La Régie Ligne d’Azur se trouve confrontée à une crise interne depuis quelques mois. Récemment, des plaintes pour harcèlement moral et une vague de suspension ont touché les services de transport de la Métropole Nice Côte d’Azur. Les nombreuses suspicions couplées à un manque de communication ne cesse d’enliser la crise.
Rien ne va plus au sein de la Régie Ligne d’Azur (RLA) à la suite des nombreuses révélations dans la presse. Des plaintes ont été déposées pour harcèlement moral, notamment devant le procureur de la République de Nice. Des signalements ont été réalisés au sujet de potentielles dérives financières. L’atmosphère au sein de la régie des transports ne cesse de se dégrader.
La suspicion de malversations financières a mis un doute quant à la réalité de l’activité de certains cadres et à la régularité des deniers publics. Des détournements de fonds publics sont présumés avec des cumuls d’heures de délégation élevées.
Le climat social est également marqué par une rupture de confiance entre les agents et la direction. La défiance se présente au travers de nombreux mouvements sociaux organisés par les syndicats Sud Solidaires et la Confédération française des travailleurs chrétiens de la RLA, depuis le début du mois de juillet. Cette confiance est également mise à l’épreuve par les suspensions de plusieurs agents et cadres, qui se disent victimes de représailles après avoir signalé des irrégularités au sein de la structure.
Le dialogue entre la direction et les agents semble se trouver dans une impasse.
Une version de la direction contestée
Dans un papier de Nice-Matin en date hier, lundi 24 août, Bertrand Gasiglia, président de la RLA, a balayé les prétendues mesures de représailles à l’encontre des agents qui se revendiquent lanceurs d’alerte : « il n’y a aucune chasse aux sorcières. La seule procédure de licenciement de mon ressort direct concerne la directrice générale », a-t-il déclaré.
Le président de la Régie Ligne d’Azur a fait référence à la suspension à titre conservatoire de la directrice générale Julie Réti, début juillet. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux dimanche, ce dernier a confié que « des difficultés sont apparues dans le fonctionnement de la directrice générale. »
Cette « mise à l’écart » est cependant intervenue dans un contexte de tension au sein de la régie. « Madame Réti avait lancé une alerte par rapport aux contrats juridiquement incorrects », a expliqué Stéphane Champoussin, le délégué syndical Sud Solidaires de la RLA. Julie Réti a notamment dénoncé « des représailles politiques » à la suite de ses alertes.
Pourtant, le président de la RLA demeure inflexible, en déclarant qu’il n’a « pas eu connaissance » d’actions de sa part, alors qu’elle était en fonction depuis 2025, pour corriger d’éventuelles infractions.
Le délégué syndical Sud Solidaires conteste fermement cette version de la direction : « Monsieur Gasiglia ne peut pas dire qu’il n’était pas au courant des emplois de certains cadres » puisque sa prise de fonction coïncide avec les premières alertes lancées par la directrice générale suspendue. De son côté, le délégué syndical CFTC, Jean-Thomas Capriglione, dénonce un coût social et financier faramineux : « À chaque fois qu’une tête dépasse, on la coupe ! »
Le président de la Régie aurait été ainsi informé des anomalies contractuelles dès sa prise de fonction.
Un besoin de transparence
Dans sa communication, le président de la RLA a déclaré avoir engagé plusieurs audits internes « afin de disposer d’une vision complète, objective et documentée de la situation de la régie », à la demande expresse d’Éric Ciotti.
Dans l’attente, les syndicats souhaitent la transmission des conclusions de ces audits pour clarifier la véracité des soupçons évoqués dans la presse. Le délégué syndical Sud Solidaires s’est montré surpris face à l’ampleur des heures de délégation et des congés accumulés par certains cadres. Celui-ci ne s’est pas caché d’avoir eu quelques soupçons de pratiques irrégulières, mais il ne se serait jamais douté que les chiffres allaient être aussi élevés.
Pour l’heure, plusieurs instances de l’État ont été saisies au regard de la gravité de la crise touchant la Régie Ligne d’Azur. L’ inspection du travail départemental a été alertée au sujet des plaintes de harcèlement moral et des « mesures de représailles. » La direction générale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités a été avertie d’un « danger grave et imminent » pour la vie d’un salarié.
Par ailleurs, le préfet des Alpes-Maritimes a été saisi par la directrice générale suspendue, Julie Réti, pour « atteintes graves à ses garanties statutaires et des représailles politiques après ses alertes répétées concernant une gestion irrégulière des deniers publics de la régie. » Enfin, Stéphane Champoussin a évoqué sa volonté d’écrire au préfet des Alpes-Maritimes afin qu’il se penche sur ces pratiques.
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