Nice a commémoré le 82e anniversaire de sa Libération ce vendredi 28 août 2026. Les différents acteurs locaux, allant de la municipalité à des organisations de gauche et des syndicats, ont rendu leur hommage.
Ce vendredi 28 août, Nice a rendu plusieurs hommages mémoriels aux résistants morts pour la Libération de Nice. Pour le 82e anniversaire, la municipalité UDR (Union des Droites pour la République) a organisé une série de commémorations pour fleurir chacune des stèles de la ville afin de rendre hommage aux défunts. Ce circuit de la mémoire s’est vu accompagné de discours et de véhicules militaires d’époque, rappelant les Alliés.
En parallèle, plusieurs cérémonies indépendantes ont eu lieu, menées par le PCF (Parti Communiste Français) mais aussi LFI (La France Insoumise). Ces initiatives ont eu pour but de rappeler que cette célébration a été faite uniquement par des Niçois, et que la plupart des résistants œuvraient dans les luttes syndicales et populaires. Max Barel, petit-fils de Virgile Barel et neveu de Max Barel, a tenu à leur rendre hommage en descendant de sa Drôme pour ce jour précis.
Entre mémoire et engagement politique
À 19h30 s’est tenue la commémoration des socialistes et syndicalistes. Après celle organisée par le PCF à 18h30, LFI et plusieurs organisations comme la CGT ou la FPE se sont retrouvés. Du jardin Thiole, devant la stèle de Jean Moulin, place Libération, la cérémonie s’est poursuivie jusqu’à la stèle du passage à niveau. Cet hommage s’est fait au son du Chant des partisans, de l’Internationale, de la Marseillaise et de Nissa la bella. Les personnes présentes ont ainsi pu déposer les fleurs et gerbes qui leur ont été données, à 21 heures.
Olivier Salerno, représentant de LFI 06, affirme que « ne parler que de courage et du sens du devoir est une réécriture de l’histoire qu’il ne faut pas laisser passer parce qu’elle est dépolitisante. » Il a par ailleurs rappelé ce que Mélina Carreau a déclaré : la municipalité s’éloigne des valeurs fondatrices du CNR, dont le général de Gaulle avait la direction.
Ces hommages appuyés par des convictions politiques ont été renforcés par la prise de parole du petit-fils de Virgile Barel. Max Barel, au-delà de l’hommage rendu, parle au nom de sa famille concernant le projet de statue de Max Barel de la municipalité.
Max B. explique que lui et sa famille sont contre, et qu’ils n’ont pas été consultés à ce sujet. Il ajoute : « Qui à gauche voudrait que la mémoire de Max soit représentée par la statue d’un militaire qu’on pourrait confondre avec celle d’une brute coloniale ? Comment seraient transmises les valeurs de son engagement pour une société plus juste ? », exprimant un désaccord profond à ce sujet, préférant la médaille sur place en attendant une autre mairie.
Un circuit mémoriel sous le signe de la transmission
Plus tôt dans la journée, dès 8 heures du matin, la municipalité a quant à elle débuté son circuit de la mémoire. Ce parcours pédestre de 6 heures s’est arrêté sur chacune des plaques commémoratives pour honorer les résistants et civils tués à cette période.
À 16 heures, le maire de Nice s’est rendu devant les plaques de l’hôtel de ville, accompagné d’une délégation d’écoliers de la ville. S’adressant directement aux morts, il a déclaré : « Vous, résistants de l’ombre et du courage, vous avez su dire non à l’asservissement de notre ville par les nazis. Vous avez permis à notre ville de se libérer du joug nazi et de reprendre son honneur. »
Il n’a pas manqué de rappeler l’importance de la démocratie, qui a vaincu le fascisme : « La démocratie est un combat de tous les jours. Nous devons transmettre votre idéal. Notre idéal. » La journée commémorative s’est terminée par une grande cérémonie en l’honneur de la mémoire des résistants morts pour Nice, au Monument aux Morts de Rauba Capeù.
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