nous avons pris des mesures structurelles, en conditionnant l’urbanisation à la disponibilité de nos ressources en eau.»  Il a également reconnu avoir engagé des moyens à travers les agences de l’eau au sujet des forêts. « Un sujet dont nous ne parlons pas assez, nous avons un département extrêmement riche et elles sont en danger. »

Enfin, le préfet a confirmé sa volonté de protéger le domaine public maritime. « Avec l’ensemble des équipes et la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, je vais veiller à ce que nous ayons des positions fermes sur la protection du domaine public maritime. » En outre, il a revendiqué avec fierté une gestion plus réglée des croisières et de leur débarquement.

Toutefois, le haut-fonctionnaire a nuancé en reconnaissant qu’il n’existe pas de consensus total sur les questions du tourisme, du transport et surtout de l’environnement. 

Des combats loin d’être terminés 

« Je pars forcément avec des regrets et des sentiments mêlés parce que nous avons engagé beaucoup de choses », a confié Laurent Hottiauxavec émotion.

Les enjeux autour de la sécurité ont été une priorité absolue pour la préfecture des Alpes-Maritimes, notamment dans sa lutte contre le narcotrafic et la radicalisation. En plaçant la sécurité comme élément essentiel, une part importante de point de deal a pu être démantelée et des trafiquants incarcérés.  « J’estime que nous avons gagné des batailles décisives mais nous n’avons pas gagné la guerre », a avoué le haut-fonctionnaire. Il a longuement insisté sur l’importance d’une continuité dans la lutte contre ces trafics, qui ne cessent de se regénérer. 

Pour le représentant de l’État, l’autre point sensible est la question au sujet du changement climatique. Ce sujet est d’actualité brûlante avec les plans canicules et les nombreux feux de forêt. « Il s’agit d’un sujet que nous avons du mal à traiter, c’est pourquoi le rôle de l’État est essentiel dans ce domaine, en dehors des situations de crise », a t-il déclaré. 

Cette urgence climatique est un véritable combat quotidien pour l’adaptation, mais aussi pour sa reconnaissance. « Nous pouvons dire que dans les Alpes-Maritimes, il y a des positions quelque peu climato-sceptiques. Le changement climatique n’est pas un problème politique, il relève de la science », a déploré le préfet. 

Il a affirmé à plusieurs reprises le retard du département dans cette prise de conscience. La mise au second plan de ce sujet serait due aux divisions territoriales, politiques et institutionnelles entre les territoires composant les Alpes-Maritimes. Or, le changement climatique nécessite davantage d’unité. 

Ainsi, il a recommandé l’action, l’anticipation et l’adaptation. Pourtant, l’autorité préfectorale a reconnu que ce sujet n’avait pas été suffisamment pris au sérieux : « lorsque j’ai pris mes fonctions, ce sujet n’était pas au cœur de l’agenda dans notre département. » Bien qu’il ait reconnu qu’une grande majorité des élus sont conscients de cette problématique environnementale, il a admis l’existence d’un paradoxe : celui de la place des Alpes-Maritimes dans une zone extrêmement sensible et sujette à un cumul de risques naturels. 

L’organisation du département demeure insuffisante pour traiter ces sujets, mais pour autant, Laurent Hottiaux n’en est pas moins pessimiste.

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