Cinq nouveaux scarabées japonais ont été détectés à Mougins, portant à sept le nombre de spécimens identifiés dans les Alpes-Maritimes. Classé comme organisme de quarantaine prioritaire en Europe, cet insecte représente une menace pour les cultures et les espaces verts en raison de sa capacité à s’attaquer à plus de 300 espèces végétales.
La vigilance monte d’un cran dans les Alpes-Maritimes. La préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a annoncé, mardi 28 juillet, la détection de cinq nouveaux scarabées japonais à Mougins. Ces captures portent à sept le nombre d’insectes identifiés dans le département depuis le renforcement de la surveillance engagé après une première détection à Cannes en juin dernier. Des spécimens avaient également été découverts dans le Bas-Rhin.
L’identification des nouveaux insectes a été confirmée par le laboratoire national de référence de l’ANSES. À la suite de cette confirmation, la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) a renforcé son dispositif. Des pièges supplémentaires ont été installés et des prospections intensives sont en cours. Cette surveillance sera maintenue dans les prochaines semaines afin « d’évaluer précisément la situation phytosanitaire et détecter rapidement toute évolution. »
Un insecte capable de menacer plus de 300 espèces végétales
Le scarabée japonais (Popillia japonica) n’est pas un simple coléoptère. Originaire d’Asie, cet insecte est classé comme organisme de quarantaine prioritaire par la réglementation européenne. Une telle classification s’explique par les conséquences potentielles sur l’agriculture et les espaces verts.
La dangerosité du scarabée japonais repose sur son régime alimentaire particulièrement étendu. Plus de 300 espèces végétales peuvent être attaquées. La vigne, les arbres fruitiers, les petits fruits, le maïs, les gazons ainsi que de nombreuses plantes ornementales figurent parmi les végétaux les plus exposés. Une prolifération de l’espèce pourrait provoquer d’importants dégâts sur les cultures, les jardins et certains espaces naturels.
Déjà installé en Italie depuis 2014 puis en Suisse depuis 2017, le scarabée japonais a été détecté pour la première fois en France en 2025. Depuis, les autorités multiplient les contrôles afin d’empêcher son implantation durable sur le territoire.
Le risque ne tient pas uniquement aux dégâts causés sur les végétaux. La capacité de dispersion de l’insecte représente également une source d’inquiétude. Surnommé « auto-stoppeur », le scarabée japonais voyage facilement dans les véhicules, les marchandises, les bagages, les végétaux ou différents objets. Cette faculté favorise une propagation rapide sur de longues distances.
Pour limiter cette expansion, la DRAAF déploie depuis 2021 un réseau de surveillance renforcée le long des principaux axes routiers, ferroviaires et aéroportuaires reliant la région à l’Italie. Des pièges sont également installés à proximité de secteurs considérés comme sensibles, notamment les plateformes logistiques, les campings, les golfs et certaines zones naturelles. Les nouvelles détections enregistrées à Mougins ont conduit au renforcement immédiat de ce dispositif.
Les autorités appellent également les habitants à participer à cette surveillance. Le scarabée japonais peut être confondu avec le hanneton horticole, mais certains critères permettent de le reconnaître. L’insecte mesure moins qu’une pièce d’un centime d’euro et présente des touffes de soies blanches bien visibles sur les côtés de l’abdomen. Toute personne pensant avoir observé un spécimen est invitée à prendre une photographie et à adresser un courriel à la DRAAF Provence-Alpes-Côte d’Azur en mentionnant « Signalement Popillia » ainsi que le lieu précis de l’observation. L’objectif reste d’identifier rapidement toute nouvelle présence afin d’éviter l’installation durable de ce ravageur dans les Alpes-Maritimes.
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