Après les affrontements survenus dans le centre-ville de Nice samedi 24 octobre, la FACE06, l’association Tous Citoyens et le PCF06 ont condamné les violences commises contre des manifestants. Les organisations dénoncent les agressions attribuées à des militants d’ultra-droite et s’interrogent sur les conditions du maintien de l’ordre.
La mobilisation organisée à Nice samedi 24 octobre a donné lieu à des interventions des CRS, à des tirs de gaz lacrymogène et à plusieurs utilisations de canons à eau. En fin de journée, des affrontements ont opposé des manifestants à des militants d’ultra-droite dans le centre-ville, notamment dans les secteurs de l’Hôtel des Postes et de la rue Alberti.
Le bilan des interpellations a évolué au cours de la journée. Les premiers chiffres communiqués faisaient état de 61 personnes interpellées, dont 11 membres de l’ultra-droite. La ville de Nice a ensuite annoncé 63 interpellations et 56 placements en garde à vue. Deux policiers ont été blessés, tandis que le bilan municipal fait état de trois blessés légers.
Au lendemain des événements, plusieurs organisations ont réagi. La FACE06, l’association Tous Citoyens et le Parti communiste français des Alpes-Maritimes condamnent les violences, tout en mettant en cause, à des degrés différents, la gestion de la mobilisation et les réponses apportées par les pouvoirs publics.
La FACE06 rappelle les revendications de la jeunesse
La Fédération des associations et corporations étudiantes des Alpes-Maritimes (FACE06) condamne les violences commises contre les manifestants et réaffirme son soutien aux revendications des lycéens et des étudiants.
L’organisation estime que les affrontements ne doivent pas occulter les motifs de la mobilisation. La FACE06 déplore notamment que le traitement médiatique se concentre sur les débordements, au risque de reléguer les demandes des jeunes au second plan.
Dans sa déclaration, la fédération rappelle son attachement au droit de manifester pacifiquement et à la liberté d’expression. Elle souligne que les participants doivent pouvoir faire entendre leurs préoccupations sans craindre les agressions ou les intimidations.
Sur le fond, l’association étudiante maintient ses demandes concernant les conditions d’études et la précarité étudiante. L’organisation réclame davantage de moyens humains dans les établissements, le remplacement des personnels absents et des infrastructures adaptées aux besoins des élèves et des étudiants.
L’accès au logement, à une alimentation suffisante, aux soins et aux aides sociales figure également parmi les priorités avancées. La fédération demande notamment une revalorisation des bourses et des dispositifs financiers mieux adaptés au coût de la vie.
La FACE06 appelle enfin à un dialogue avec les lycéens et les étudiants, accompagné d’engagements précis et d’un suivi des décisions prises par les pouvoirs publics. A ce propos, une réunion est prévue cet après-midi entre les syndicats étudiants et le Premier ministre.
Tous Citoyens met en cause le dispositif policier
L’association Tous Citoyens critique la gestion du maintien de l’ordre par le préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, et le maire de Nice, Éric Ciotti. Elle leur reproche d’avoir privilégié la répression contre les manifestants mobilisés pour des revendications sociales, tout en laissant, selon son analyse, des militants d’extrême droite agir dans le centre-ville.
L’association décrit un groupe de 70 à 80 individus vêtus de noir, souvent cagoulés, portant des brassards blancs et réunis derrière une banderole « Touche pas à ma ville. » Tous Citoyens porté par la voix de David Nakache affirme que « ce deux poids, deux mesures est inacceptable. » Elle demande des explications sur les conditions dans lesquelles ces affrontements ont pu se produire malgré l’importance des effectifs déployés.
Tous Citoyens réclame une totale transparence sur le déroulement des événements, des poursuites contre les auteurs des violences et la dissolution des groupuscules d’extrême droite violents.
Le PCF06 dénonce la banalisation de l’extrême droite
Julien Picot, secrétaire départemental du PCF06, a également condamné les agressions survenues à Nice. Le responsable communiste met en cause les discours politiques qui, selon lui, contribuent à banaliser les idées d’extrême droite et à légitimer les violences.
Dans sa déclaration, Julien Picot établit un lien entre ces tensions et la progression de la colère sociale. Le PCF06 défend une réponse fondée sur la justice sociale, avec une augmentation des salaires et des pensions, un renforcement des services publics et un meilleur partage des richesses.
Le responsable politique rejette la répression comme réponse aux revendications sociales et appelle à préserver les libertés publiques et la démocratie.
La municipalité met en avant l’absence de dégradations
De son côté, la municipalité défend le dispositif de sécurité déployé samedi. Une semaine après les violences et les pillages du 17 octobre, la ville de Nice affirme que les mesures prises ont permis de protéger les commerces et les équipements publics. Aucun commerce n’aurait été dégradé et aucune dégradation des équipements publics n’aurait été constatée.
La municipalité indique que 310 agents de la police municipale et 450 policiers nationaux et gendarmes ont été mobilisés, avec le concours des CRS et du RAID.
Éric Ciotti a toutefois condamné les agressions commises en fin de journée contre des manifestants par des militants d’ultra-droite. Le maire a indiqué que les auteurs devraient répondre de leurs actes devant la justice.
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