À trois semaines de la rentrée scolaire, la ville de Nice a décidé d’abandonner la distribution gratuite de fournitures scolaires. Une décision qui provoque des réactions à droite comme à gauche.
Le changement de municipalité se traduit aussi dans les écoles niçoises. Éric Ciotti a décidé de ne pas reconduire la distribution gratuite de fournitures scolaires mise en place en 2025 par Christian Estrosi. Le dispositif concernait 22 000 élèves, dans les écoles publiques et privées sous contrat.
La mesure avait représenté une dépense de 440 000 euros pour la ville de Nice. La nouvelle municipalité considère désormais cette dépense comme une économie à réaliser dans le cadre de la politique budgétaire engagée depuis l’élection municipale.
Dans un communiqué, les équipes d’Éric Ciotti défendent une décision assumée. La municipalité estime que le dispositif ne répondait pas suffisamment aux besoins des familles, au regard de son coût. « Notre choix est simple : investir dans l’école plutôt que dans l’affichage », fait savoir la majorité.
La ville met notamment en avant plus d’un million d’euros consacrés aux crédits pédagogiques pour l’année scolaire 2026-2027. Près de 25 millions d’euros doivent également être mobilisés pour la rénovation et la climatisation des 150 écoles publiques niçoises.
La majorité rappelle aussi le maintien de tarifs de restauration scolaire réduits pour les familles aux revenus les plus modestes. Les repas sont proposés à 0,80 euro en maternelle et à 1 euro en élémentaire pour les foyers concernés.
Une décision qui provoque des réactions à droite comme à gauche
L’arrêt des fournitures scolaires gratuites ne passe pas auprès de l’opposition. Le groupe Tous pour Nice, dont était issu Christian Estrosi, accuse Éric Ciotti de faire « payer aux familles le prix d’une mesure d’économie injuste […] L’éducation de nos enfants et l’accompagnement des familles ne peuvent servir de variable d’ajustement budgétaire », poursuit l’ancienne majorité.
À gauche, Tous Citoyen dénonce également l’abandon du dispositif. Le collectif rappelle avoir organisé pendant plusieurs années des distributions solidaires destinées aux enfants issus de familles en difficulté. En 2024, 871 enfants avaient bénéficié d’un kit de fournitures.
L’association estime que la suppression du dispositif constitue « un important recul social. » Le calendrier est également contesté, puisque les familles sont informées de la décision à quelques semaines de la rentrée.
Tous Citoyen souligne par ailleurs que les 440 000 euros dépensés en 2025 avaient permis d’équiper 18 000 élèves des écoles publiques et 4 000 élèves des établissements privés sous contrat. Le collectif considère que la dépense doit être mise en perspective avec le budget de fonctionnement de la ville, supérieur à 600 millions d’euros.
Le débat porte aussi sur la manière d’aider les élèves confrontés à des difficultés financières. Tous Citoyen refuse que cette responsabilité repose sur les enseignants et leurs crédits pédagogiques. Le collectif demande donc à la municipalité de revenir sur sa décision et de garantir la gratuité des fournitures nécessaires à la scolarité dans les écoles publiques.
Le PCF Nice rejoint cette opposition. Gilles Verrier, secrétaire de section, défend depuis plusieurs années la gratuité des fournitures scolaires. « Un enfant doit pouvoir disposer de tout le matériel nécessaire à sa scolarité, quels que soient les revenus de ses parents. Si l’école est gratuite, les fournitures doivent l’être aussi », affirme le responsable communiste.
Gilles Verrier considère que la distribution instaurée en 2025 constituait une première étape, malgré un dispositif jugé incomplet. La suppression décidée par Éric Ciotti est donc perçue comme un retour en arrière.
Les communistes niçois demandent désormais à la municipalité de financer dès la rentrée l’ensemble du matériel scolaire nécessaire aux élèves des écoles niçoises. « Les familles n’ont pas besoin de discours sur le pouvoir d’achat. Elles ont besoin qu’on leur rende du pouvoir d’achat », estime Gilles Verrier.
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