La web-application Wekidea propose un espace pour que les particuliers puissent partager leurs idées. Sans but lucratif ni même recours aux publicités, Simon Tripnaux offre la possibilité de diffuser uniquement des idées pour que d’autres puissent les concrétiser.
Une application pour partager ses idées existe ! Simon Tripnaux, responsable communication de la ville de Beaulieu-sur-Mer, a conçu Wekidea en autodidacte à partir d’un constat simple. De nombreuses idées sont pensées ou formulées lors d’activités quotidiennes. Faute de temps, de ressources financières ou simplement par leur vivacité, celles-ci s’oublient.
Simon Tripnaux a décidé d’y remédier il y a deux ans sur son temps libre, sachant créer lui-même des sites web. Ce projet, « lancé comme une bouteille à la mer », a pour objectif de permettre à chacun de « déposer ses éclairs de génie quotidiens, pour que d’autres puissent s’en emparer », affirme-t-il.
Wekidea fonctionne alors à l’inverse des logiques de brevet. Ici, les utilisateurs déposent gratuitement les concepts ou projets pour que d’autres puissent les concrétiser.
À contre-courant des réseaux sociaux
Le responsable communication a souhaité prendre le contre-pied des géants du web. Pour lui, la première rupture s’est faite dans l’interface de Wekidea. Pour que l’utilisateur puisse se concentrer uniquement sur l’idée, les photos et vidéos sont absentes.
Ce sont des petits carrés colorés qui laissent place au concept pensé, « choisis consciemment pour créer une forme de friction, afin de ne pas parasiter la réflexion », confie-t-il. L’utilisateur, de cette façon, se concentre uniquement sur le texte brut, « sans dictature de l’image, et si l’on clique dessus, on peut voir un titre avec une description. »
L’autre originalité réside dans son fil d’actualité anonyme. Contrairement aux réseaux sociaux, ici, la plateforme masque l’identité des contributeurs. Ce n’est qu’en cliquant sur l’idée qu’il est possible de voir le nom d’utilisateur. Le but est de découvrir l’idée avant la personne. À cela s’ajoutent des fonctionnalités pratiques telles qu’une géolocalisation des cases colorées, pour pouvoir promouvoir des initiatives de proximité.
Simon Tripnaux : « Personne ne perd à partager ses idées »
Pour l’instant, la web-application ne rassemble que quelques utilisateurs, dont quinze réguliers. Simon Tripnaux justifie cette discrétion par la peur qu’ont les personnes de se faire voler une idée.
Le concepteur de Wekidea défend pourtant un modèle de gratuité absolue de tout, même dans sa propre plateforme sans publicité. Faisant un parallèle avec Wikipédia, « personne ne perd à partager des idées », résume-t-il.
Simon Tripnaux explique que cette « démarche humaniste »va jusqu’à accepter qu’un inconnu reprenne son propre concept. Si une personne arrive à étendre l’application, ce serait « tant mieux pour l’humanité. » Aujourd’hui, Wekidea cherche à se développer bénévolement, sans publicité ni revente de données, pour pouvoir développer le réseau social sur iOS et Android.
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