Ce mardi 29 septembre au matin, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés sur la place Garibaldi pour répondre à l’appel national. Agents hospitaliers, policiers, enseignants ou encore professionnels de santé ont défilé côte à côte pour dénoncer le gel des salaires, la baisse du pouvoir d’achat et la dégradation continue des services publics.
À Nice, la fonction publique a repris ses droits dans la rue ce mardi matin. CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP se sont rassemblés aux alentours de 9 heures pour un départ initial de la place Garibaldi. Les cortèges intersyndicaux ont traversé le centre-ville avant d’achever leur marche sur la place de la Libération. Dans les rangs, une foule dense de plus de 2 000 personnes déterminées, regroupant agents de l’État, des collectivités et du secteur hospitalier. Derrière la banderole de tête de la CGT, le message est limpide. « Bas salaires, retraites de misère, la précarité ça suffit, augmentez les salaires. »

Pour les manifestants présents, la convergence des luttes n’est plus théorique, mais une nécessité face à un coût de la vie devenu insoutenable notamment dans le département des Alpes-Maritimes.
« Le compte n’y est pas », l’urgence salariale au cœur des revendications
Alors que l’inflation pèse lourdement sur les ménages, les revalorisations salariales accordées par l’État sont jugées dérisoires. « Nos revendications sont claires, la valeur du point d’indice à 6,50 €, des embauches massives dans la fonction publique hospitalière et l’indexation de nos salaires sur l’actuelle inflation », martèle Benoît Duhamel, secrétaire général de la CGT à l’hôpital l’Archet (CHU de Nice). « Depuis 2010, il ne s’est quasiment rien passé. Il devient de plus en plus difficile de vivre correctement. Tout se dégrade, et ce à l’échelle nationale. »


Un constat appuyé par les syndicats de police. Pour le délégué départemental UNSA Police, la présence aux côtés des camarades de la fonction publique relevait de l’évidence. « Les revendications sont communes, revalorisation de la grille salariale et déblocage du point d’indice pour accuser le coup de l’inflation. On attend des mesures fortes et des budgets, car le problème touche autant l’hôpital et l’éducation que la police. Sur Nice, le coût du logement est exorbitant. Les fonctionnaires n’arrivent plus à se loger décemment. On subit la hausse du carburant et des loyers, c’est un contexte qui va très mal. »
Même tonalité chez le délégué départemental du syndicat Unité, qui dénonce le manque de considération des pouvoirs publics face à la vie chère. « Dans le 06, le compte n’y est pas. Le prix de l’essence devient indécent. Cette mobilisation vise à faire remonter cette colère. »
Épuisement généralisé et colère étouffée
Au-delà des salaires, c’est le manque de moyens au quotidien qui étranglent les professionnels du soin et de l’éducation. Présente dans le cortège, une orthophoniste syndiquée alerte sur la saturation de sa profession. « C’est important de marquer notre présence pour préserver l’accès aux soins de nos patients. On est épuisés comme tout le monde, on n’arrive plus à répondre à la demande, s’exclame-telle. Nous réclamons une revalorisation de notre grille salariale et nous revendiquons pleinement notre place en tant qu’acteurs de santé, au même titre que tous les autres corps médicaux. »
Du côté de l’éducation et des services de l’État, un représentant de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire) pointe du doigt une politique budgétaire au point mort : « C’est le ras-le-bol des politiques gouvernementales et de la réduction des moyens de l’État dans tous les domaines, éducation, enseignement supérieur, pompiers… La manifestation sert au moins à montrer qu’on existe et qu’on n’est pas d’accord avec ces politiques libérales qui appauvrissent les gens. »
Plusieurs appels à la grève et manifestations sont d’ores et déjà programmés tout au long du mois d’octobre pour maintenir la pression sur le gouvernement.

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