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6 juillet 2024

Thomas Delpeuch : « une étape du Tour pour que les amateurs puissent relever le challenge et s’identifier aux professionnels »

Ce samedi 6 juillet aura lieu l’étape du Tour de France entre Nice et la Couillole. Cette course accueillera 14 000 participants dans les mêmes conditions que les champions. L’occasion, pour Nice Premium, d’interviewer Thomas Delpeuch, qui dirige cet événement, sur la logistique et l’organisation.

Dans cinq jours, à Nice, aura lieu le top départ de l’Étape du Tour entre Nice et la Couillole. Née pour donner la chance aux amateurs de parcourir une étape du Tour de France. Une façon, pour eux, de relever le challenge, s’identifier aux professionnels et de vivre l’expérience de se lancer un défi sportif important. Ce samedi 6 juillet, ce sont 138 km que les 14 000 participants devront parcourir. Ainsi que quatre cols avec 4 600m de dénivelés positifs : le col de Braus, de Turini, de la Colmiane et de la Couillole. Pour cette occasion, Thomas Delpeuch, organisateur d’événements chez A.S.O, nous parle de l’organisation et du travail fourni derrière cette course emblématique.

Comment choisissez-vous les villes « étapes » et le parcours ?

« Tous les ans, sur le parcours du Tour qui est tracé et annoncé au mois d’octobre, on choisit une étape. C’est une étape qui correspond aux standards donc ce qui est attendu. Donc le critère sport, c’est-à-dire une course en montagne avec une distance et un dénivelé qui sont entre 130 et 190 km. Et puis trois ou quatre cols. Il y a aussi un critère de logistique puisqu’il faut une étape où le départ n’est pas trop éloigné de l’arrivée. Ou que les liaisons ne soient pas trop compliquées pour qu’on puisse s’installer. Après, il y a une grosse part du choix des collectivités, toutes ne souhaitent pas ou ne sont pas capables d’accueillir un événement amateur supplémentaire. Donc, on sonde les collectivités pour savoir qui peut accueillir et quelles sont les capacités de logement par exemple. »

Comment se déroule la coordination interne ?

« On annonce le lieu une petite année avant. C’est quelque chose d’assez fort, puisqu’aujourd’hui on est capable de prendre 14 000 participants sur l’événement et les places partent en quelques heures. C’est un très gros succès au moment de l’inscription qu’on lance quelques jours après l’annonce du lieu. Malgré une inscription ouverte à tous, il y a toujours un peu de stress à obtenir son dossard à ce moment-là. Il faut être sur le coup, à l’affût des emails qu’on envoie pour avoir la bonne heure d’ouverture des inscriptions. »

La participation est-elle payante ?

« Oui, bien sûr, les participants assurent une partie du budget d’organisation. C’est très différent de l’équation économique que l’épreuve avec des professionnels. Ici, c’est comme un marathon où les personnes payent leur dossard. Ça fait partie du budget de loisir, de sport. Et après, ils doivent aussi voir les offices du tourisme pour leur voyage, les déplacements, les logements. Et si le tour passe moins d’une semaine après, peut-être qu’ils essayent de rester pour faire le doublé. »

C’est ce qui est attendu cette année ?

« Cette année, le tour a été organisé de manière un peu différente. Avec un départ en Italie et une arrivée à Nice. Il arrive dix jours après. Il y aura peut-être deux populations différentes : une pour l’étape et une pour le Tour de France. »

Quelles sont les principales mesures de sécurité mises en place entre les coureurs et le public ?

« L’Étape du Tour, c’est une épreuve amateur avec beaucoup de participants, et par contre, le public est un peu moins important que sur le Tour de France. Ce sont essentiellement les amis, les familles, les riverains ou les personnes qui sont en vacances dans le secteur. Donc, la question du public est beaucoup plus facile à gérer. Par contre, nous, notre grand public, ce sont les participants, vu qu’ils sont plusieurs milliers. Les deux événements sont très différents à ce niveau-là. Notre travail principal, ce sont les participants, leur sécurité sur le parcours. Des choses que l’on gère avec les collectivités, sur les différents passages, gérer l’afflux des spectateurs dans les cols et dans les villes, donner l’information que la circulation sera plus compliquée. Ce sont aussi les moyens médicaux pour prendre en charge ceux qui rencontreront des difficultés et éventuellement chuteront. Des mesures avec des gendarmeries pour bloquer les routes qui sera entièrement réservées aux cyclistes. »

Comment gérez-vous les imprévus ?

« Sur ces événements-là, il y a toujours des imprévus. Notre principal imprévu, c’est la météo. La météo a un impact fort sur la participation de nos cyclistes. Cette météo qu’on ne connaît pas à l’avance, qu’on ne peut pas gérer à l’avance et qu’on va connaître le jour J. S’il fait chaud, s’il se met à pleuvoir ou de l’orage. Puis les conditions de vie en montagne sont plus difficiles à gérer qu’en ville. On peut l’anticiper dans nos méthodes et dans nos fonctionnements, mais on ne peut pas les connaître à l’avance. Une semaine avant, on va avoir une météo qui se stabilise, avec des infos plus fiables et là, on va pouvoir aborder notre imprévu. »

D’autres imprévus sont à prendre en compte ?

« Alors bien sûr, il y a d’autres choses. Par exemple, et on l’a connu à plusieurs reprises, des soucis sur l’infrastructure routière. Il peut y avoir une chaussée qui s’est un peu effondrée, un bloc de rocher qui s’est détaché en montagne, qui a coupé un peu la route ou qui l’a abîmée. Mais il faut faire avec les moyens des collectivités et très vite réparer les infrastructures pour qu’on puisse passer. Il y a aussi des grosses inondations, comme on a pu le voir sur le haut de la Vésubie. Alors, bien sûr, la priorité, ce sont les habitants, les gens qui vivent toute l’année. Mais nous, on se serait aussi posé la question de si on peut toujours passer par ce village. Ça arrive un peu n’importe quand. Ça peut arriver six mois avant l’épreuve, deux semaines avant. On essaie de réagir au mieux avec les autorités, avec les collectivités. Mais ça peut engendrer des changements de parcours. »  

Et le jour J ?

