Grève des transports : des syndicats ouvrent la voie au dialogue

Les délégations des syndicats SUD Solidaires et de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) se sont réunies devant l’Hôtel de ville, ce mercredi 22 juillet. Les salariés de Lignes d’Azur se sont mobilisés pour obtenir des améliorations à propos de leurs conditions salariales.

Pour la seconde fois depuis le 15 juillet dernier, les délégations des syndicats grévistes se sont rassemblées. Drapeaux déployés, ils se sont rendus devant l’Hôtel de ville, en tramway, en pleine heure de pointe. Ils déplorent l’absence d’action de la Régie Lignes d’Azur au sujet de leurs nombreuses revendications. Les relations entre les acteurs de l’entreprise se sont détériorées, causant d’importantes répercussions sur le dialogue social. 

Le délégué Syndical SUD de la Régie Ligne d’Azur, Stéphane Champoussin, constate un manque de considération du maire de Nice, Éric Ciotti, à la suite de ces mouvements de grève répétés. Ainsi, la mobilisation de ce mercredi 22 juillet a pour mission de rouvrir la discussion avec la direction. « De notre côté, le dialogue est toujours ouvert », a assuré Jean Capriglione, le délégué Syndical de la CFTC

Le besoin d’être entendu

Placées sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, les délégations de la CFTC et de SUD Solidaires sont déterminées à se faire remarquer. Ces associations syndicales ont déjà refusé de signer l’accord des négociations annuelles obligatoires. Cette convention ne leur paraît pas favorable aux salariés, vis-à-vis des exigences de rémunération. « Nice est une ville très chère, ils n’ont augmenté qu’à 1,5 (pourcent, N.D.L.R.) alors que le taux d’inflation est à 1,9. Les salariés ne comprennent pas », a déploré Stéphane Champoussin

Conducteurs et agents se sont mobilisés pour solliciter une meilleure rémunération pour le travail mené. « Chaque année, nous nous faisons rattraper par le SMIC et la valorisation de notre travail avec toutes nos compétences acquises, tout au long de notre carrière, est finalement perdue », a constaté Jean Capriglione.

Les adhérents ont également décrit un malaise social au sein de l’entreprise. Les changements successifs de directeur des ressources humaines, ces vingt dernières années, sont assez évocateurs de la situation au sein de la Régie Lignes d’Azur. « L’entreprise est malade, nous avons beau changer les visages, les problèmes ne sont pas traités », a regretté le délégué Syndical de la CFTC.

Les personnes mobilisées ont la sensation de ne pas être écoutées. Les salariés expliquent avoir à maintes reprises envoyé des courriers écrits au président de la Régie, Bertrand Gasiglia. « Je n’ai pas expressément demandé un entretien mais je lui ai signalé les problèmes graves et il n’a pas cherché à les régler », confiait Jean Capriglione. Les représentants des délégations mobilisées ont rappelé qu’il revient au nouveau président de convier tous les syndicats pour les rencontrer. Par ailleurs, Bertrand Gasiglia avait confié il y a une dizaine de jours à nos confrères de Nice-Matin sa volonté de négocier avec les salariés : « j’ai pris la tête de la régie le 18 mai. J’hérite de la situation. On discute. On verra ce que ça donne. »

L’appellation de « drôles de méthodes » mentionnée par le président de la Régie a fait réagir le délégué Syndical de la CFTC : « nous sommes une entreprise très syndiquée, nous constatons des dérapages et nous les dénonçons immédiatement. »

Ce mouvement social appelle à ce que des changements soient rapidement opérés. « Si la situation reste inchangée, si nous cumulons le nombre de salariés inscrits sur les deux grèves, nous sommes à plus de 50 %. Le réseau risque d’être paralysé à l’avenir », indique Stéphane Champoussin.

Une écoute prometteuse

La première adjointe à la mairie de Nice, Françoise Souliman, a reçu une partie des deux délégations. À leur sortie de l’Hôtel de ville, les représentants ont semblé plutôt satisfait de cet échange. Ils ont affirmé avoir pu effectuer leurs demandes et ils ont la sensation d’avoir enfin été entendu. Le voile semble avoir été levé sur le malaise au sein de l’entreprise. « J’ai eu l’impression qu’elle n’était même pas au courant de tous ces changements de directeurs », a rapporté Jean Capriglione, d’un air étonné. 

Par ailleurs, il a annoncé à la première adjointe sa volonté d’attaquer la Régie Ligne d’Azur au nom de la CFTC, pour le non-paiement des heures supplémentaires dues à la modulation du temps de travail : « c’est de la discrimination syndicale. » Le représentant a confié qu’il avait déjà, dans le passé, engagé une telle procédure qu’il a gagnée en première instance.

Les deux associations syndicales ont demandé la réalisation d’un audit, pour analyser les éventuelles failles dans l’entreprise. « Elle s’est engagée à donner une réponse rapidement pour au moins la semaine prochaine. On ne baissera pas les bras », a déclaré Jean Capriglione. 

Les problématiques autour du transport à Nice ont été centrales lors de la campagne municipale 2026. La Métropole Nice Côte d’Azur a d’ailleurs mis en place un système de gratuité sur le réseau Lignes d’Azur pour certaines catégories de personnes, telles que les seniors (+ 65 ans, N.D.L.R.) et certaines professions comme les agents hospitaliers et pénitentiaires. Ce mécanisme sera valable à compter du 1er septembre prochain.

Or, ce procédé impliquera, par définition, une perte financière de près de six millions d’euros pour le réseau de transport. Dans le contexte de négociations laborieuses au sujet de la rémunération de ses salariés, la Régie Lignes d’Azur devra trouver un équilibre entre le bien-être de ses effectifs et son ambition de solidarité.


 
 

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