Exposition : Matisse – Saint Laurent, un dialogue de couleurs et de lignes

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L’exposition visible au Musée Matisse jusqu’en septembre met en regard Henri Matisse et Yves Saint Laurent dans un dialogue inédit. Profitant de la fermeture du musée parisien pour rénovation, les deux institutions présentent à Nice un ensemble de 160 œuvres, archives et créations de haute couture qui révèlent l’influence profonde du peintre sur le couturier, unis par le goût des couleurs, de la ligne et du mouvement.

Ils ne se sont jamais rencontrés mais l’opportunité de la fermeture du musée Yves St Laurent à Paris pour rénovation a permis aux équipes des deux musées de travailler ensemble. Une importante partie de la collection va voyager : robes de Haute couture, croquis, fiches d’atelier, photographies, archives… On peut voir à travers les 160 œuvres  et créations de Haute Couture exposées, qu’Yves Saint Laurent était d’abord un créateur de dessins, de croquis avant d’être un créateur de robes. L’influence de l’œuvre de Matisse sur son travail était profonde. Ils avaient en commun un goût pour le mariage audacieux de couleurs, la ligne et le mouvement dans un tableau ou un costume.

Lorsque le vêtement devient peinture

Matisse est né à Cateau Cambrésis dans le nord, une région de textile. « Le textile n’a jamais été un simple accessoire », comme le soulignent Aymeric Jeudy , directeur du Musée niçois et commissaire de l’exposition et Serena Bucalo-Mussely, responsable des collections du Musée Yves St Laurent à Paris. 

L’épouse de Matisse, Amélie, était modiste (créateur de chapeaux ou accessoires de tête, N.D.L.R). Sa fille Marguerite côtoyait le couturier Paul Poiret. Installé à Nice en 1917, Henri Matisse collectionnait tissus, foulards, toiles imprimées, costumes populaires comme la blouse roumaine brodée dont s’inspirera Yves St Laurent pour sa collection automne hiver 1981. L’ornement, cher à Henri Matisse, faisait partie essentielle de la construction chez Yves St Laurent. Plusieurs des titres d’œuvres d’Henri Matisse se réfèrent toujours aux étoffes portées par ses modèles : Mlle Matisse en manteau écossais, la Robe bleue reflétée dans la glace. 

Le vêtement comme matière picturale

En 1938, lorsque il peignait son assistante et modèle Lydia Delektoskaia dans une robe rouge bleue et verte. Ce sont les rayures et motifs entêtants de celle ci qui se marient aux feuilles de la plante à côté d’elle ainsi qu’aux courbes du fauteuil derrière elle, qui importent plus que l’expression du visage. C’est comme si le vêtement devenait peinture. Ailleurs, Henri Matisse s ‘essayait à créer des costumes de scène pour les ballets Russes qui entraient en résonance avec ceux de  Yves St Laurent quant à la primauté au mouvement. De même, la spectaculaire robe au jabot blanc signée Matisse « la grande robe bleue et mimosa » inspirera une création de St Laurent qui donnait corps au tableau. Même les célèbres gouaches découpées de Matisse trouveront un prolongement dans lés créations du couturier.            

Ce sont deux créateurs passionnés d’Art et de voyages au Maroc et en Algérie. Ils sont nourris de littérature, de danse, de cinéma… Le titre de l’exposition intitulée le beau , la mode , le bonheur est d’ailleurs emprunté à Charles Baudelaire. Le parcours se déroule sur sept chapitres dans une scénographie signée de l’agence studio Matters. À ne pas manquer !

Des spectateurs de l'exposition Matisse et Saint Laurent au Musée Matisse devant une oeuvre.
Photo : DR – Instagram Musée Matisse.
Roland Haugades

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