« On a un poste de commandement avec la préfecture, les pompiers, la gendarmerie, la police, les services des routes et avec tous nos moyens logistiques, nos organisations, nos moyens médicaux pour pouvoir réagir. Il peut arriver justement de devoir dépanner un camion. Ça nous est arrivé aussi, un camion qui a lâché du gravier sur la route, donc il a fallu aller balayer cette route pour qu’elle soit praticable. Plein de petites choses qui peuvent arriver le jour. »

Quel est l’impact des élections législatives ?

« Les élections législatives qui interviennent au jour de l’événement. Nous, en tant qu’organisateur d’événements, il n’était pas du tout possible que cet événement puisse perturber les accès aux bureaux de vote. C’est une règle assez importante en France. On essaie de caler nos événements en dehors des élections. Donc là ça nous est arrivé un peu tard, mais la seule solution était de déplacer l’événement la veille pour qu’il ait lieu. C’était la meilleure solution pour tout le monde, pour l’organisation, pour les participants, pour les collectivités, pour les autorités. Certains participants ont dû décaler leur venue, trouver une nuit d’hébergement supplémentaire, changer un billet de train, donc bien sûr, quelques-uns n’arriveront pas à venir. Mais l’essentiel, c’est que des gens ont réussi à faire l’effort, à s’adapter. »

Combien de temps à l’avance commencez-vous à préparer l’étape du tour ?

« Alors, sur le Tour de France, mes collègues travaillent plus en amont encore. Pendant six à huit mois avant l’annonce, donc plus d’un an et demi avant le Tour de France. Ils sont sur des repérages, la finalisation des tracés. Pour le Tour de France 2024, il y a eu plusieurs semaines, plusieurs mois de reconnaissance et de discussion avec les collectivités. C’est un travail de longue haleine. »

Vous travaillez beaucoup avec l’organisation du Tour de France ?

« C’est ça. Et c’est ce qui va se passer dans quelques mois. On va avoir des échanges avec eux vers fin août ou début septembre pour parler du parcours finalisé du Tour de France 2025 et donc quelle va être l’étape qui accueillera l’Étape du Tour 2025. On en présélectionne trois ou quatre, et on va voir celle qui sera le support de l’étape amateur. »

Il s’agit de la 32e édition, qu’est-ce que vous souhaitez apporter de plus par rapport aux années précédentes et comment ?

« C’est la première fois qu’on est dans l’arrière-pays niçois. On n’est jamais venu dans ce secteur-là, très proche entre la mer et la montagne. D’habitude, on est dans les vallées, au cœur des Pyrénées, donc là, c’est la grosse nouveauté. On a cette physionomie avec des petits virages et puis des ravins assez impressionnants avec une végétation du sud. Ce sont des paysages qui ont changé sur l’aspect itinérant de cette épreuve. C’est intéressant de faire découvrir des paysages et des régions différentes à nos participants. »

Après la réalisation de l’étape, quels sont les aspects que vous considérez le plus et que vous souhaiteriez améliorer ?

« Pour améliorer les épreuves, on se base sur ce qu’on a pu livrer et délivrer comme expérience aux participants. Juste après l’événement, on fait toujours une enquête auprès de nos participants pour savoir ce qu’ils ont apprécié, ce qu’ils ont moins apprécié. Et on essaye de s’améliorer avec les remarques. C’est quelque chose d’important et d’essentiel. C’est l’expérience des gens qui viennent nous rejoindre, ils viennent vivre une journée sensationnelle. Et on fait en sorte que ce soit une journée parfaite pour eux, une journée où ils ont plein d’émotions sur le vélo, où ils ont un moment sportif intense, où ils ont une organisation qui leur facilite l’appréciation de cette journée. »

Vous êtes beaucoup à gérer le déroulement de l’Étape du Tour ?

« Ce n’est pas la même équipe qui gère l’étape et le Tour. Nos collègues sont actuellement en Italie pour le départ et nous, on commence à s’installer à Nice pour l’étape du Tour. On a un timing différent. Quand on parle de définir l’épreuve au mois de septembre, il y a quelques personnes qui sont sur le dossier. Et puis au fil des mois, il y a des spécialistes de la logistique qui rentrent sur le dossier, puis des spécialistes de la communication et des médias. Un peu tous les domaines d’activité, tous les métiers de l’événementiel qui se greffent au projet pour arriver à une cinquantaine de personnes sur place. Plus il y a des prestataires qui sont importants. Plus la collaboration avec les collectivités… »

Les sponsors que vous avez, ce sont exactement les mêmes que ceux du Tour de France ? Quelles sont leurs contributions ?

« Par exemple, la marque de maillot Santini qui fait le maillot du Tour de France propose également un maillot souvenir pour l’étape. Donc à chaque fois, il y a la déclinaison de tout cet univers du Tour de France sur l’étape du Tour. On essaie de plonger tous nos participants dans une ambiance Tour de France, qui fait rêver à la télé et sur le bord des routes. »

L’Étape du tour est gratuite pour le public. Durant les deux jours qui précèdent la course, un village sera ouvert à tous et gratuit. L’épreuve a lieu le samedi 6 juillet. Le village sera ouvert ce jeudi et le vendredi, au jardin d’Albert 1er, à Nice.  

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