Les syndicats du personnel navigant commercial français d’easyJet appellent à la grève samedi 15 et dimanche 16 août, en plein week-end de forte affluence estivale. À Nice, où la compagnie occupe une place importante, les voyageurs sont invités à surveiller leur vol. Voici ce que l’on sait à ce stade du mouvement et de ses conséquences possibles.
Trois syndicats des membres d’équipage de cabine ont appelé à la grève ce mercredi 12 août, dans un communiqué de l’Union des navigants de l’aviation civile (UNAC). L’intersyndicale a dénoncé des conditions de travail particulièrement mauvaises. À la suite de l’échec de la discussion avec la direction, la mobilisation générale de tous les PNC rattachés à la compagnie britannique EasyJet sera organisée du samedi 15 août à minuit, au dimanche 16 août à 23h59.
Cette situation tend à se répéter puisqu’un préavis avait déjà été déposé le 24 juillet dernier au regard de l’absence d’action concrète de la direction. Cette grève devait couvrir la période du 7 août au 2 septembre 2026. Toutefois, ce préavis avait été suspendu en raison des incendies ravageurs dans le département de la Gironde.
Pour autant, les échanges entre les syndicats et la direction de la compagnie aérienne n’ont pas permis de trouver un compromis, débouchant sur une nouvelle grève.
Des conditions de travail difficiles
Depuis environ un an, les syndicats du personnel navigant commercial alertent la direction au sujet d’une organisation nuisant au bien-être des hôtesses et des stewards. La compagnie EasyJet a notamment une présence importante dans les grands aéroports européens.
L’intersyndicale dénonce des plannings instables, des changements de dernière minute, des rotations imposées de vols et particulièrement pénalisante, mais également une absence totale de mesures protectrices. « Zéro mesure concrète pour améliorer la stabilité des plannings ou protéger les PNC », a déploré l’intersyndicale dans un communiqué.
Une issue encore floue
Les organisations syndicales ont reproché à la direction de la compagnie aérienne britannique de ne pas avoir proposé des solutions concrètes. « La direction refuse catégoriquement de mettre en place toute règle contraignante, ni même de s’engager à le faire » a expliqué l’UNAC sur son compte Instagram. Cette grève révèle le bras de fer opposant les syndicats avec la direction. « Ces deux jours sont notre rapport de forces pour les négociations annuelles officielles de septembre, pour le rachat d’Apollo et pour tout ce qui vient », a annoncé l’UNAC dans un communiqué.
À savoir que le fonds d’investissement américain Apollo Global Management a confirmé le 6 août dernier son offre de rachat à 5,7 milliards de livres sterling (6,7 milliards d’euros) d’EasyJet. La compagnie britannique a accepté cette proposition. Ce rachat intervient alors dans un contexte social tendu et la présence d’un fonds d’investissement tourné vers la rentabilité peut alimenter ces inquiétudes.
Les syndicats sont appelés « à renoncer à cette action opportuniste à une période aussi importante de l’année », selon une réaction de la compagnie britannique transmise à France Info. EasyJet a expliqué avoir suggéré des « propositions d’ajustements ». Les organisations syndicales restent néanmoins ouvertes à la négociation, à la condition que « la direction apporte des solutions claires, concrètes et engageantes. »
Quels sont les droits des passagers ?
Contrairement à une grève extérieure à la compagnie, comme peut l’être un mouvement des contrôleurs aériens, une grève du propre personnel d’un transporteur ne constitue pas, en principe, une « circonstance extraordinaire » permettant à la compagnie d’échapper automatiquement à ses obligations d’indemnisation.
La Cour de justice de l’Union européenne l’a notamment confirmé en 2021 : une grève organisée par un syndicat représentant le personnel d’une compagnie aérienne peut relever de l’exercice normal de son activité et ne suffit donc pas, à elle seule, à exonérer le transporteur.
Pour les voyageurs, les conséquences peuvent être importantes. En cas d’annulation, la compagnie doit notamment proposer le remboursement du billet ou un réacheminement dans les conditions prévues par la réglementation européenne. Une prise en charge — notamment repas et, lorsque cela est nécessaire, hébergement — peut également être due.
Une indemnisation forfaitaire peut par ailleurs s’ajouter à ces droits lorsque les conditions sont réunies : 250 euros pour les vols jusqu’à 1 500 km, 400 euros pour les vols de plus de 1 500 km à l’intérieur de l’Union européenne ainsi que pour certains autres vols compris entre 1 500 et 3 500 km, et jusqu’à 600 euros pour les vols les plus longs. Un retard important à l’arrivée peut également ouvrir droit à indemnisation.
Attention toutefois : l’indemnisation n’est pas automatique dans toutes les situations. Le délai dans lequel la compagnie a informé le passager de l’annulation, les conditions du réacheminement proposé ou encore l’existence éventuelle d’autres circonstances extraordinaires peuvent modifier les droits applicables.
Et après le week-end du 15 août ?
Le préavis syndical déposé cet été couvre une période plus large que les seules journées des 15 et 16 août. Les voyageurs ayant prévu de prendre un vol easyJet au départ ou à destination de Nice dans les semaines suivantes ont donc intérêt à rester attentifs à l’évolution du conflit social et à vérifier régulièrement les informations communiquées par la compagnie avant leur départ.
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