Le Nissa Rugby se retrouve brutalement sans direction après les démissions simultanées de Jean‑Baptiste Aldigé et Patrice Prévot. Une rupture inattendue qui vient fragiliser la montée en Pro D2 et remet en cause l’avenir du projet niçois.
C’est une annonce pour le moins inattendue ! Ce vendredi 17 juillet, lors de l’assemblée générale, le président de la SASP, Jean‑Baptiste Aldigé, et le président de l’association, Patrice Prévot, ont annoncé leur départ de la direction de Nissa Rugby. Une annonce soudaine, d’autant plus marquante que le club venait d’atteindre tous ses objectifs : montée en Pro D2, structuration du secteur professionnel, recrutement solide et dynamique locale retrouvée.
Cette décision crée un choc dans l’environnement du rugby niçois. Les deux dirigeants expliquent : « Cette décision, mûrement réfléchie, s’impose à nous au regard d’un constat simple : les conditions qui avaient motivé nos engagements ne sont aujourd’hui malheureusement plus réunies pour permettre au club de poursuivre sereinement son développement et de franchir les étapes qu’exige son ambition. »
Un projet stoppé malgré une accession historique et un recrutement structuré
Le départ simultané des deux présidents intervient dans un contexte de tensions autour du stade Marcel‑Volot. Le projet de rénovation et d’agrandissement, validé sous la précédente municipalité, ne progresserait plus depuis le changement de direction à la mairie. La ville a également mis fin à plusieurs engagements sportifs, ce qui fragilise l’environnement du club. Pourtant, des garanties avaient été présentés ces dernières semaines à l’occasion de la soirée organisée à la Villa Masséna pour fêter le retour du club en Pro D2. Charles-Ange Ginésy, avait confirmé l’engagement du département des Alpes-Maritimes : « On sera là, on l’a été en 2024, on a maintenu en 2025 (…) comptez sur le président du département que je suis, comptez sur le président de la commission des finances qu’est Eric Ciotti également au département pour militer et faire en sorte que les crédits arrivent. » Le nouveau maire de Nice allait également dans ce sens : « Ce que nous avons perdu de futile pendant quinze jours (les Jeux olympiques, N.D.L.R), nous allons le bâtir pour des générations entières. Je m’y engage ce soir. » Pour l’heure difficile de croire que le problème ne vienne uniquement de l’aspect politique.
Cette situation crée un doute profond sur la capacité de Nissa Rugby à s’inscrire durablement dans le championnat. Les deux dirigeants précisent : « Il est de notre responsabilité de ne pas entretenir d’illusions sur les perspectives du projet dans son contexte actuel et de ne pas fausser les championnats de la LNR et de la FFR. »
Les deux présidents concluent : « Nous quittons nos fonctions avec un profond regret, celui de ne pas avoir pu conduire jusqu’à son terme le projet que nous portions, malgré une accession historique en Pro D2 qui témoigne du potentiel exceptionnel de notre club et de l’engouement généré au niveau local comme national. »
Un timing surprenant
Cette rupture intervient alors que l’effectif venait d’être consolidé. Le club avait confirmé onze prolongations de contrat, signe d’une volonté de stabiliser le groupe qui avait obtenu l’accession. Enzo Labadie, Thibaud Rey, Joel Kpoku, Farai Muradiki, Bastien Berenguel, Léo Chauvin et Hugo Sarrasin avaient prolongé dans le secteur des avants. Inoke Nalaga, Tyler Morgan, Baptiste Lafond et Clément Egiziano avaient fait de même chez les trois‑quarts. Le recrutement avançait aussi avec l’arrivée de joueurs expérimentés, dont Francis Saili, centre néo‑zélandais passé par Biarritz, le Racing 92 et Vannes.
Cette dynamique sportive semblait confirmer la solidité du projet niçois, renforcée par les choix assumés des joueurs. Jean‑Baptiste Aldigé l’avait rappelé au lendemain de la montée : « Ils ont pris le risque, ils ont pris la folie de rejoindre ce beau projet. Vous avez gagné sur le terrain le droit de disputer la Promenade l’année prochaine. »
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