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19 juillet 2024

Nice : mauvais élève dans la lutte contre le mal-logement ?

Delphine Rossignol
Delphine Rossignol
Journaliste pour Nice Premium depuis mai 2023.

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La Fondation Abbé Pierre a dressé le bilan du mal-logement de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour 2023.

C’est la première fois qu’une documentation a été faite sur la question du mal-logement dans la région. Le mal-logement est un néologisme de la Fondation qui s’appuie sur : les difficultés de l’accès au logement ainsi que les caractéristiques techniques d’un logement. S’appuyant sur différentes données statistiques, la Fondation Abbé Pierre offre à voir un panorama des plus éloquents. Ce dernier souligne les singularités locales ainsi que les véritables difficultés. L’étude s’intéresse à l’ensemble de la Métropole Nice Côte d’Azur (MNCA). Composée de 51 communes, le territoire mesure près de 1 500km2 et regroupe 550 500 habitants (2020). La ville de Nice compte à elle seule 343 500 habitants. Enfin, le rapport distingue trois grandes zones : un littoral densément peuplé, le Moyen-Pays et le Haut-Pays. Chacune de ces zones est marquée par des dynamiques propres.

Le littoral azuréen compte près de 80% de la population de la Métropole. Cette population réside en grande majorité dans des habitats de type collectif (immeubles). Le Moyen-Pays accueille près de 15% de la population dans des habitats majoritairement individuels (maisons). Enfin, le Haut-Pays représente les trois-quarts de la superficie de la métropole mais ne compte que 5% des habitants. Le plus souvent, la population y est âgée et on y trouve une majorité de résidences secondaires.

Une offre de logements rare et chère

Après ce bref état des lieux, il convient de s’intéresser plus spécifiquement à l’offre de logement. Dans un contexte où la population niçoise est vieillissante et tend à se paupériser, le rapport met en exergue une situation de tension record. Au 1er janvier 2021, la commune de Nice compte 14,20% de logements sociaux au regard de la loi SRU qui recommande 25%. Ce déficit du parc locatif social se traduit par une situation extrêmement tendue en matière d’attribution de logements sociaux.

Parallèlement à ce constat, le parc de logements sociaux se voit vivement concurrencer par le développement des résidences secondaires et de l’offre touristique. En conséquence, tandis que 45% des demandeurs ont des ressources inférieurs au seuil de pauvreté, seulement 36% des demandes de logements sont satisfaites. Au niveau national, ce taux de demandes satisfaites s’élève à 42%.

Un mal-logement insuffisamment pris en compte

Le rapport de la Fondation Abbé Pierre pointe du doigt la suroccupation des logements. En effet, le parc de logements de la MNCA est majoritairement composé de petits logements privés. Cette suroccupation des logements est particulièrement défavorables pour les ménages les plus précaires. Ainsi, le taux de suroccupation s’élève à 15% à Nice contre 4,8% au niveau national. Plus alarmant encore, une partie du parc de logement est en mauvais état. La dégradation du bâti ainsi que son ancienneté génèrent des situations de logement jugées indignes. Pour la Fondation Abbé Pierre, la politique de lutte contre l’habitat indigne doit être profondément redynamisée au sein de la métropole.

Des résultats modestes concernant les politiques du logement et de lutte contre les exclusions 

L’étude met en exergue la faible portée des actions menées par la métropole. Ces actions s’illustrent dans un contexte de marché extrêmement tendu et dont les objectifs SRU ne sont majoritairement pas respecté par les communes. Cependant, il est possible d’observer une légère montée en puissance sous l’impulsion du plan national Logement d’abord. Si l’étude concède une évolution des pratiques en faveur de l’accès direct au logement, les résultats nuancent le propos. En effet, la production d’une offre de logements abordables demeure encore trop insuffisante.

De plus, sur le territoire métropolitain, 16 communes sont concernées par la loi SRU et seulement un a respecté ses objectifs (commune de Saint-André de la Roche). Nice se présente ainsi comme la plus mauvaise élève parmi les villes françaises de plus de 100 000 habitants.

Pour la Fondation Abbé Pierre, cette étude est une main tendue vers les acteurs du logement. Ce bilan insiste sur la nécessité d’agrandir le parc de logements sociaux de la Métropole Nice Côte d’Azur. Par ailleurs, il pointe du doigt les conséquences de la violation de la loi SRU dans les différentes communes. Enfin, le rapport rappelle qu’un logement « ne se mérite pas« , il est un droit fondamental figurant dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La Métropole dispose ainsi des matériaux pour prendre en compte ces problématiques et s’inscrire pleinement dans la lutte contre le mal-logement.

« Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien. »

Abbé Pierre

Cliquez ici pour accéder à l’intégralité de l’étude.

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