L’éco-anxiété face aux défis du changement climatique

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L’éco-anxiété continue de se propager face à l’intensification des phénomènes naturels. Symptomatique du réchauffement climatique, les températures sont reparties à la hausse dans les Alpes-Maritimes. Le contexte écologique a des répercussions sur la santé mentale, qui ne cessent de croître.

Tous les ans, le record de l’année la plus chaude jamais enregistrée est battu. Entre caniculeincendies ravageurs et sécheresse, la modification du climat concerne toute la planète. Rester indifférent à l’égard de la dégradation des conditions environnementales s’avère périlleux. Dans le Sud-Est, 82 % des sondés se sont annoncés inquiets des conséquences du changement climatiques (baromètre mené par le HuffPost en août 2026). 

De plus en plus répandue, l’éco-anxiété est un état psychologique « de détresse mentale et émotionnelle qu’un individu peut ressentir en réponse à la menace du changement climatique et aux problèmes environnementaux mondiaux », selon Teaghan Hogg, un chercheur australien (revue Global Environmental Change). 

Cependant, cet état n’est pas reconnu comme un trouble psychiatrique. « Une certaine inquiétude face au changement climatique peut être considérée comme une réaction émotionnelle cohérente et adaptée à une menace réelle. La frontière entre un fonctionnement sain et un trouble dépend du niveau d’impact dans la vie », a expliqué la neuropsychologue, Svetlana Dimitrova.

Une inquiétude croissante 

La multiplication des phénomènes naturels, particulièrement dans le département des Alpes-Maritimes, a accentué l’inquiétude de certains Niçois. « La canicule n’en finit plus, les feux sont de plus en plus récurrents, la menace de tsunami à Nice est avérée, toutes ces choses m’inquiètent  », a déploré le jeune niçois, Alex. 

Les causes sont multifactorielles, avec la fréquence des catastrophes environnementales, l’inaction climatique des décideurs politiques et le traitement limité de l’urgence climatique. Cette angoisse est rationnelle compte tenu de la réalité de la menace. En revanche, Svetlana Dimitrova  a conseillé de rester vigilant dans les cas où « le patient commence à renoncer à ses projets de vie, à anticiper des scénarios catastrophiques ou à se focaliser sur les informations environnementales négatives. »

Les personnes peuvent se retrouver submergées par l’angoisse, la tristesse, la colère ou encore la culpabilité. Avec les réseaux sociaux et les médias en continu, le rapport à l’information peut engendrer une prise de conscience, susceptible de remettre en cause une vision du monde. Cette perception peut également influencer les représentations de l’avenir, notamment pour les jeunes générations. 

La gestion de l’information varie selon les personnes. « L’information est très présente dans mon quotidien et cela contribue à mon inquiétude, mais je fais le choix de rester informé pour pouvoir agir en conséquence », a assuré Romain. Au contraire, d’autres tentent de prendre du recul. « C’est impossible de tout regarder sans ressentir cette impuissance et cette colère, donc je regarde à petites doses, sans faire monter mon angoisse », a confié Marie.

L’exposition prolongée aux informations peut entretenir de manière involontaire un état d’alerte. « Même si chaque information est réelle, leur accumulation dans un temps très court peut donner psychologiquement l’impression d’une menace permanente et omniprésente », a expliqué la neuropsychologue.

Des solutions pour mieux gérer 

Cette crainte n’est donc pas répertoriée comme un trouble psychiatrique. « L’éco-anxiété n’est pas nécessairement le motif principal de consultation, mais elle peut apparaître parmi les préoccupations qui alimentent une anxiété plus générale, par exemple », a clarifié Svetlana Dimitrova.

« L’approche en thérapies comportementales et cognitives est recommandée pour ce type d’angoisses car elle permet de travailler sur les mécanismes qui entretiennent la souffrance, sans chercher à convaincre la personne que sa préoccupation climatique est irrationnelle », a-t-elle ajouté. À titre d’exemple, la neuropsychologue a proposé de diminuer progressivement les vérifications des actualités mondiales pour apprendre à tolérer davantage l’incertitude. « L’objectif est de réussir à conserver une préoccupation environnementale lucide et un engagement concret, sans qu’elle n’envahisse le quotidien de la personne », a-t-elle expliqué. 

L’engagement, dans une association ou par un changement d’habitude, peut permettre d’aider à surmonter ces angoisses. Toutefois, la neuropsychologue a alerté sur le caractère potentiellement anxiogène de l’engagement : « le patient peut culpabiliser au moindre écart, passer beaucoup de temps à calculer son impact environnemental ou ressentir une forte colère envers son entourage. » 

Svetlana Dimitrova a assuré la nécessité de parvenir à un engagement réaliste, sans demander au patient de porter personnellement la responsabilité d’un problème collectif.

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