La Pink Parade s’est immiscé dans les rues de Nice le week-end dernier. Organisée par l’association AGLAE, des chars colorés et festifs mènent la marche pour s’unir contre les violences LGBTQIA+.
Paillettes, chars et musiques festives ont conquis les rues de la cité azuréenne, ce samedi 11 juillet. La marche des fiertés niçoises est portée par l’association AGLAE. Au départ de la parade à 15h30, des milliers de personnes se sont réunies pour revendiquer un futur où chaque personne pourra s’épanouir librement, quelle que soit son identité ou sexualité.
Dans le cadre du Tour des Fiertés, Ségolène Amiot est présente pour soutenir les mouvements niçois engagés contre les discriminations et les violences perpétrées contre les personnes LGBTQIA+.
La présence de la députée de La France insoumise n’est pas anodine. La montée de l’extrême droite en France et des violences homophobes alarme, à l’approche de la campagne présidentielle de 2027. La Pink Parade porte un message fort, celui de « vivre librement, grandir librement, et aimer librement. » Ils clament qu’ils ne veulent plus reculer lorsque la peur se pointe.
Une marche solidaire
Munies de drapeaux arc-en-ciel, de masques colorés et de pancartes, une foule a rejoint le Port de Nice pour le top départ de la marche des fiertés niçoise. Plusieurs grands chars, habillés de ballons colorés et animés par des DJ sets, trônent sur le quai Papacino. À l’intérieur, des associations niçoises pour les personnes LGBTQIA+ participent aux festivités.
« Nous allons marcher pour célébrer nos existences, nos amours, nos familles, nos enfants et nos droits », affirme, Erwann Le Hô, président coordinateur du Centre LGBTQIA + Côte d’Azur.
« Nous représentons le Bal des Licornes, un collectif qui anime des événements notamment au Stockfish. Nos deux patrons ont créé ce char de toutes pièces ! Il y aura deux licornes et une drag Queen, Darcy », présente Flavien, un membre de l’association.
Au-delà de son côté festif, l’objectif de la Pink Parade est d’unir toutes les personnes, sans aucune distinction. « Grâce à ce genre d’événements, nous savons que des gens nous soutiennent et qu’ils sont comme nous », confie Mathilde, venue assister à la marche accompagnée de ses amis. À quelques mètres de là, Maëva est accompagnée de sa mère. « Chaque année, je suis là pour ma fille. »
Cet événement est également l’occasion de saluer le rôle de ces associations dans la prise charge globale de toutes les personnes LGBTQIA+ et leurs proches qui en ont besoin. « Nous accueillons les victimes d’agression, de discrimination, de violence, de précarité et d’isolement. Nous accompagnons aussi celles et ceux qui ont été rejetés par leur famille et ceux qui ont fui leur pays car ils sont menacés de mort », proclame le président coordinateur du Centre LGBTQIA + Côte d’Azur.
Une haine banalisée
Bien que cela soit une infraction pénale, les discours de haine visant les personnes en raison de leur orientation sexuelle et leur identité de genre progressent dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans la rue. Le ministère de l’Intérieur constate une hausse des infractions anti-LGBTQIA+ en France pour l’année 2025. Pourtant, les associations locales demeurent « sous-financées (…) Des centres LGBTQIA+ sont vandalisés, tagués et remplis d’inscriptions haineuses et homophobes », déplore le représentant d’Amnesty International.
Cette augmentation des violences accroît l’inquiétude des personnes concernées, notamment face à la montée de courants réactionnaires et conservateurs. Ces derniers véhiculent des propos haineux et ce de manière décomplexée. « Cette année, une nouvelle menace nous appelle face aux mouvements masculinistes, anti-genres et anti-droits, qui continuent de s’imprégner dans le monde. En France, notre démocratie n’est pas à l’abri », scande un membre de l’organisation Amnesty International.
Mises sous silence, les victimes de violences et de discriminations anti-LGBTQIA+ peinent à trouver une voix pour se faire entendre. La Pink Parade est une occasion pour toutes ces personnes de s’opposer farouchement à la banalisation de ces violences qu’elles soient dans les familles, dans la rue ou au travail.
« Cet événement est important pour nos droits, pour tout simplement aller dans un pays sans avoir peur de mourir ou de se faire agresser pour la personne que j’aime. Nous sommes encore loin de l’acceptation, sans ces manifestations, cela ne pourra jamais avancé », avoue Maëva.
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