La Critical Mass niçoise avait réuni plus de deux cents cyclistes le vendredi 25 septembre. Partis de Rauba Capeu, les participants avaient déambulé dans les rues niçoises dans une ambiance festive. Derrière cet espace de convivialité, les adeptes de la mobilité douce n’avaient pas hésité à manifester leurs revendications.
Sous le cadran solaire du quai Rauba Capeu, plus de deux cents cyclistes s’étaient réunis le vendredi 25 septembre pour participer à la Critical Mass. Dès 19h30, le cortège s’était élancé dans les rues de Nice pour y déambuler dans une ambiance festive.
Au cours de cette traversée d’une heure et demie le groupe s’était séparée en deux : la première partie s’était dirigé vers le 109 et le lycée Apollinaire, tandis qu’une trentaine de cyclistes avaient pris la direction de la plage du Castel pour y faire la fête.
Rouler ensemble pour prendre sa place
Chaque dernier vendredi du mois, les participants de l’évènement « Vélorution » niçois se retrouvaient devant le mythique I Love Nice. Les participants niçois faisaient entendre pacifiquement leurs revendications, fidèles aux principes fondateurs des créateurs du mouvement à San Francisco dans les années 1990.
La Critical Mass niçoise reposait sur une absence délibérée de hiérarchie et de parcours établi. Tout se décidait sur place, au moment même. Avant le signal de départ, l’un des participants se dévouait pour rappeler les règles de l’événement. Dans son mégaphone, Pierre* rappelait à tous « que le groupe reste le plus compact possible […] en bloquant les carrefours pour laisser passer l’ensemble de la colonne. »
Le but de la Critical Mass était de former une masse critique et donc de se protéger mutuellement grâce à la densité du nombre de participants. Camille*, jeune diplômée de 24 ans accompagnée de son père, avait confirmé ce sentiment de sécurité apporté par le groupe. Pour elle, « c’est chouette de prendre de l’espace en tant que cycliste, en groupe, on se sent mieux plutôt que d’être tout seul sur la route avec les voitures. »



Faire masse pour faire bouger Nice
Derrière cette autogestion festive et conviviale, de nombreux Niçois étaient venus avec leurs pancartes pour défendre leurs idées. Simon, participant assidu qui équipait son vélo d’une machine à bulles et d’une enceinte, soulignait cette dimension horizontale de l’événement. « Il n’y a pas de leader, c’est un endroit où chacun apporte son truc ! » Sans voix principale, tous s’accordaient pour dénoncer les lacunes des infrastructures cyclables locales et les incivilités du quotidien auxquelles ils avaient eu à faire face.
La transformation du paysage urbain de Nice était également défendue par Thibault, figure des mouvements associatifs niçois âgé de 63 ans, qui souhaitait « changer la philosophie de la ville. Au lieu d’avoir une ville entièrement automobile, ce serait d’avoir une ville mobile à vélo. Il précisait qu’une voiture pour une personne avec trois sièges libres, sur une place de voiture, il est possible de mettre six vélos ! »
Au-delà des revendications propres à chacun, la Critical Mass niçoise représentait pour eux le moyen de penser qu’un autre monde était possible. Face aux enjeux climatiques, « on plaide pour une véritable transition : on a construit nos sociétés sur le modèle de la voiture, les limites planétaires nous démontrent que ce n’était plus viable […] on doit massivement développer les transports en commun et les vélos ! », avait précisé Sofiane*, professeur de sciences économiques et sociales âgé de 27 ans.
La soirée s’était achevée dans la convivialité pour chacun des deux groupes. Celui présent sur la plage avait, quant à lui, continué l’événement par un DJ-set improvisé sur platines, scellant pour eux cette édition record.
La prochaine Critical Mass aura lieu le vendredi 30 octobre.




*Identités modifiées pour préserver l’anonymat
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