Emmanuel Roux, le recteur de l’académie de Nice, a tenu sa première conférence de presse dédiée à la nouvelle année scolaire 2026. Les échanges ont particulièrement porté sur les enjeux de la baisse démographique sur le territoire et de l’enseignement à l’ère du numérique.
Récemment nommé, Emmanuel Roux a pris la tête du Rectorat de l’académie de Nice avec la volonté de s’inscrire dans la continuité de l’action menée par son prédécesseur, Natacha Chicot. Lors de sa première conférence de presse, le représentant du ministère de l’Éducation nationale a déclaré ne pas vouloir « dégainer un catalogue de nouvelles mesures, mais plutôt de faire en sorte que tout ce qui a été décidé soit mis en application. »
Le recteur revendique une approche pragmatique face à une académie complexe avec des réalités géographiques différentes, mais dont les exigences de réussite restent les mêmes. « J’irai sur le terrain et voir les établissements, j’ai d’ores et déjà un programme très chargé dans les semaines à venir », a-t-il expliqué.
La feuille de route poursuit la dynamique engagée par le ministère de l’Éducation nationale : protéger les élèves face aux violences sexuelles et sexistes mais également unir la communauté éducative autour de relations sereines et inclusives. Lors de la conférence, le recteur a mis l’accent sur la prévention de la baisse démographique et sur la nécessité d’améliorer et de protéger l’instruction à l’heure de la transformation numérique.
Anticiper la déprise démographique
En 2035, le système éducatif devrait perdre 1,7 million d’élèves par rapport à la rentrée 2025. Pour Emmanuel Roux, « il ne s’agit pas que d’un sujet budgétaire, il y a également une question sociologique majeure, celle de savoir si une école reste ouverte dans un village. »
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé mardi dernier sa volonté de mettre en place une lecture pluriannuelle de la déprise démographique. Le recteur de l’académie de Nice a considéré cette lecture comme un moyen de « se projeter dans le temps, de prévoir et d’éviter que les décisions ne tombent de manière brutale, trois mois avant la fermeture de la classe. »
Pour anticiper cette baisse des effectifs, le ministère a expérimenté en avril, dans dix-huit académies, un dispositif visant à adapter la répartition des moyens aux réalités locales. Le principe est de permettre aux acteurs et aux élus locaux de réfléchir à l’organisation des établissements. Ce dispositif s’appliquera à toutes les académies dès janvier 2027.
Le rectorat de l’académie de Nice mise sur la concertation régulière avec les élus locaux et les acteurs de l’éducation, en les accompagnant et en les conseillant. Emmanuel Roux a assuré que « nous n’allons pas attendre la rentrée 2027 pour commencer le travail, c’est dès maintenant qu’il doit commencer. »
L’idée est de sortir de la logique associant la baisse de la démographie avec la suppression des classes. « Nous sommes dans une logique d’amélioration de la qualité de l’enseignement au cœur des territoires. Chaque élève, qu’il soit issu du centre de Nice, de Toulon ou d’un village rural, doit disposer de la même qualité d’enseignement », a assuré Emmanuel Roux.
Cette réorganisation pourra se traduire par des regroupements pédagogiques réfléchis, c’est-à-dire en regroupant les élèves dans des groupes de classes homogènes, ou encore par une division des effectifs afin d’assurer la qualité de l’enseignement.
Le défi de la réflexion à l’ère du numérique
Face aux nouveaux défis technologiques, Emmanuel Roux a mentionné l’importance d’un retour aux fondamentaux, notamment avec la lecture, l’écriture et l’enrichissement du vocabulaire : « c’est le premier déterminant de la réussite. »
En évoquant les dispositifs d’apprentissage du raisonnement scientifique et mathématique, le recteur a insisté sur l’intérêt des raisonnements logiques tout en menant une réflexion sur le long terme. Face à l’émergence de l’intelligence artificielle, le représentant du ministère de l’Éducation nationale a souligné « cette tentation de l’évidence immédiate. » À son sens, « il faut apprendre à ne pas déléguer ou donner sa réflexion à la machine qui réfléchit à notre place. »
Dans cette optique de préserver les élèves de la dépendance au numérique, Emmanuel Roux a fait référence à l’interdiction stricte du téléphone portable dans les lycées, à compter du 1er septembre 2026, sous réserve d’exceptions.
Instaurée par la loi du 24 août dernier, cette mesure n’est qu’une extension d’une disposition datant de 2018 dans les collèges. « C’est la première fois qu’une génération d’élèves pourra accomplir l’intégralité de son parcours scolaire (de la maternelle jusqu’au baccalauréat, N.D.L.R.), sans téléphone portable au sein des établissements », a exprimé le recteur de l’académie de Nice.
Les établissements disposeront d’une autonomie dans la mise en œuvre de cette mesure, puisque le rectorat n’imposera aucun achat de matériel spécifique.
Cette interdiction devra être accompagnée du déploiement d’activités collectives afin de favoriser les interactions entre les élèves. Pour le recteur, il est essentiel de « réduire le temps d’exposition des élèves aux écrans. » Pour autant, l’objectif reste d’accompagner les élèves vers un usage responsable du numérique, tout en préservant leur esprit critique.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
