L’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) a organisé un happening devant le cinéma Pathé Massena ce lundi 3 août. À l’occasion de la diffusion du film « Le triangle d’or » d’Hélène Rosselet-Ruiz, ils manifestent contre l’utilisation de la panthère Ranny en captivité. Pour eux, « les animaux ne sont pas des acteurs ».
Cette manifestation pacifique, 31 avenue Jean Médecin, a pour but de sensibiliser les personnes aux conditions de vie des animaux en captivité. Ranny, une panthère noire appartenant à Mariana Gruss, a été utilisée pour de nombreuses réalisations cinématographiques. Jeannethe Valdes, référente pour le département des Alpes-Maritimes de PAZ, a expliqué que l’association a tenté plusieurs fois de dissuader son exploitation, sans succès.
« Le triangle d’or » aborde pourtant l’état de deux femmes prisonnières de leur condition. « La productrice et la réalisatrice alimentent un système d’asservissement qu’elles veulent dénoncer. Pour quelques minutes dans le film Le triangle d’or, Ranny est emprisonnée à vie et subit la violence du dressage », a avancé Amandine Sanvisens, la co-fondatrice de l’association. Cette dernière souhaite le placement en refuge de la panthère.
La sensibilisation du public sur la captivité
Jeannethe Valdes a affirmé l’importance de sensibiliser le public aux conditions de ces animaux. Pour soutenir ce discours, de nombreuses pancartes brandissent que « les animaux ne sont pas des acteurs. » Un jeune homme de 20 ans, Rayane O. a confié ne pas s‘être « rendu compte de la situation dans laquelle les animaux non domestiques, utilisés dans les films, vivent. À l’avenir, [il] n’ira plus voir de films qui les exploitent. »
L’association PAZ manifeste souvent pour la condition des animaux. Cette fois, ils ont protesté contre l’industrie du cinéma qui continue de faire appel à des animaux. Pourtant, cela ne semble pas déplaire à un certain public qui « n’y voit aucun inconvénient » a soutenu la sexagénaire, Alba*, à la sortie de la séance du long-métrage.
Selon ladite référente, de nombreuses alternatives existent. Elle a pris pour exemple de nombreux blockbusters qui utilisent uniquement des « effets spéciaux époustouflants. » L’association promeut la fin de la captivité des animaux dans l’industrie cinématographique.
Vers une évolution dans le milieu cinématographique
Ce combat contre l’exploitation des animaux sauvages dans le cinéma est désormais porté à l’Assemblée nationale. La députée, Danielle Simmonet, qui soutient fortement le PAZ, a déposé une proposition de loi le 6 juin 2026. Jeannette V. appuie sur « le besoin de combler ce vide juridique. C’est une faille dans la loi de 2021 qui a oublié le secteur de la création artistique. »
Selon elle, l’exploitation des animaux sauvages est due à une « responsabilité collective ». Du simple spectateur qui achète sa place pour le film au réalisateur qui a conscience de la captivité, tout le monde participe à cette exploitation.
En attendant les avancées législatives souhaitées, l’association continue son combat. Désormais, c’est contre l’utilisation des grenouilles et des lézards dans Fort Boyard que Jeannette V s’attelle.
*Prénom modifié pour garder l’anonymat.
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