L’association, Le Café Suspendu, a été contrainte, à nouveau, d’organiser une maraude devant le local fermé du XV ème Corps. Dans la soirée du samedi 25 juillet, les bénévoles et les bénéficiaires ont alerté sur l’insuffisance des moyens déployés pour les personnes en situation de précarité.
Nul ne pouvait ignorer le désarroi des bénévoles lorsqu’ils se sont retrouvés à la porte du local pour la troisième fois le 25 juillet. Les clés du local du XVème Corps ne leur avait pas été remises, la faute à un défaut de coordination entre les différents services municipaux. La distribution qui devait débuter à 18h45, n’a pu commencer qu’à 19h30.
L’association du Café Suspendu organise des maraudes fixes à Nice. Les portions sont préparées par les bénévoles, mais elles sont aussi collectées. Leurs actions s’adressent aux personnes sans-abris et à celles en situation de précarité. La présidente, Camille Santucci, alerte sur le nombre grandissant des personnes concernées. La niçoise de 27 ans déplore le nombre de retraités et de personnes expulsées de leur logement en demande d’aide. « Nous pouvons avoir une très bonne situation et à cause d’un divorce ou d’un décès, nous pouvons vite tomber de l’autre côté », a-t-elle rappelé.
Au-delà d’être une nécessité, les maraudes fixes créent un véritable moment de solidarité sociale entre les bénévoles et les bénéficiaires. Pour autant, l’absence de ressource suffisante constitue un frein à cet engagement collectif.
Camille Santucci : « Nous voulons juste distribuer dans un endroit digne »
Des tickets ont été distribués par une bénévole pour créer un ordre de passage. Les sans domicile fixe sont prioritaires. Une file impressionnante s’est constituée le long du bâtiment du XVème Corps, derrière la piscine Jean Bouin.
Confrontés à un local fermé, les bénévoles ont été contraints d’installer les caisses de repas à même le sol, créant un comptoir de fortune. À la suite de la fermeture du local Dabray, à proximité de Gare Thiers, le Café Suspendu avait obtenu une autorisation pour utiliser le local du XVème Corps.
« Malgré nos appels et ceux de l’astreinte du C.C.A.S., l’agence de sécurité est restée injoignable », a déploré l’association sur son compte Instragram, à la suite de la tournée solidaire du 11 juillet dernier. En dépit de l’interdiction d’effectuer des maraudes de rue, l’association s’est une nouvelle retrouvée contrainte de distribuer les repas dans la rue.
« Nous nous sommes retrouvés face à une centaine de personnes qui attendaient simplement un repas.» Les élus de l’opposition à la mairie de Nice ont déjà alerté quant au manque d’action de la majorité municipale lors d’une conférence de presse, le 8 juillet passé. « Nous ne voulons pas de subventions, nous voulons juste distribuer dans un endroit digne », a déclaré Camille Santucci, la présidente de l’association.
Un sentiment d’abandon
Le 25 juillet, les bénévoles et les sans-abris se sont, de nouveau, sentis isolés. « Nous sommes laissés à l’abandon, cela fait deux – trois maraudes que nous faisons et lors desquelles nous sommes à la rue », a regretté Léa, une bénévole depuis quatre ans au Café Suspendu à Nice. Du côté des personnes vulnérables, elles encaissent un tumulte intérieur, entre reconnaissance et colère. Les conditions de distribution sont difficiles. « Nous ne pouvons pas distribuer dans des conditions dignes et apaisantes pour eux », a constaté Camille Santucci.
Par ailleurs, les associations sont moins nombreuses à œuvrer. Depuis bientôt un mois, la cité azuréenne affronte un été caniculaire. « Ce serait bien qu’au moins l’été, la mairie pallie l’absence des maraudes, parce que là, il y a des gens qui n’avaient pas mangé depuis plusieurs jours », a constaté Camille Santucci, en désignant des bénéficiaires. Le Café Suspendu niçois a adapté ses actions à la période. Des bouteilles d’eau à volonté ont été distribuées, des salades de fruits et des repas froids sont préparés.
Les usagers se sont montrés compréhensifs et patients. Certains ont aidé à porter les contenants alimentaires. En dépit de cette situation dramatique, l’ambiance entre les bénévoles et les bénéficiaires est portée par un élan de solidarité et de bienveillance.
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