Éric Ciotti veut installer des mâts dans les 89 écoles primaires de Nice pour y faire flotter le drapeau français et organiser des levées des couleurs. L’opposition niçoise conteste cette priorité.
Le drapeau tricolore va faire son entrée dans les cours des écoles niçoises. Vendredi 28 août, Éric Ciotti a annoncé l’installation prochaine d’un mât dans chacune des 89 écoles primaires de Nice. Le maire souhaite faire flotter le drapeau français et organiser régulièrement des levées des couleurs avec les élèves, accompagnées de La Marseillaise.
L’annonce intervient alors qu’un débat s’est engagé avec l’Éducation nationale. Le ministre Édouard Geffray estime qu’une municipalité ne peut pas décider seule de l’organisation de levées des couleurs dans une école. Éric Ciotti avait saisi le rectorat pour tenter de construire un dispositif avec l’Éducation nationale. Une rencontre avec le nouveau recteur de l’Académie de Nice est prévue le 7 septembre.
Le maire de Nice conteste la position du gouvernement. ce lundi 31 août, Éric Ciotti a dénoncé des déclarations « ahurissantes » du ministre et défendu la possibilité d’un accord entre la ville et l’Éducation nationale.
Face à cette initiative, plusieurs voix de l’opposition niçoise critiquent le choix politique et les priorités affichées par la municipalité.
L’opposition conteste la priorité donnée aux drapeaux
Pour Julien Picot, secrétaire départemental du PCF06 et élu d’opposition, cette annonce s’inscrit dans la stratégie politique d’Éric Ciotti. Une lecture qui dépasse la seule question scolaire. « Éric Ciotti en campagne pour devenir le ministre de Marine Le Pen », affirme le responsable communiste, qui accuse le maire de Nice de vouloir préparer l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. »
Julien Picot conteste également l’idée d’une appropriation du drapeau tricolore par l’extrême droite. « Le drapeau bleu, blanc, rouge n’appartient ni à Éric Ciotti, ni au Rassemblement national, ni à l’extrême droite. Il appartient au peuple français », rappelle le secrétaire départemental du PCF06.
La question des moyens consacrés aux écoles revient aussi dans les critiques de Juliette Chesnel-Le Roux. L’élue écologiste considère la décision comme « une diversion » destinée à détourner l’attention d’autres enjeux scolaires.
« Les choses importantes, c’est égalité, fraternité, liberté, liberté. Les valeurs de la République, c’est de donner accès à tous selon leurs moyens à l’école », a déclaré au micro de BFM Côte d’Azur l’élue d’opposition.
La candidate écologiste aux dernières élections municipales pointe notamment la suppression des fournitures scolaires et les travaux de rénovation thermique. Pour Juliette Chesnel-Le Roux, ces sujets doivent passer avant l’installation de nouveaux mâts dans les cours d’école.
La question de l’adaptation des établissements aux fortes chaleurs fait également partie des critiques. « Une climatisation dans un bâtiment qui n’est pas isolé thermiquement, c’est beaucoup d’énergie gaspillée et ça ne sert à rien et ça coûte de l’argent à la collectivité », estime l’élue du groupe écologiste.
Le drapeau français est déjà présent dans les salles de classe, tout comme le texte de La Marseillaise, rappelle Juliette Chesnel-Le Roux. « Ça n’est pas nécessaire de construire des mâts, de dépenser de l’argent public pour construire des mâts et faire des levées de drapeaux qui sont du symbole. Les symboles, c’est important, mais ce n’est pas la priorité. »
Christian Estrosi adopte une position différente de celle de l’opposition écologiste et communiste. L’ancien maire de Nice, interrogé sur le sujet lors d’une visite au lycée Masséna en tant que vice président de la Région Sud, a toutefois refusé de s’immiscer dans la vie politique municipale : « Je ne souhaite pas me mêler de la vie politique niçoise, avant d’ajouter : je pense que les écoles de Nice ne manquent pas de signes républicains. Nous avions veillé que sur le fronton, le drapeau français y figure, la devise y figure et qu’il y ait des policiers dans les écoles quand le conseil d’administration était d’accord. »
L’ex édile insiste ainsi sur une autre priorité : « la priorité est la manière dont nous transmettons l’enseignement aux élèves. »
Le débat ne porte donc plus seulement sur la présence du drapeau français dans les écoles de Nice. La rencontre prévue le 7 septembre entre Éric Ciotti et le nouveau recteur de l’Académie de Nice devrait permettre de préciser les contours du dispositif envisagé.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
