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8 juillet 2024

« Winter is the new summer » : Nice passe au tourisme d’hiver ?

Ce jeudi 5 octobre, les acteurs du tourisme azuréen se sont réunis à l’Opéra de Nice pour le lancement de la campagne « Nice Côte d’Azur en hiver ».

François de Canson, président du Comité Régional de Tourisme PACA, a rappelé que la ville de Nice s’est véritablement construite sur un tourisme d’hiver. Un passé qui a été récemment mis en avant dans le dernier documentaire Nice, les artistes et l’azur de Thierry Thomas. « J’aurais tendance à vous dire : enfin ! », déclare François de Canson. L’objectif affiché est d’inscrire la ville de Nice dans une certaine continuité historique. Le soleil d’hiver niçois brille, en effet, depuis des siècles à l’international. Touristes aisés britanniques, russes ou encore italiens sont venus chercher la douceur du climat niçois en hiver. Toutefois, depuis les années 1950, le tourisme estival a surpassé le tourisme hivernal.

La métropole entend d’ici quelques années inverser cette tendance. Du moins, elle souhaite inverser la tendance actuelle, celle d’une attraction touristique seulement de mi-mars à novembre… Pour ce faire, cette grande campagne est portée par le CRT PACA et l’Office de Tourisme Métropolitain Nice Côte d’Azur. L’investissement total s’élève à plus de trois millions d’euros. La répartition budgétaire se veut tripartite : 48% partenaires privés, 36% CRT/OTs Nice et Menton, 16% Atout France.

Un tourisme d’hiver : comment et pour qui ?

Le tourisme hivernal niçois souhaite s’appuyer sur quatre thématiques majeures. Dans un premier temps, le classement de Nice sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco apparaît comme un atout indéniable pour son tourisme hivernal. Ainsi, Nice se voit hautement valorisée par son statut de « ville de la villégiature d’hiver de Riviera ». De plus, le Carnaval de Nice, qui a accueilli cette année 200 000 spectateurs, est l’un des thèmes de cette campagne touristique. « Winter is the new summer » s’appuie également sur la gastronomie et le shopping niçois. Les Galeries Lafayette de Nice entendent adopter une stratégie spécifique pour la saison hivernale.

La clientèle touristique envisagée est à la fois une population active et une population jeune. De plus, la capitale azuréenne cherche à se hisser au rang des city break d’hiver, à l’instar des villes comme Reykjavik, Varsovie, Venise ou encore Lisbonne. Le city break est une façon de voyager s’appuyant sur un voyage de courte durée (de deux à cinq jours environ) pour une destination en ville.

Déjà des revendications et des oppositions au « surtourisme »

Devant l’entrée de l’Opéra de Nice où avait lieu ce colloque, des militants de tendance écologique n’ont pas hésité à investir l’espace. Ils distribuaient des tracts sur lesquels étaient inscrits : « le business cynique du surtourisme à l’année sur la Côte d’Azur ». En effet, ce projet ne fait pas que des adeptes. Ces militants dénoncent une certaine hypocrisie de la métropole qui criait, quelques jours auparavant « il faut sauver le climat » au Nice Climate Summit. Une métropole qui, ce 5 octobre se félicite de l’augmentation de la fréquentation aérienne…

De plus, d’aucuns s’inquiètent du bien-être des Niçois. Pour eux, une surconsommation, notamment en eau, liée au surtourisme, dégraderait la qualité de vie des locaux. Ils pointent aussi du doigt une inévitable augmentation de la pollution sonore, atmosphérique et visuelle. Cette pollution est régulièrement associée au tourisme de masse. Le maire de Nice, Christian Estrosi se défend et plaisante : « il y a toujours un schtroumpf grincheux ! » Selon ces mots la métropole fait le choix « d’un tourisme choisi et non subi. »

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