Dans son atelier, l’artiste peintre niçoise Léa Vandeveld transforme un siège du stade en œuvre d’art, dans le cadre d’une vente aux enchères caritative au profit du Fonds de Dotation de l’OGC Nice. Une créatrice qui a fait du recyclage sa signature.
Léa Vandeveld a le pinceau à la main quand on pousse la porte. Devant elle, un objet qu’elle n’a encore jamais eu l’occasion de peindre : un siège de l’Allianz Riviera venu d’une tribune du stade de l’OGC Nice.
Vingt-quatre exemplaires ont été confiés à des artistes du collectif WholeStreet, à l’origine de la personnalisation du stade la saison précédente. L’objectif étant de leur donner une seconde vie avant qu’ils ne partent aux enchères, hier, le 23 septembre 2026, au profit du Fonds de Dotation du club. La soirée a été l’occasion de récolter au total pas moins de 90 918 €.
Pour l’artiste de 29 ans, installée à Nice depuis dix ans, le projet résonne avec sa pratique. En effet, récupérer un objet du quotidien, usagé, pour lui offrir une nouvelle existence artistique c’est sa manière de créer. “Je récupère des choses usagées et je leur donne une seconde vie en créant une œuvre d’art. C’est exactement ce qu’on est en train de faire”, confie-t-elle.
Léa Vandeveld s’est de fait connaître pour ses toiles réalisées au maquillage. Rouge à lèvres, mascara et fards à paupières travaillés puis fixés pour devenir permanents.
Une technique qu’elle pratique depuis l’âge de 14 ans et qu’elle a envisagée pour ce siège, avant d’y renoncer, la matière grasse du maquillage se prêtant mal à ce support. Elle y déploie donc son autre univers, celui de l’acrylique.
Un travail d’équipe qui “challenge énormément”
Habituée à peindre sur toile, l’artiste a dû réinventer ses gestes pour ce support. “C’est quelque chose de nouveau pour moi, une autre manière de créer, dans les gestes, dans la compréhension de mon support”, explique-t-elle.
Elle raconte être passée par plusieurs étapes, de l’hésitation au lâcher prise, avant de s’affirmer dans son style. Un visage, sa signature picturale, viendra habiller la création, entouré de mouvements et de couleurs pensés comme une ode à la liberté et au collectif “un écho à l’esprit d’équipe du football.”

De Bali à Nice, une touche Picasso
Enfant, on la surnommait déjà “la petite Picasso”. Née à Paris, Léa Vandeveld a grandi à Bali, où elle a été formée par son mentor en peinture, avant de s’arrimer à Nice il y a dix ans.
Une ville qui, selon elle, lui a apporté “une légèreté”, par le rythme de vie azuréen et par la vie artistique et sportive.
Au-delà de l’aspect artistique, l’artiste met en avant sa volonté d’associer chaque exposition à une cause. Elle a déjà ainsi reversé les fonds de ventes d’œuvres au secours populaire, au Crédit Municipal, à la SPA ou encore au téléthon.
Vers une marque de cosmétiques
Autodidacte revendiquée, Léa Vandeveld dit avoir toujours créé “sans limite, sans règles”. Après des collaborations avec plusieurs grandes marques de maquillage, elle espère désormais nouer un partenariat de fond avec une marque prête à porter, avec elle, une démarche artistique et écoresponsable dans un secteur cosmétique qu’elle juge marqué par le gaspillage.
L’artiste ambitionne aussi de s’attaquer à de très grands formats, jusqu’à trois mètres, et de poursuivre son rayonnement international, elle qui a déjà exposé à Dubaï, en Indonésie et à New York.

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