Portée par la CCI Nice Côte d’Azur, la « Mission Carb Zéro » a pour objectif d’accompagner les TPE et PME vers une réduction de leur pollution. Pour ce faire, la plateforme L.I.S.E. a été créée et permet aux entreprises de dresser un bilan de leurs émissions actuelles, puis de trouver les solutions pour y remédier. Un modèle qui semble faire ses preuves.
Au cœur d’une période durant laquelle les enjeux climatiques sont primordiaux, de nombreux acteurs se mobilisent pour changer certaines vieilles habitudes qui endommagent notre planète. C’est le cas de la « Mission Carb Zéro », qui vise, depuis trois ans, à accompagner les PME françaises et italiennes dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
À Nice, ce mardi matin, au cœur de la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie), les acteurs et bénéficiaires de ce projet étaient donc réunis pour un retour d’expérience sur les actions mises en œuvre ainsi que les premiers résultats et les retombées observées.
Le projet s’est construit autour d’une conviction simple : les entreprises de taille plus modeste souhaitent agir sur leurs émissions de CO2, mais elles disposent rarement des ressources suffisantes ou des compétences adaptées pour engager ces démarches.
Pour y remédier, « Mission Carb Zéro » s’est appuyée sur quatre secteurs économiques représentatifs du territoire transfrontalier : les secteurs « Parfums et Arômes » et « Montagne » pilotés par les partenaires français, et les secteurs « Agroalimentaire » et « Mécatronique » gérés par les partenaires italiens.
L’objectif concret était d’accompagner les entreprises volontaires dans ces secteurs d’activité, à identifier leurs émissions de gaz à effets de serre, puis à trouver des solutions pour les réduire.
Selon Daniele Casetta, directeur de la CCI de Cuneo, en Italie, « la force de ce projet, c’est qu’il a uni les meilleures pratiques françaises et italiennes. En France, vous êtes plus analytiques et très précis. En Italie, nous sommes moins ciblés, mais nous agissons rapidement pour faire évoluer les choses. Ce projet doit continuer, les frontières ne peuvent pas séparer les objectifs. »
Une plateforme au cœur du projet, le modèle L.I.S.E.
Pour parvenir à changer les habitudes des PME, il fallait créer un outil capable d’identifier, pour chaque secteur d’activité, quels étaient les pôles au sein de l’entreprise qui polluaient le plus, et proposer des solutions alternatives.
C’est la plateforme L.I.S.E. (Limitez vos Impacts et Suivez vos Emissions), créée par la CCI Savoie avec le soutien des CCI Nice Côte d’Azur et du Piémont, qui a été imaginée pour répondre à cette problématique. En plus de cette plateforme, un accompagnement global sur plusieurs mois est proposé. Un chargé d’étude qualifié vient aider les PME dans les différentes phases de la transition.
Concrètement, le suivi se fait en trois étapes. La première, c’est la phase de diagnostic, durant laquelle la PME et le chargé d’étude font les constats de tous les pôles responsables des émissions de gaz à effets de serre.
La seconde partie du processus est liée à l’utilisation de l’outil. Après avoir été collectées, les données liées à l’entreprise sont rentrées dans le modèle L.I.S.E., le total des émissions de CO2 apparaît, et le classement des pôles les plus émetteurs est établi. Selon les secteurs d’activités, les résultats peuvent être très différents. Certaines entreprises constatent que le matériel utilisé est en majeur partie responsable, d’autres réalisent que les moyens de transports utilisés pour les marchandises sont trop polluants, etc.
Enfin, un plan d’action concret est créé et les entreprises peuvent enclencher les démarches de décarbonation.
Un exemple concret : l’entreprise Michel Monin
Située en Savoie, Michel Monin est une structure qui vend du mobilier d’extérieur en bois. Créée en 1955, cette entreprise a de fortes valeurs environnementales et possède plusieurs certifications (PEFC, Bois des Alpes).
Pour continuer à préserver la nature, son dirigeant, Sébastien Bochet, a fait appel au modèle L.I.S.E. pour entamer une démarche de décarbonation. Après diagnostic, il s’est aperçu que les plus grosses émissions de CO2 liées à son entreprise venaient du fret, c’est-à-dire de la location de camions pour le transport du bois.
Maintenant au courant de ce qu’il doit améliorer dans son entreprise, le directeur général de Michel Monin a pu mettre en place la stratégie de décarbonation adéquate. Aujourd’hui, il travaille avec des fournisseurs locaux, il a amélioré le matériel lié aux dépenses énergétiques, il valorise les déchets de bois, il sensibilise les salariés au covoiturage, il essaye d’utiliser des véhicules moins polluants pour le transport, etc.
« Pour vous donner un exemple, on est à 3 km de la gare, donc on est un peu en pleine campagne. Quand on a des collaborateurs en visite, on leur propose systématiquement de venir les chercher en voiture à la gare, comme ça, ils prennent le train et ne font pas tout le trajet en voiture. Ça permet en plus d’apprendre à se connaître avant qu’ils arrivent » a déclaré le chef d’entreprise savoyard.
Aujourd’hui, Sébastien Bochet est heureux d’avoir fait cette démarche : « je suis très satisfait de connaître mes émissions et de pouvoir me projeter. C’est un gros avantage sur les concurrents qui peut justifier un écart de prix sur nos produits. »
Même ressenti pour Sophie Gogot, qui travaille à Grasse pour l’entreprise de parfum BLH, « la force de notre entreprise, c’était de pouvoir être hyper réactifs sur les livraisons, mais on s’est rendu compte que c’était au détriment de l’environnement, puisque nos camions roulaient parfois presque à vide. Maintenant, on préfère remplir vraiment les camions, et livrer plutôt deux fois par semaine au lieu de le faire tous les jours. »
Ayant obtenu une certification européenne par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) qui atteste de sa méthode, la plateforme L.I.S.E. continuera à être disponible pendant les prochaines années. L’objectif maintenant est de développer l’accompagnement à d’autres secteurs d’activité, en France comme en Italie.
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