Édouard Geffray recadre Éric Ciotti sur la « levée des couleurs » dans les écoles de Nice

🇬🇧 Also available in English

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a estimé ce lundi que la levée des couleurs annoncée dans les écoles de Nice ne peut pas être décidée par une municipalité. Éric Ciotti avait saisi le rectorat samedi pour tenter de construire un dispositif avec l’Éducation nationale.

Le projet de levée des couleurs dans les écoles niçoises se heurte à une opposition du gouvernement. Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a prévenu lundi que l’initiative portée par Éric Ciotti ne pourrait pas « trouver un début de réalisation » sans intervention du ministère de l’Éducation nationale. Le ministre s’est exprimé à l’issue du Conseil des ministres. Une prise de position qui intervient deux jours après l’envoi d’une lettre d’Éric Ciotti au rectorat de Nice.

Le maire de Nice souhaite organiser, chaque semaine, une levée des couleurs accompagnée de La Marseillaise dans les écoles de la ville. Une annonce qui avait été faite vendredi lors d’une conférence de presse consacrée à la rentrée scolaire : « Dès cette rentrée et jusqu’aux vacances de la Toussaint, nous allons installer dans chaque cour d’école un mât tricolore. » La municipalité prévoit désormais l’équipement de 89 écoles niçoises en mâts et drapeaux tricolores au retour des vacances de la Toussaint.

Éric Ciotti veut construire le dispositif avec le rectorat

Samedi, Éric Ciotti a adressé une lettre au recteur. Le président de la Métropole Nice Côte d’Azur y défend une démarche fondée sur la concertation avec l’Éducation nationale et les équipes éducatives : « Après qu’un premier échange a eu lieu avec le recteur par l’intermédiaire de mon directeur de cabinet, je lui ai écrit afin que nous construisions ensemble les modalités permettant d’organiser le lever des couleurs dans nos écoles. »

Dans cette lettre, Éric Ciotti rappelle également son engagement en faveur de la présence des symboles républicains dans les établissements scolaires. Le maire de Nice cite notamment le Code de l’éducation et les dispositions relatives au drapeau tricolore.

Le courrier fait aussi référence à un amendement porté en 2019, alors qu’Éric Ciotti était député, concernant l’affichage des paroles de La Marseillaise et des drapeaux français et européen dans les salles de classe.

Pour le maire de Nice, la levée des couleurs doit dépasser le cadre protocolaire : « Celui-ci n’a pas vocation à constituer un simple geste protocolaire, mais à s’inscrire dans une véritable démarche pédagogique permettant aux élèves de mieux comprendre la signification de notre drapeau, les valeurs qu’il incarne et l’histoire commune à laquelle il nous rattache. »

Éric Ciotti propose notamment de travailler avec le rectorat sur la base de l’article L. 216-1 du Code de l’éducation. Cette disposition permet aux communes d’organiser certaines activités éducatives, sportives ou culturelles complémentaires dans les établissements, sous réserve de l’accord des autorités compétentes.

Une rencontre avec le nouveau recteur de l’académie de Nice, Emmanuel Roux, est prévue le 7 septembre. Éric Ciotti souhaite que ce rendez-vous permette de définir les modalités du dispositif et une méthode de concertation avec les directeurs d’école, les enseignants et les conseils d’école.

Mais le ministre de l’Éducation nationale a posé ce lundi une limite claire. « Dans le mot Éducation nationale, il y a le mot nationale. Cela veut dire que le cadre est fixé par l’Éducation nationale, donc il n’appartient pas au maire de décider de ce qui se passe pédagogiquement dans une école. »

Édouard Geffray a ensuite précisé sa position. « Il n’appartient pas au maire, en l’occurrence, de décider une quelconque levée des couleurs qui se ferait en présence de tous les élèves, ni une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par jour. »

Le ministre estime donc que la mise en place d’une telle cérémonie dans les écoles ne relève pas d’une décision municipale. « Je ne vois comment ça pourrait trouver un début de réalisation sans qu’il y ait une consigne du ministre qui, en l’occurrence, n’a pas vocation à intervenir. »

Le gouvernement rappelle toutefois qu’un nouveau rendez-vous autour des symboles républicains doit être organisé dans les établissements scolaires. À partir de cette année, les élèves du CM1 à la terminale devront participer à une cérémonie commémorative annuelle autour du 11 novembre, en hommage aux « Morts pour la France. »

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium