Nice va célébrer le 82e anniversaire de sa libération ce 28 août 2026

Ce vendredi 28 août 2026, la ville de Nice organise le 82e anniversaire de la Libération de Nice. Le traditionnel circuit de la mémoire et le défilé de véhicules américains vont animer les rues de la ville, rappelant à chacun que la capitale azuréenne s’est libérée seule de l’occupation nazie en 1944. Petit rappel historique et ce qui est organisé par la marie.

Le 28 août est une date clé pour la ville de Nice qui fête cette année le 82e anniversaire de sa libération. Ce jour entré dans l’histoire, les citoyens niçois ont pris les armes pour chasser d’eux-mêmes les occupants nazis. Cet événement est intervenu dans le cadre d’une ville rongée par la peur et la faim. Les rations de pain ont été limitées, dès le 14 août, à 100 grammes par jour et les résistants ont été tués. Le 7 juillet 1944, deux résistants locaux, Séraphin Torrin et Ange Grassi, sont pendus sur l’avenue de la Victoire, actuelle avenue Jean-Médecin. La foule a été obligée d’assister à cela pour éviter quelconques entraves et sabotages.

C’est alors que les Alliés ont débarqué en Provence le 15 août 1944, lors d’une opération connue sous le nom d’Anvil-Dragoon. Une majorité d’Américains, de Français, de Britanniques et de Canadiens souhaitaient libérer Marseille et Toulon pour ensuite aller vers l’ouest du Var. Nice et ses alentours n’étaient donc pas dans leur plan, puisque l’offensive s’arrêtait au fleuve Var, séparant la zone libre de la zone occupée.

L’espoir d’une libération venue des Alliés

Les chefs de la Résistance locale ont refusé de laisser le territoire sous le joug des nazis, d’autant plus à la suite de l’exécution de 21 résistants au quartier de l’Ariane, le 15 août, par la Gestapo.

C’est alors que, le 16 août, le capitaine Jacques Lécuyer, alias Sapin, chef de la FFI, est monté à bord d’une Citroën Traction Avant avec le major écossais Gun. Ces derniers sont allés à la rencontre du général américain Robert Frederick, commandant d’une unité parachutiste alliée (la First Airborne Task Force). Tous deux ont persuadé l’Américain que l’arrière-pays et ses alentours étaient prêts à s’insurger.

Le commandant a rallié son supérieur, le général Patch. Le supérieur américain a ainsi autorisé, exceptionnellement, une avancée des troupes alliées vers l’est sans franchir le Var. Les Américains s’élançaient, tour à tour, avec deux troupes dans la libération des alentours. L’une ayant aidé les maquisards (résistants maralpins) dans les forêts, ayant notamment libéré Levens le 27 août ; la seconde étant arrivée ce soir-là à Saint-Laurent-du-Var. Nice est alors restée en face, sur l’autre rive.

Le 28 août, Nice se soulève seule

C’est à 6 heures du matin que Nice s’est soulevé le 28 août 1944, après une décision prise la veille au 20, boulevard de Cessole (boulevard où débute le circuit de mémoire organisé par la ville de Nice ce vendredi), par le Comité insurrectionnel. La Résistance niçoise s’est battue dans les rues et points importants de la ville, ayant obligé la Wehrmacht (armée allemande) à battre en retraite vers l’Italie et saborder le port d’explosif.

Dans cette bataille, 35 Niçois sont tombés et 280 ont été blessés permettant à Nice d’être libre le 29 août 1944. Les Américains, ne pouvant pas traverser le Var sous ordres de l’état-major, ont ordonné à Joseph Arnaldi d’aller chercher lesdits libérateurs. Ce dernier les a conduit dans un bar-épicerie à l’entrée de Nice, où une fête a lieu en l’honneur d’une ville libérée. L’éclaireur a appelé sa base et prononça le mémorable « Yes, libre, Nice.. Good ! », avant de s’effondrer. Ce n’est que le 30 août que les blindés américains du 509e régiment d’infanterie parachutiste pénétrèrent, sous une foule acclamant, la ville de Nice.

Nice est dès lors redevenue française, n’étant plus sous le joug nazi. La ville bleue est également devenue l’havre de paix des américains qui ont fait d’elle l’USRRA (United States Riviera Rest Area) en 1945.  Chaque semaine, 15 000 permissionnaires américains se sont reposés du front dans les hôtels que propose la Côte d’Azur au rythme du jazz et des bals.

C’est pourquoi cette date du 28 août est restée ancrée dans l’histoire de Nice. Ce devoir de mémoire se fait au rythme d’un circuit de la mémoire organisée par la ville de Nice pour fleurir chaque plaque de résistants morts pour la libération de Nice. Des chars américains descendront l’avenue Jean Médecin pour se poser au miroir d’eau à 11 heures, chemin des résistants Séraphin Torrin et Ange Grassi qui sont morts à ces endroits.

Résumé du programme du 82e anniversaire :

  • 8 heures : début du circuit de la mémoire pour fleurir les stèles de nos héros ; marche au départ du 2, boulevard de Cessole (fin 14h15 à l’Hôtel de ville de Nice) ;
  • 10 heures : début du défilé des véhicules américain de la Seconde Guerre mondiale, départ du MIN via la promenade des Anglais et du boulevard Gambetta ;
  • 11 heures : descente des véhicules sur l’avenue jean médecin en hommage à Séraphin Torrin et Ange Grassi ;
  • 12 heures à 16 heures : miroir d’eau place Masséna pour admirer les véhicules ;
  • 16 heures : hommage prévu dans le cadre du circuit de la mémoire devant la plaque commémorative de la mairie de Nice avec Eric Ciotti
  • 18 heures : hommage officiel par la grande cérémonie mémorielle au Monument aux Morts de Rauba Capeù
  • 18h30 : commémoration de la Libération de Nice avec le PCF 06 devant la stèle au croisement du chemin de fer Gambetta-Cessole.
  • 19h30 : hommage populaire aux martyr(es) et à la Résistance au Jardin Thiole avec LFI en présence de Max Barel, fils d’Yves Barel, petit-fils d’Yves Barel et neveu de Max Barel.

Un mémoriel rappelant les dires du général de Gaulle le 9 avril 1945 à Nice : « Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse ! », « Nice n’a jamais renoncé à elle-même, ni renoncé à la France. »

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium