La Fédération du Parti communiste français (PCF) des Alpes-Maritimes rouvre sa permanence historique au public et dresse un premier bilan positif de son retour dans les instances de la vie locale, trois mois après les élections municipales.
De retour au conseil municipal après douze années d’anathème, la Fédération PCF 06 a rouvert, le samedi 6 juin, sa permanence niçoise historique située au 2 place Saint-Roch. La permanence du PCF rouvrira entièrement au public à partir du mercredi 17 juin. L’élu communiste d’opposition Julien Picot y sera présent tous les mercredis et les samedis afin de « retrouver un lien direct avec les niçoises et les niçois et d’entendre leurs besoins. »
Julien Picot : « Mieux représenter et satisfaire les besoins des citoyens »
En ligne avec une approche qui remet les niçois au centre, la permanence se veut être un nouveau point de chute pour les habitants du quartier. Pensée comme une véritable courroie de transmission de la démocratie citoyenne, elle représentera le gage d’un engagement fort et de proximité au service du citoyen. Loin d’être une « vitrine », la permanence devrait permettre de faire entendre « la voix du peuple » selon Julien Picot.
En marge de cette réouverture, le nouvel élu communiste a pour ambition de se faire le relais de la parole citoyenne auprès des instances locales, afin de « mieux représenter et satisfaire les besoins des citoyens ». Son action devrait se matérialiser par la prise en charge de quelques dossiers au sein de la permanence : « on prendra des dossiers pour les porter et les défendre. Là-bas [à la mairie, ndlr], les dossiers vont rester empilés » poursuit-il.
Concrètement, le lieu aura vocation à servir la « défense des services publics locaux », en favorisant par exemple l’accès aux crèches ou en s’opposant à la fermeture de classes, comme c’est le cas dans quelques écoles du quartier.
Les échanges et les informations recueillies au sein de la permanence devraient donc nourrir le travail et les interventions de l’opposition, au sein du conseil municipal particulièrement. En plus de faire « remonter les besoins », l’élu entend partager ce qu’il se dira en conseil municipal afin de contribuer à une forme de démocratie plus directe.
La présence historique du PCF à Saint-Roch
La présence de la permanence du PCF 06 a une portée symbolique dans ce quartier de Nice, figurant parmi les plus peuplés de la ville. Le choix de rouvrir Saint-Roch n’est pas anodin : le quartier a longtemps été une véritable place communiste, et est aujourd’hui « laissé aux mains d’Eric Ciotti, qui en a fait un QG pendant sa campagne. On veut reprendre nos habitudes dans ce quartier », annonce Julien Picot.
La Fédération PCF 06 a dressé un premier bilan positif après seulement trois mois de mandat. Dans un communiqué de presse en date du 15 juin, la Fédération s’enorgueillit de plusieurs « avancées obtenues au sein des institutions locales » depuis l’élection de Julien Picot ainsi que de trois autres colistiers de la gauche au conseil municipal en mars 2026.
Tout d’abord, « l’élection à la présidence de la Commission des finances de la Ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur », de Julien Picot, directeur des finances publiques de la commune de Drap pendant plus de quinze ans. L’une des premières décisions qui a réjoui le parti autant que son élu : « je connais tout cela sur le bout des doigts », confie-t-il.
D’autres ont suivi. A l’instar d’une mesure validant le projet de statue en hommage au résistant communiste niçois Max Barel, de « l’extension de la gratuité des transports » pour les salariés des hôpitaux du CHU de Nice, ou encore de « l’adoption d’un voeu en faveur d’une plus grande justice fiscale » en réparant la baisse de la taxe foncière pour les résidences secondaires provoquée par la baisse de l’impôt par le maire. Autant de décisions ayant satisfait les rangs du PCF dans le département, absent jusqu’alors. A l’aune de cette présence renouvelée, la réouverture de la permanence du parti prend tout son sens.
Le calme avant la tempête ?
La gauche niçoise a le vent en poupe depuis le maintien de la liste écologiste au second tour des élections municipales de mars 2026. Fort de ses premiers exploits en conseil municipal et métropolitain, le groupe d’opposition mené par Juliette Chesnel-Le Roux (EELV), Patrick Allemand (PS) et Julien Picot (PCF) compte profiter de cette période d’embellie pour faire passer des mesures fortes.
Un succès qui risque de ne durer qu’un temps selon l’élu communiste : « Eric Ciotti veut se redonner une image de démocrate, et on va en profiter. Pour l’instant cela fonctionne, notre parole et notre action portent leurs fruits. Tout ce qui est acquis est une avancée sociale pour nous. Aujourd’hui, Eric Ciotti achète la paix sociale (…) mais une fois l’élection présidentielle passée, il entrera dans la rigueur, dans la récession. La majorité deviendra autoritaire et verrouillera la parole de l’opposition », pressent Julien Picot, assimilant l’entente cordiale des premiers mois à une stratégie des apparences — de surcroît en amont de l’élection présidentielle de 2027. « Cette permanence servira d’autant plus à ce moment-là, et permettra d’avoir un lieu d’accueil en lien direct avec la population », déclare l’élu.
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