Entre concurrence, candidatures sans réponse et offres limitées, les étudiants niçois peinent parfois à décrocher leur alternance. Dans l’audiovisuel, la communication ou le digital, certains multiplient les démarches pour trouver une entreprise.
Anthony Mearelli, étudiant en audiovisuel au sein de Studio M, à Nice, en fait directement l’expérience. Depuis le mois de février, il estime avoir effectué entre 60 et 70 démarches auprès d’entreprises. Mails, candidatures spontanées, prospection en personne, recommandations ou encore appels téléphoniques : le jeune homme a essayé différentes méthodes pour trouver son alternance.
Parmi toutes ces sollicitations, il affirme n’avoir obtenu qu’une petite dizaine de réponses et seulement trois entretiens, qui se sont tous soldés par un refus.
Face à cette succession de réponses négatives, sa recherche s’est progressivement élargie. D’abord à la recherche d’opportunités dans les productions cinématographiques et publicitaires, notamment à Nice et à Paris, Anthony a ensuite multiplié les pistes : restauration, communication, community management, jusqu’à accepter des missions éloignées de son projet initial. « Je prends tout », résume-t-il, tout en continuant à privilégier les métiers du cinéma et de la publicité.
Des étudiants toujours plus nombreux face à des offres limitées
Pour Pierre Brosseau, dirigeant d’une agence digitale basée à Monaco, cette difficulté s’explique notamment par l’attractivité de la Côte d’Azur. La région attire de nombreux jeunes, particulièrement dans des domaines comme le digital, le marketing et l’audiovisuel, des secteurs qui attirent de plus en plus d’étudiants.
Selon lui, le problème tient aussi au décalage entre le nombre de candidats et les besoins réels des entreprises. Certaines structures privilégieraient des profils déjà expérimentés plutôt que de consacrer du temps à la formation d’un jeune en début de parcours. « On va prendre directement des gens qui ont de l’expérience », explique-t-il pour décrire cette logique.
Le constat rejoint celui d’Anthony, qui évoque un autre déséquilibre : le nombre important d’étudiants formés dans les écoles d’audiovisuel et de communication par rapport aux emplois disponibles.
Cette concurrence est particulièrement visible dans les métiers liés aux réseaux sociaux, où les entreprises peuvent désormais produire elles-mêmes une partie de leurs contenus grâce à des outils relativement accessibles.
Le coût de l’alternance, un frein qui ne convainc pas tous les employeurs
Autre difficulté relevée par Anthony : les dispositifs d’aide à l’embauche d’un alternant seraient parfois méconnus des entreprises qu’il contacte. Il explique avoir régulièrement dû leur présenter lui-même les aides auxquelles elles pouvaient prétendre. Selon lui, cette méconnaissance peut constituer un frein supplémentaire au recrutement.
Pierre Brosseau, de son côté, ne considère pas le coût de l’alternance comme un obstacle majeur pour son agence. Il rappelle que des aides publiques peuvent participer à réduire la dépense pour les entreprises et considère le recrutement d’un jeune comme un investissement dans sa progression, au-delà du seul retour économique.
Dans son agence, l’alternance présente également un avantage très concret : la disponibilité. Un étudiant présent en entreprise une grande partie du mois permet notamment d’accélérer les tournages et les montages et d’augmenter la capacité de production de l’équipe.
Cibler ses demandes
Alors que les étudiants peuvent être tentés d’envoyer des dizaines, voire des centaines de candidatures, Pierre Brosseau défend une autre approche. Plutôt que de multiplier les demandes sans véritable ciblage, il conseille de sélectionner quelques entreprises correspondant réellement au projet professionnel et de construire une démarche plus personnalisée.
Il estime qu’il serait plus pertinent de cibler « trois ou quatre options très solides » et de montrer à ces entreprises une réelle envie de les rejoindre. Une stratégie qui permettrait, selon lui, d’éviter l’accumulation de refus et la démotivation qui peut en découler.
Pour les étudiants niçois, la recherche d’une alternance ne se résume donc pas à envoyer un CV. Elle implique parfois d’élargir considérablement ses critères, de démarcher directement les entreprises et de composer avec un marché très concurrentiel.
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