Grève des cheminots : troisième vendredi de mobilisation aux Chemins de fer de Provence

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Vendredi 18 septembre 2026, au matin, le parvis de la gare du Sud accueillait le troisième débrayage hebdomadaire consécutif des agents des Chemins de fer de Provence. Face à des négociations salariales dans l’impasse, les cheminots réclament une revalorisation urgente de leurs rémunérations.

Les vendredis noirs se succèdent sur la mythique ligne reliant Nice à Digne-les-Bains. Pour la troisième semaine d’affilée, le trafic a été paralysé à l’appel de plusieurs organisations syndicales, dont la CGT (Confédération générale du travail) Nice Métropole Côte d’Azur. À l’origine de ce bras de fer : l’échec des négociations annuelles obligatoires (NAO). Après plusieurs réunions infructueuses, le fossé entre les exigences du personnel et les propositions de la direction est apparu insurmontable.

Si les conditions de travail restent un sujet sous-jacent, le mouvement actuel cible une priorité absolue : la fiche de paie. Régulateur-chef de ligne, Wissem Berkane rappelle l’amertume qui traverse les rangs : « On veut montrer que nous ne sommes pas des sous-cheminots. Nous sommes quasiment les moins bien payés de France. Avec la flambée des prix, notre niveau de vie ne suit plus. »

Au-delà d’une simple augmentation générale, c’est toute la structure de carrière qui pose problème. L’agent déplore une grille d’ancienneté « mal faite », dont les conséquences sur les effectifs se font déjà sentir au quotidien, constatant qu’un certain nombre de collègues « sont partis dans d’autres entreprises ferroviaires parce qu’ils gagnaient plus. » Pour Wissem Berkane, réévaluer ces paliers permettrait enfin de « fidéliser un peu plus les salariés » et d’endiguer les départs de conducteurs ou de techniciens qualifiés.

Une convergence entre usagers et forces politiques

Présente lors du rassemblement, la section locale du PCF 06 est venue afficher un soutien appuyé. « Quand on regarde le pouvoir d’achat dans la région, entre la hausse des prix des logements et les prix tirés à la hausse par le tourisme, il faut que les agents aient de quoi vivre dignement », insiste son secrétaire de section, Gilles Verrier, venu replacer ce conflit social dans la réalité quotidienne du département.

Le représentant communiste met l’accent également sur le rôle vital de cette infrastructure ferroviaire pour le désenclavement de l’arrière-pays et les trajets domicile-travail.

Malgré les désagréments causés par les suspensions du trafic, les grévistes ressentent une forte bienveillance, aussi bien sur le terrain que sur les réseaux sociaux. Si la perte d’une journée de paie chaque vendredi pèse lourdement sur les budgets des salariés, ces derniers considèrent ce sacrifice financier comme un investissement collectif pour l’avenir de leur mission de service public.

Mardi 22 septembre : la réunion de la dernière chance ?

Après deux semaines de blocage, une lueur d’espoir semble poindre. Wissem Berkane note que la direction a esquissé un premier pas lors des récents échanges. Bien que rien ne soit encore acté, les agents constatent qu’une phase de négociations concrètes s’est enfin ouverte.

L’issue du conflit se jouera donc mardi prochain lors d’une nouvelle table ronde entre la direction, la Région et les syndicats. En assemblée générale, les cheminots décideront alors souverainement s’ils reconduisent ou non leur mouvement le vendredi suivant. Si les propositions de la direction demeurent jugées insuffisantes, la locomotive de la contestation ne compte pas s’arrêter en gare de sitôt.

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